Become a member

Get the best offers and updates relating to IJSSASS articles.

― Advertisement ―

spot_img
HomeArticlesVol. 4 No. 1INTRODUCTION DE L’ÉDUCATION À LA CULTURE DE LA PAIX DANS LES ÉCOLES...

INTRODUCTION DE L’ÉDUCATION À LA CULTURE DE LA PAIX DANS LES ÉCOLES PRIMAIRES : UN IMPÉRATIF POUR LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

KILAMBE KAULU Benjamin a

Chef de Travaux à l’Université de Lubumbashi

ABSTRACT

Cet article explore la nécessité d’introduire et de promouvoir une éducation à la culture de la paix dans les écoles primaires de la République démocratique du Congo. Face aux conflits et aux violences prolongés en RDC, l’éducation à la culture de la paix devient un impératif pour les écoles primaires afin d’aider les élèves à construire une société de paix, d’harmonie et où il fait beau de vivre ensemble avec la diversité. L’article met en évidence le rôle essentiel de l’école primaire, comme lieu par excellence où les élèves pourront être initiés aux valeurs de la culture de la paix, en proposant un contenu, pour endiguer les scènes de violence et de non-respect de droits de l’homme qui entravent la paix dans notre société et des méthodes d’enseignement-apprentissage efficaces capables de transmettre et d’inculquer les valeurs de la culture de la paix et de faire acquérir des comportements non-violents pour une gestion pacifique des conflits

  1. Introduction et fondements théoriques

Depuis plusieurs décennies, l’Afrique a vu se multiplier des conflits armés où s’opposent des groupes formés sur des critères identitaires (sociaux, ethniques, linguistiques, religieux ou idéologiques) (Ngoy Kimpulwa & Englebert, 2021). Dans beaucoup de pays africains des régions entières échappent à toute autorité. Nous sommes d’avis que l’instabilité géopolitique et stratégique du Moyen Orient et de l’Afrique, les attentats dans les pays occidentaux, la monté de la violence de l’Islam radical, les conflits tribaux dans certaines zones du monde, la pauvreté extrême dans laquelle vivent nos populations nous incitent à la méditation. L’autorité de certains régimes politiques, dits démocratiques est remise en question par la force des armes et les soulèvements de la population. Il suffit de regarder la télévision, d’écouter la radio ou de lire un journal pour s’en rendre compte. Des états de nature y ressurgissent dans la violence, créant des situations de guerres civiles permanentes.

Ces violences, ces désordres qui se sont imposés, provoquent le délitement des systèmes de socialisation. Là où la violence s’est installée, le potentiel économique a été hypothéqué et la stabilité politique et sociale compromise. Alors sont apparues des situations d’extrême pauvreté qui deviennent très vite structurelles et aggravées par la recrudescence des épidémies, la corruption et les politiques d’ajustement structurel.

La République démocratique du Congo n’échappe pas à la triste réalité que nous venons de décrire ci-dessus (Poncelet, André, & De Herdt, 2010). En effet, plus de deux décennies de conflits violents ont plongé le pays, surtout dans sa partie orientale, dans une situation difficile, marquée par des guerres civiles et d’agression, engendrant une extrême pauvreté et des violations flagrantes des droits de l’homme. Les populations de l’est de la RDC vivent dans une anxiété constante, contraintes d’abandonner leurs foyers et leurs terres à chaque flambée d’hostilités. Les femmes et les jeunes, particulièrement touchés, sont exposés à des exactions quotidiennes, allant des enlèvements d’enfants pour les enrôler de force dans des groupes armés jusqu’aux viols systématiques. Cette réalité sombre a érigé la paix en un besoin vital, un espoir partagé par l’ensemble de la population congolaise.

Cependant, l’atteinte de la paix tant espérée ne peut être réalisé par un simple coup de baguette magique ou par un miracle providentiel. La paix doit être construite, et cela nécessite l’engagement de tous à travers une éducation adéquate. Malheureusement, le fossé entre ce qui est enseigné à l’école et la réalité sociale crée un besoin pressant de repenser les missions de l’éducation. Nous estimons qu’en République démocratique du Congo, l’école primaire notre cadre d’étude, peut être le lieu privilégié où nos jeunes générations pourront apprendre à faire siennes les grandes valeurs qui constituent la culture de la paix, les intérioriser et surtout les mettre en pratique pour conjurer la violence sous toutes ses formes et vivre en harmonie ; le lieu privilégié pour faire émerger des nouveaux comportements et de nouvelles attitudes susceptibles de prévenir les conflits et d’aider à les résoudre pacifiquement et démocratiquement. Pour arriver à cela, nous nous demandons, que devra être le contenu de la culture de la paix afin d’endiguer les scènes de violence et de non-respect de droits de l’homme qui entravent la paix dans notre société et quelles seront les méthodes d’enseignement-apprentissage pour inculquer aux élèves la culture de la paix? C’est ici l’importance d’une éducation à la culture de la paix.

En effet, les Nations Unies (Arie, 2024) définissent la culture de la paix comme un ensemble de valeurs, d’attitudes, de comportements et de modes de vie qui rejettent la violence et préviennent les conflits en s’attaquant à leurs racines par le dialogue et la négociation entre les individus, les groupes et les nations (UNESCO, 1998). Selon Mawete (2004), le concept est relativement nouveau. Il a émergé dans les années 1980, suite aux critiques du concept de paix négative, qui se limite à l’absence de guerre, et à la promotion du concept de paix positive, qui implique la satisfaction des besoins humains fondamentaux, la justice sociale et le respect des droits de l’homme (Galtung, 1996). La culture de la paix se décline en plusieurs domaines d’action, selon la Déclaration et le Programme d’action sur une culture de la paix adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1999, entre autres : l’éducation à la paix, le respect de la vie, le rejet de la violence et la promotion et la pratique de la non-violence par l’éducation, le dialogue et la coopération, le respect des principes de la souveraineté, de l’intégrité du territoire, l’engagement de régler pacifiquement les conflits,  le développement durable, les droits de l’homme, l’égalité entre les sexes, la participation démocratique, la tolérance et la solidarité, la liberté d’expression d’opinion… (UNESCO, 1999).

Notons que l’éducation à la paix est un processus pédagogique visant à développer chez les apprenants les connaissances, les compétences, les attitudes et les valeurs nécessaires pour contribuer à la construction d’une culture de la paix (UNESCO, 2008). Elle vise à favoriser le respect de soi et des autres, la compréhension mutuelle, le dialogue interculturel, la résolution non violente des conflits, la coopération, la citoyenneté mondiale et la responsabilité sociale (UNESCO, 2014). Elle repose sur des principes tels que la participation, la démocratie, la diversité, l’interdisciplinarité, la transversalité et l’approche holistique (UNESCO, 2008). Elle utilise des méthodes actives, coopératives, critiques et créatives, qui impliquent les apprenants dans leur propre apprentissage et dans la transformation de leur environnement (UNESCO, 2014).

Sachant que l’école primaire est un lieu stratégique pour l’éducation à la paix, car elle accueille des élèves qui viennent de partout et qui sont en pleine période de croissance et de transition entre l’enfance et l’adolescence. Ces élèves ont besoin d’un accompagnement adapté pour développer leur identité, leur autonomie, leur sens critique, leur esprit d’initiative et leur engagement citoyen (UNESCO, 2017). L’école primaire est également un lieu où les enseignants peuvent jouer un rôle clé dans la promotion de la culture de paix, en tant que modèles, facilitateurs, médiateurs et agents de changement (UNESCO, 2015). Enfin, l’école primaire est un lieu où le curriculum peut intégrer l’éducation à la paix de manière transversale, en articulant les contenus, les compétences et les valeurs liés à la culture de la paix dans les différentes disciplines et activités scolaires (UNESCO, 2017). Voilà pourquoi, cette recherche s’interroge spécifiquement sur le contenu et les méthodes d’enseignement-apprentissage adaptés pour la culture de la paix dans notre contexte congolais. Il est crucial d’évaluer dans quelle mesure le contenu dispensé dans les écoles primaires peut réellement être un vecteur de la culture de la paix. La nécessité d’une telle étude émane de la conviction que non seulement l’éducation est un puissant facteur de changement, mais aussi elle est un levier essentiel pour l’édification d’une société pacifique, en particulier dans un contexte où les jeunes sont à un stade de développement crucial de leur pensée et de leur identité.

L’hypothèse formulée pour orienter cette recherche suggère que l’éducation à la culture de la paix pourrait être introduite dans les écoles primaires à travers un contenu et des méthodes efficaces liées au processus enseignement-apprentissage adaptés au contexte congolais. De cette hypothèse principale, nous avons émis deux hypothèses secondaires suivantes : H1: Le contenu de l’éducation à la culture de la paix dans les écoles primaires pourrait être: la compréhension de la paix, la tolérance, la non-violence, l’amitié, la confiance en soi et dans les autres, la créativité, le respect des biens communs et de l’environnement. H2: les méthodes d’enseignement-apprentissage permettant l’éducation à la culture de la paix pourraient être : les jeux, les jeux de rôle, les récitations, les chansons évoquant la paix, les études en groupe.

Cette hypothèse souligne la nécessité de reconsidérer les pratiques éducatives actuelles et d’explorer de nouvelles voies pour intégrer efficacement la promotion de la paix dans l’enseignement primaire. Soulignons que le choix de la ville de Lubumbashi, comme terrain de recherche s’est avéré raisonnable, car non seulement il constitue notre milieu ambiant, mais également le contexte congolais à Lubumbashi est à la fois un défi et une opportunité pour l’éducation à la culture de la paix. D’un côté, il s’agit d’un contexte marqué par la violence, la pauvreté, l’instabilité et la fragilité des institutions, qui affectent négativement le système éducatif et la qualité de l’enseignement (Banque mondiale, 2019). De l’autre côté, il s’agit d’un contexte riche en diversité culturelle, en ressources naturelles, en dynamisme social et en initiatives locales, qui offrent des possibilités de dialogue, de coopération, de développement et de résilience (UNDP, 2019). L’éducation à la culture de la paix peut donc être un moyen de répondre aux besoins et aux aspirations des populations de Lubumbashi en particulier et de la RDC en général, en les impliquant dans la construction d’une société plus juste, plus pacifique et plus durable.

Le but poursuivi dans cette recherche est d’apporter notre contribution par l’élaboration d’un dispositif scientifique capable de motiver l’introduction de l’éducation à la culture de la paix dans les écoles primaires de la RDC et d’éveiller une attitude favorable à la culture de la paix dès l’école primaire.

En menant cette étude, notre objectif général est d’introduire l’éducation à la culture de la paix dans les écoles primaires de la RDC. L’objectif spécifique de notre étude est double :

-proposer un contenu d’éducation à la culture de la paix dans les écoles primaires afin de former les élèves à une culture de la paix capable d’endiguer les scènes de violence et de non-respect de droits de l’homme qui entravent la paix dans notre société ; -proposer des méthodes d’enseignement-apprentissage pour l’éducation à la culture de la paix, capables de transmettre et d’inculquer les valeurs de la culture de la paix et de faire acquérir des comportements non-violents pour une gestion pacifique des conflits.

Ainsi, nous pouvons aider les autorités publiques, les organisations nationales et les décideurs de l’enseignement, à tous les niveaux, à mieux cibler et orienter les actions à entreprendre pour promouvoir l’éducation à la culture de la paix en milieu scolaire en particulier et en République démocratique du Congo en général.

  1. Méthodologie

Notre étude a été menée auprès des responsables d’écoles, des enseignants et des parents d’élèves des écoles primaires dans la Province Éducationnelle du Haut-Katanga, Division Provinciale Haut Katanga 1, dans la ville de Lubumbashi, plus précisément à ses 5 Sous-Divisions suivantes : Lubumbashi I, Lubumbashi II, Lubumbashi III, Lubumbashi IV, Lubumbashi V. Un échantillon par quota de 180 participants a été extrait sur une population de 255 584 sujets. Dans chaque sous division nous avons extrait 36 participants repartis de la manière suivante : 12 responsables d’écoles, 12 enseignants et 12 parents. Et ce, dans les écoles publiques, privées et conventionnées. Nous avons fait usage de la méthode d’enquête matérialisée par la technique du questionnaire pour la récolte des données. Les données recueillies ont été analysées par l’analyse de contenus matérialisée par le test statistique non paramétrique de Chi-carré de Karl Pearson situation 1.

Tableau 1. Répartition de la population et de l’échantillon selon les catégories

Parents d’élèves Enseignants Responsables d’écoles Total
Population 243364 10772 1448 255584
Echantillon 60 60 60 180

Source : Nous-même sur base des totaux des données recueillies à la Division Provinciale de l’EPST Haut-Katanga I (Sous-Divisions de Lubumbashi 2021-2022).

Par ailleurs le questionnaire portait sur le contenu pour l’éducation à la culture de la paix et sur les méthodes d’enseignement-apprentissage pour inculquer aux élèves la culture de la paix. La consigne était celle de cocher la case qui convenait. Nous avons des détails dans le tableau ci-dessous :

Tableau 2. Questionnaire de recherche

Questions
A. Matières à enseigner L’introduction de l’éducation à la culture de la paix pourrait avoir comme contenu : Pas du tout Un peu Beaucoup
1. La compréhension de la paix
2. La tolerance
3. La non-violence
4. Le respect des biens communs
5. L’éducation à l’environnement
6. Les droits de l’enfant
7. La communication non violente
8. La gestion des émotions (joie, tristesse, colère, peur…)
9. La confiance en soi et dans les autres
10. L’amitié, l’amour de soi et de l’autre
11. La recherche permanente de la vérité
  1. Méthodes d’enseignement-apprentissage de la culture de la paix

Les méthodes pouvant permettre l’enseignement et l’apprentissage de la culture de la paix pourraient être :

12. Les recitations
13. Les jeux
14. Les jeux de role
15. Les chants
16. L’analyse des textes qui parlent de la paix
17. Les études en groupe
  1. Résultats

Il s’agit ici de vérifier si les thèmes et les méthodes proposés pourraient faire partie du contenu de l’éducation à la culture de la paix et des méthodes à utiliser dans le contexte congolais.

Tableau 3. Aborder les notions relatives à la paix

Notions de la paix Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 16 8,9%
Un peu 33 18,3%
Beaucoup 131 72,8%
TOTAL OBS. 180 100%

La différence avec la répartition de référence est très significative. C’est-à-dire qu’il y a lieu d’aborder « beaucoup » les notions de la paix au niveau de l’école primaire. Statistiquement, le chi2 = 128,43, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 4. Enseigner les notions relatives à la tolérance

Tolérance Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 17 9,4%
Un peu 43 23,9%
Beaucoup 120 66,7%
TOTAL OBS. 180 100%

L’enseignement de la tolérance a été admis par les participants à travers la différence avec la répartition de référence qui est très significative. Chi2 = 95,63, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité. D’où, il faut « beaucoup » envisager la tolérance en tant que matière à enseigner au niveau du primaire.

Tableau 5. Matières relatives à la non-violence

Non-violence Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 9 5,0%
Un peu 36 20,0%
Beaucoup 135 75,0%
TOTAL OBS. 180 100%

La différence avec la répartition de référence est très significative, les matières relatives à la non-violence ont été « beaucoup » envisagées par les participants. Chi2 = 146,70, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité. D’où, les matières relatives à la non-violence sont « beaucoup » admises par nos participants pour l’introduction de l’éducation à la culture de la paix.

Tableau 6. Matières relatives au respect du bien commun

Respect du bien commun Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 19 10,6%
Un peu 49 27,2%
Beaucoup 112 62,2%
TOTAL OBS. 180 100%

Le respect du bien commun est sollicité « beaucoup » par les participants, dans la perspective de l’éducation à la culture de la paix. Ceci est confirmé statistiquement par la différence très significative avec la répartition de référence. Chi2 = 75,10, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 7. Aborder les notions relatives à l’éducation à l’environnement

Education à l’environnement Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 28 15,6%
Un peu 75 41,7%
Beaucoup 77 42,8%
TOTAL OBS. 180 100%

La différence avec la répartition de référence est très significative pour le compte de l’éducation à l’environnement, car il y a « beaucoup » puis « peu » de volonté d’introduction des matières relatives à l’éducation à l’environnement. Chi2 = 25,63, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 8. Enseigner les notions relatives aux Droits de l’enfant

Droits de l’enfant Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 23 12,8%
Un peu 51 28,3%
Beaucoup 106 58,9%
TOTAL OBS. 180 100%

Ce tableau confirme l’importance des matières relatives au droit de l’enfant dans le contenu (matières/leçons) de l’éducation à la culture de la paix au niveau des écoles primaires dans le système éducatif congolais. En effet, la différence avec la répartition de référence est très significative. Chi2 = 59,43, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 9. Enseigner les notions relatives à la Communication non violente

Communication Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 16 8,9%
Un peu 54 30,0%
Beaucoup 110 61,1%
TOTAL OBS. 180 100%

La communication est l’une des matières considérées importantes par les participants à notre étude, en ce sens que la différence avec la répartition de référence est très significative (« beaucoup » à 61,1% de représentation). Le chi2 = 74,53, ddl = 2, 1-p = >99,99% ; et, est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 10. Enseigner les notions relatives à la gestion des émotions

Gestion des émotions Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 23 12,8%
Un peu 58 32,2%
Beaucoup 99 55,0%
TOTAL OBS. 180 100%

Concernant la gestion des émotions, la différence avec la répartition de référence est très significative. Ceci veut dire que la gestion des émotions doit « beaucoup » être envisagée comme contenu du cours de l’introduction à la culture de la paix. Le chi2 = 48,23, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 11. Enseigner les notions relatives à la confiance en soi et aux autres

Confiance en soi et aux autres Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 21 11,7%
Un peu 63 35,0%
Beaucoup 96 53,3%
TOTAL OBS. 180 100%

La confiance en soi et aux autres a été préconisée par une grande partie des participants à notre enquête pour le compte des matières du cours de l’éducation à la culture de la paix. La différence avec la répartition de référence est très significative. Chi2 = 47,10, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 12. Enseigner les notions relatives à l’amitié, l’amour de soi et de l’autre

Amitié et amour Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 23 12,8%
Un peu 39 21,7%
Beaucoup 118 65,6%
TOTAL OBS. 180 100%

La différence avec la répartition de référence est très significative quant à la question de savoir si les notions telles que l’amitié, l’amour de soi et de l’autre devront faire partie de l’enseignement soutenu par notre thèse. Le chi2 = 86,23, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 13. Encourager la recherche permanente de la vérité

Recherche permanente de la vérité Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 31 17,2%
Un peu 61 33,9%
Beaucoup 88 48,9%
TOTAL OBS. 180 100%

Dans la perspective d’une paix durable, la recherche permanente de la vérité a été confirmé comme contenu du cours de l’introduction à l’éducation à la culture de la paix. En effet, la différence avec la répartition de référence est très significative. Chi2 = 27,10, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Ainsi, de manière synthétique, nous pouvons noter que nos participants ont admis « beaucoup » de contenus d’enseignements suivants dans le cadre de l’éducation à la culture de la paix au niveau du primaire : les notions de la paix, l’enseignement de la tolérance, la non-violence, le respect du bien commun, l’éducation à l’environnement, les droits de l’enfant, la communication non violente, la gestion des émotions, la confiance en soi et aux autres, l’amitié, l’amour de soi et de l’autre, la paix durable et la recherche permanente de la vérité.

Pour y arriver, abordons les méthodes d’enseignement-apprentissage efficaces et efficientes pour la transmission des connaissances en matière de l’éducation à la culture de la paix au niveau des écoles primaires.

Méthodes d’enseignement-apprentissage de la culture de la paix au primaire

Tableau 14. Utiliser la méthode de récitations

Récitations Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 32 17,8%
Un peu 58 32,2%
Beaucoup 90 50,0%
TOTAL OBS. 180 100%

oncernant les méthodes d’enseignement-apprentissage de la culture de la paix, la différence avec la répartition de référence est très significative pour ce qui concerne les récitations en tant que méthode de transmission de la culture de paix dans les écoles primaires. Le chi2 = 28,13, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité. En d’autres termes, « beaucoup » de participants estiment les récitations comme méthode d’enseignement-apprentissage de la culture de la paix efficace.

Tableau 15. Pratiquer les Jeux comme méthode

Jeux Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 41 22,8%
Un peu 59 32,8%
Beaucoup 80 44,4%
TOTAL OBS. 180 100%

Les jeux dans le cadre d’enseignement-apprentissage de la culture de la paix ont été « beaucoup » soutenus par les participants à notre enquête. La différence avec la répartition de référence est très significative. Chi2 = 12,70, ddl = 2, 1-p = 99,83%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 16. Pratiquer les Jeux de rôle comme méthode

Jeux de rôle Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 34 18,9%
Un peu 65 36,1%
Beaucoup 81 45,0%
TOTAL OBS. 180 100%

Comme le cas des jeux, les jeux de rôles ont aussi été « beaucoup » affirmés comme méthode de transmission ou d’apprentissage. La différence avec la répartition de référence est très significative. Chi2 = 19,03, ddl = 2, 1-p = 99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 17. Pratiquer les Chants

Chants Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 28 15,6%
Un peu 52 28,9%
Beaucoup 100 55,6%
TOTAL OBS. 180 100%

Pour les chants, comme méthodes d’enseignement, la différence avec la répartition de référence est très significative. En d’autres termes, « beaucoup » des chants sont bénéfiques pour la transmission des connaissances relatives à l’éducation à la culture de la paix au niveau primaire. Le chi2 = 44,80, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 18. User de l’analyse des textes qui parlent de paix

Analyse des textes Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 18 10,0%
Un peu 41 22,8%
Beaucoup 121 67,2%
TOTAL OBS. 180 100%

Pour inculquer les notions de la paix, « beaucoup » d’analyses des textes qui parlent de paix seraient profitables pour l’enseignement-apprentissage de la culture de paix. Ceci par le fait que la différence avec la répartition de référence est très significative. Chi2 = 97,43, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Tableau 19. Pratiquer les études en groupe

Etudes en groupe Nb. cit. Fréq.
Pas du tout 29 16,1%
Un peu 44 24,4%
Beaucoup 107 59,4%
TOTAL OBS. 180 100%

Les études en groupe représentent aussi une des méthodes à envisager pour la culture de la paix ; car, la différence avec la répartition de référence est très significative. Chi2 = 57,10, ddl = 2, 1-p = >99,99%. Le chi2 est calculé avec des effectifs théoriques égaux pour chaque modalité.

Dans les écoles primaires de la RDC, les méthodes d’enseignement-apprentissage de la culture de la paix peuvent être : les récitations, les jeux, les jeux de rôles, les chants, l’analyse des textes qui parlent de paix et les études en groupe.

  1. Discussion

Rappelons que la question fondamentale à laquelle notre étude s’est intéressée, était celle de savoir comment on pourrait introduire l’éducation à la culture de la paix dans le système éducatif congolais. En effet, l’éducation à la culture de la paix constitue un défi majeur à relever pour notre pays. Car, nous voyons au quotidien une montée de violence, que ça soit individuelle ou collective, dans notre société. Et pour l’Unesco, il faudra mettre sur pied les défenses de la paix dans l’esprit des êtres humains et remplacer la culture de violence par la culture de paix. Aussi, notre objectif général était-il celui d’introduire l’éducation à la culture de la paix dans les écoles primaires. Notre objectif général était lié à des objectifs spécifiques : proposer un contenu de l’éducation à la culture de la paix et des méthodes liées au processus d’enseignement-apprentissage pour l’implémentation de l’éducation à la culture de la paix dans les écoles primaires de la République démocratique du Congo.

Les paragraphes qui suivent permettent de saisir la portée des résultats obtenus par rapport à nos objectifs et hypothèses de recherche en les confrontant à d’autres auteurs qui ont réfléchit sur le thème de l’éducation à la paix.

De nos résultats, nous sommes arrivé aux conclusions selon lesquelles, on pouvait introduire l’éducation à la culture de la paix dans les écoles primaires par un contenu et des méthodes efficaces liées au processus enseignement-apprentissage.

A propos du contenu, nos résultats ont démontré qu’il y a lieu d’introduire le cours d’éducation à la culture de la paix et, par conséquent y aborder comme contenu, « beaucoup » de notions de la paix, « beaucoup » de matières relatives à la non-violence , à la tolérance, au respect et à la gestion des biens communs ; beaucoup de notions sur l’éducation à l’environnement, les droits de l’enfant, la communication non-violente, la gestion des émotions, la confiance en soi et aux autres ; l’amitié, amour de soi et de l’autre, la paix durable et la recherche permanente de la vérité…notions considérées comme des matières importantes pour permettre aux élèves d’acquérir le respect des autres, le sens civique, de privilégier le dialogue, comportements vitaux pour notre république menacée par la montée de la violence, du tribalisme et surtout la dérive du communautarisme. En plus, avec ces notions, les élèves pourraient combattre les inégalités sociales, les injustices et les violations de droits de l’homme.

Ce point de vue est confirmé par P. Meirieu et M. Guiraud (1997), qui affirment que les germes de la guerre civile se développent au sein même de l’école. Voilà pourquoi, la nation doit, d’urgence en redéfinir les objectifs et le fonctionnement. La refondation de l’école s’impose : obligatoire de 3 à 16 ans, composée des classes hétérogènes où l’entraide doit être une valeur supérieure à la compétition forcenée. Cette école doit permettre à tous les enfants d’acquérir une véritable culture commune et un réel sens civique. Le dialogue plutôt que la violence. Vitale pour l’avenir d’une République menacée par la montée des communautés, des élans, des sectes et des dérives mafieuses, l’école doit se reconstruire contre la haine, pour la démocratie.

Par ailleurs, Harris (2003), pour sa part estime que le curriculum d’éducation à la paix est considéré comme des séries de leçons et d’activités suggérées qui peuvent être utilisées par les enseignants et les parents pour aider les enfants à apprendre comment faire la paix avec eux-mêmes et avec les autres. Il renchérit en postulant que cette approche curriculaire en éducation à la paix donne des exemples concrets pour aider les élèves à comprendre comment se construit la paix, comment naît la violence et quelles stratégies utiliser pour l’éliminer. En classe, où les enseignants font la promotion d’éducation à la paix, les enfants acquièrent les concepts théoriques au sujet des dangers de la violence et les possibilités de construire la paix. Ils apprennent aux enfants l’écoute des autres, le soin des uns et des autres, la tolérance, la coopération, le contrôle de leurs impulsions, le contrôle de leurs colères et ils développent les aptitudes des enfants à résoudre leurs conflits. Leur conscience est éveillée par rapport à leurs stéréotypes et préjugés d’ordre sexuel, racial et religieux. Les enseignants mettent l’accent sur ces différences en vue de réduire, voire d’effacer les comportements discriminatoires.

Soulignons que nos résultats démontrent que les notions de la non-violence devraient « beaucoup » faire partie intégrante du cours de l’éducation à la culture de la paix

(la différence avec la répartition de référence est très significative. Chi2 = 146,70, ddl = 2, 1-p = >99,99%); en plus, la recherche permanente de vérité et la gestion des émotions ont été considérées comme matières importantes du cours de l’éducation à la culture de la paix.

Ces résultats sont corroborés par Bihirabake (2021) qui constate que la résolution de conflits constitue la principale composante des programmes d’éducation à la paix dans les écoles et dans toutes les régions du monde. Elle aide les enfants à résoudre les conflits interpersonnels d’une façon positive, c’est-à-dire sans intervention de la violence (Gicali, 2012). La médiation par les pairs constitue un élément important de ce programme. Les études démontrent que les enfants ayant suivi un programme de résolution de conflits à l’école sont capables de transférer leurs acquis aux autres situations conflictuelles dans leur vie de tous les jours. En outre, les enfants ayant reçu cette formation ont une attitude plus positive face aux conflits. Ils sont portés à éviter les conflits et à chercher les solutions non-violentes aux conflits qu’ils ne peuvent éviter dans leur vie. Ainsi, pour Harris (1999), les programmes de prévention de la violence sont nés pour réduire les comportements violents que certains enfants affichent à l’école et qui nuisent à leur réussite scolaire. Son objectif est de créer un climat sain dans des écoles. Les enfants examinent comment les préjugés et les stéréotypes contribuent à avoir une image négative des autres. La prévention de la violence met l’accent sur les droits des élèves, leurs responsabilités et la discipline. L’évaluation de ce programme démontre qu’il aide à réduire les actes d’agressions physiques et à promouvoir les comportements pro-sociaux. Il ajoute en affirmant que ces résultats sont plus visibles quand tout le personnel de l’école est intéressé à s’impliquer dans ce processus éducatif et quand le thème de résolution de conflit est intégré dans le curriculum scolaire.

Disons que cette éducation à la non-violence tente d’inculquer l’image de la paix positive dans l’esprit des élèves. Cette forme d’éducation à la paix nous dit Gicali (2012) a été nourrie par les grands penseurs de la non-violence, tels que Gandhi, Luther King, Krishnamurti, ainsi que par les idées de certains leaders religieux. L’éducation à la non-violence peut aider à contrer la culture de violence véhiculée par les médias, les industries du divertissement, certaines des politiques nationales qui prônent la violence cachée, certaines communautés et certaines familles. Elle donne une image positive de la paix, où les besoins de l’être humain sont satisfaits et où il n’y a pas de violence déguisée. En effet disent Harris, Jeffries et Opels (1997), les élèves qui ont reçu une éducation à la non-violence sont motivés d’œuvrer pour la paix. Les adolescents exposés à la non-violence ont changé leurs attitudes d’une façon positive. Il s’agit d’apprendre à vivre ensemble dans une société démocratique, pluraliste et ouverte sur le monde. Dans cette optique, les élèves sont dotés de la capacité de construire une société juste et équitable, où prévalent le respect, la tolérance, la résolution pacifique de conflit, la non-violence, la connaissance d’autres cultures, le travail en groupe, l’encouragement des valeurs humaines et démocratiques.

De nos résultats, nous nous rendons compte que nos participants voudraient une éducation à culture de la paix qui tienne compte de toutes les dimensions de la vie humaine. En l’occurrence, la paix avec soi-même, avec les autres et avec la nature. Voilà pourquoi, ils ont souhaité qu’il y ait beaucoup de notions sur l’amour de soi, connaissance de soi, l’amour de l’autre, le respect des autres, le respect des biens communs, la non-violence, le respect de l’environnement, etc.

Ces résultats viennent rejoindre ceux de Reardon (2007a), pour qui l’éducation pour la paix adopte à la fois une approche analytique (insistant sur les divers éléments) et une approche holistique (instant sur le tout). Cette vision suppose une théorie non fragmentaire de l’espace énergie, selon laquelle l’énergie se manifeste sous forme de matière, de vie et d’information. C’est une approche qui tient compte à la fois de l’individu, de la société et de la nature, et qui réunit l’écologie personnelle ou intérieure, l’écologie sociale et l’écologie planétaire. Ces trois aspects sont étroitement liés et en interaction constante. Suivant cette perspective, la paix est en même temps un état d’esprit intérieur résultant d’une harmonie personnelle, un état d’harmonie sociale résultant d’une aptitude à la résolution pacifique des conflits et un état d’harmonie avec la nature résultant du respect de la planète et de la vie sous toutes ses formes. La vision holistique est donc une conscience cosmique de la nature transpersonnelle, transsociale et transplanétaire, tout en intégrant ces trois aspects de conscience dans une perspective plus ample. Dans l’approche holistique, l’éducation pour la paix épouse la nouvelle vision et la nouvelle conscience de la paix, telle que nous venons de la décrire plus haut. D’où, cette éducation s’inspire des méthodes actives en s’adressant à la personne entière. Elle maintient ou rétablit l’harmonie entre la sensation, le sentiment, la raison et l’intuition. Elle s’occupe de la santé du corps, de l’équilibre émotionnel et rationnel, du réveil et du développement des valeurs humaines (Weil, 2001) . «Tout ce qui existe fait partie d’un univers interdépendant. Toutes les créatures vivantes dépendent les unes des autres pour leur existence, leur bien-être et leur développement» (Unesco, 2020).

Pour ce qui concerne les méthodes d’enseignement-apprentissage, de nos résultats, la majorité des participants ont estimé qu’il fallait des méthodes efficaces d’enseignement-apprentissage pour aider les élèves non seulement à appréhender les notions théoriques de culture de paix, mais aussi à échapper à cette spirale de violence à laquelle la société les soumet. Entre autre, il s’agit de : jeux, de jeux de rôle, des études en groupe, des chants qui parlent de paix, de l’analyse de textes qui parlent de paix.

De ces résultats, l’apprenant participe activement aux expériences d’apprentissage par la réflexion à partir des situations qu’il vit, la lecture, l’écoute active et l’interaction avec l’enseignant et ses camarades. L’apprentissage comprend un aspect pratique, mais conduit aussi à un processus d’abstraction et de réflexion (Synott, 2005). Enseignant et élèves s’engagent ensemble dans un processus de développement des connaissances et d’acquisition de comportements.

Ces résultats sont aussi corroborés par le Ministère de l’enseignement primaire et secondaire (2016) qui stipule qu’en matière d’éducation et d’enseignement, la stratégie combine les actions de l’enseignant, ainsi que celle des apprenants, en exploitant les méthodes, les processus, les formes, les modes et les styles d’enseignement pour atteindre les objectifs définis. En plus, pour Samuel Mawete (2004) l’éducation à la paix vise à favoriser l’émergence d’une approche pédagogique qui encourage la participation maximale à la vie de la classe pour les étudiants et les élèves, et à la gestion de la cité et des relations humaines pour les adultes. Il continue en affirmant que la pédagogie de la coopération correspondrait à l’idée même du « vivre ensemble » à travers la diversité culturelle et le pluralisme des idées. Dans cette pédagogie de la coopération, plusieurs méthodes peuvent être envisagées. Les plus courantes sont les méthodes actives et participatives, les méthodes créatives et les méthodes interactives, pour autant qu’elles permettent de centrer le processus sur l’apprenant. L’éducation à la culture de la paix n’est pas perçue comme une simple transmission de connaissances théoriques ou de leçons à enseigner, mais comme une « éducation en profondeur » nécessaire à une culture de la paix. Ici, le savoir-être prend autant d’importance que le savoir et le savoir-faire. Il s’agit de l’éducation globale de la personne. C’est pourquoi on propose une approche de la nature humaine qui provient des idées de l’école active et des humanistes en pédagogie. Éduquer l’homme, consiste donc à parier sur l’absence de sa méchanceté, sur le Bien qui est à la fois don et règle, base et repère, nature et norme. L’homme nait bon (Rousseau, 2008), c’est-à-dire que l’homme nait du Bien, conçu comme origine et comme puissance de remise en question d’un ordre qui fait désordre (Cijika Kayombo, 2020).

Nos résultats sont attestés aussi par ceux de Marie-Josée Gicali (2012) qui affirme que l’éducation à la paix chez les jeunes est un moyen de contrer la violence dans les écoles et dans la société. Mais on constate que la violence chez les jeunes a augmenté d’une façon significative, qu’elle soit subie ou la violence imposée aux autres. Cette violence provient d’origines différentes: la famille, les médias, les jeux vidéo, mais aussi l’école par ses structures et les comportements de certains adultes. Cependant, il faut souligner un travail remarquable des enseignantes pour aider les jeunes à se sortir de ce cercle vicieux de la violence. Elles ont adopté des méthodes et des techniques en vue d’aider les enfants à ne pas être auteurs ou victimes de violence. Quelques-unes ont adopté la Communication non-violente (CNV), qui consiste à développer l’empathie et à communiquer ses besoins et ses émotions. D’autres enseignantes ont pratiqué la coopération dans leur classe, en vue de permettre aux élèves de se découvrir mutuellement, de résoudre ensemble les conflits et de développer la solidarité. Appliquée dans des écoles multiethniques, cette technique permet aux enfants de voir que les différences ne sont pas un problème, mais une richesse. Les enfants découvrent en même temps qu’il est plus facile de trouver des solutions en travaillant ensemble.

Par ailleurs, concernant toujours les méthodes, techniques et moyens matériels à utiliser, Harris (1999) et (Bihirabake, et al., 2021) proposent les moyens traditionnels, comme les livres, les manuels, les journaux, les photos et affiches, les pièces de théâtre, les jeux de simulation, la radio pour ne citer que ceux-là, mais aussi la télévision, l’internet et tous les moyens offerts par la technologie moderne. En outre, les élèves peuvent être mis en contact avec les ressources locales œuvrant pour la paix; ce qui leur donne l’occasion d’échanger avec d’autres écoles ayant des projets d’éducation à la paix.

Ainsi, Bihirabake (2021), pour l’enseignement des compétences de la vie courante, dans le cadre de l’éducation à la paix, identifie des techniques suivantes : discussions de groupe, débats, jeux de rôle et théâtre participatif, brainstorming , techniques de narration, étude de cas, jeux et exercices, chansons et danses, entretien en duo, travail de groupe, exercice d’évasion, cercle de communication, table ronde, sports pour la paix, art pour la paix, techniques classiques, les analyses et commentaires de textes. En plus de ces techniques, il est important de penser aux autres outils pédagogiques et ressources, tels que : un laboratoire de la paix avec des aides visuelles, supports audiovisuels (films), outils digitaux, aides visuelles (photos, diagrammes, illustrations, dessins, esquisses, narration, livres de proverbes, jeux mobiles, brochures, posters), supports audio (chansons, histoire, poèmes, proverbes) …

  1. Conclusion

L’introduction de l’éducation à la culture de la paix dans les écoles primaires en République démocratique du Congo apparait comme une nécessité impérative pour répondre aux défis persistants liés au non-respect de droits de l’homme, aux conflits, aux actes d’injustice, de haine et de violence de toute nature.

Les résultats de notre enquête révèlent que l’école primaire en RDC peut être le lieu privilégié où les jeunes pourraient être formés à la culture de la paix, c’est-à-dire à la tolérance, non-violence, à l’amitié, à la créativité, à la confiance en soi et dans les autres, au respect des biens communs, au respect de l’environnement ainsi ils pourront créer une société harmonieuse. Et pour bien inculquer ces notions et comportements dans le chef des élèves, on pourrait utiliser des méthodes d’enseignement-apprentissage suivantes : les jeux, les jeux de rôle, les récitations, les chansons évoquant la paix, les études en groupe.

Pour finir, nous disons que la réussite d’une telle entreprise nécessite l’intervention de tous les acteurs impliqués dans le secteur de l’éducation. Voilà pourquoi, nous formulons quelques recommandations et suggestions aux partenaires internationaux de l’éducation nationale en République démocratique du Congo, à l’Etat congolais et Gouvernement congolais en général, plus particulièrement au Ministère ayant la charge de l’enseignement primaire, aux enseignants et responsables des écoles, aux parents d’élèves et aux chercheurs du domaine des Sciences de l’Education.

Nous recommandons et suggérons à tous les partenaires internationaux de l’éducation nationale en République démocratique du Congo de :

  • D’associer les experts nationaux (congolais) en Sciences de l’Education dans l’élaboration des plans et projets d’aide, de partenariat ou de subvention dans le domaine de l’enseignement primaire ;
  • D’orienter les fonds et de subventionner les études dans le domaine de l’éducation à la culture de la paix ;
  • D’investir dans le renforcement de capacités (par des formations) des enseignants et responsables de l’éducation dans le domaine de l’enseignement de l’éducation à la culture de la paix ;
  • De porter un regard critique sur le programme actuel et de mener des projets tendant à introduire l’enseignement de l’éducation de la culture de la paix.

À l’Etat congolais et Gouvernement congolais en général, plus particulièrement au Ministère ayant la charge de l’enseignement primaire, secondaire et technique dans ses attributions de :

  • Diagnostiquer l’état actuel de l’éducation et établir un lien cohérent entre l’éducation nationale et la paix sur tout le territoire ;
  • Mobiliser les moyens nécessaires pour une politique active dans l’enseignement de l’éducation à la culture de la paix ;
  • Appliquer les résultats des diverses études scientifiques et empiriques pertinentes dans le domaine de la culture de la paix ;
  • De renforcer la capacité des enseignants, en s’investissant dans la formation, sur toute l’étendue du territoire national dans le domaine de l’éducation à la culture de la paix ;
  • Réorienter les priorités politiques de l’éducation nationale dans la recherche permanente de la paix.

Aux enseignants et responsables des écoles primaires, de :

  • D’adopter d’urgence des comportements et attitudes propices pour l’éducation à la culture de la paix, eux étant des canaux de conduite de la culture de la paix ;
  • D’adapter leurs enseignements, leçons, matières et méthodes aux impératifs de la culture de la paix ;
  • D’accepter des remises à niveau et des formations dans le domaine de l’éducation à la paix.

Aux parents d’élèves de favoriser un environnement de paix, de convivialité et de vivre ensemble en famille et dans le quartier, en bannissant toute discrimination et toute sorte de violence en couple ou entre les enfants.

Et enfin, aux chercheurs du domaine des Sciences de l’éducation d’orienter leurs recherches et investigations dans le domaine de l’enseignement de l’éducation à la culture de la paix pour une meilleure diffusion des connaissances.

Bibliographie

Arie, S. (2024, Février 24). La paix par la culture: dusavoir sur le conflit à la culture de paix. Récupéré sur irenees.net: htt://www.irenees.net

Bihirabake, A.-M., Mugume, D., Mukankubito , I., Murhega, D., Bisonga, J.-E., & Wolf de Tafur, J. (2021). Manuel d’éducation à la paix pour la région des Grands Lacs. Bujumbura: Conférence Internationale sur la région des Grands Lacs.

Cijika Kayombo, C. (2020). Histoire de la pédagogie. Lumière sur la pédagogie traditionnelle africaine. Paris: L’Harmattan.

Comoglio, M., & Cardoso, M. A. (2018). Insegnare e apprendere in gruppo. Il cooperative learning. Roma: LAS.

Conseil Pontifical Justice et Paix. (2002). La paix fruit de la réconciliation. Kinshasa: Médiapaul.

Fortat, R., & Livitanf, L. (1989). Education à la paix, Fiches pédagogiques pour les enfants de 4 à 12 ans. Bruxelles: Vie Ouvrière.

Gicali, M.-J. (2012, Février). Education à la paix au primaire: étude des récits des pratiques des enseignants. Thèse de doctorat en Education. Montréal, Québec, Canada.

Harris, I. M. (1999). Types of peace education. San Francisco: Jossey-Bass.

Kabila Kabange, J. (2014). Loi cadre n° 14/004 du 11 Février 2014 de l’enseignement. Kinshasa: Journal officiel.

Mawete, S. (2004). Mawete S., L’éducation pour la paix en Afrique subsaharienne. Enjeux et perspectives. paris: l’harmattan.

Meirieu, P., & Guiraud, M. (1997). L’école ou la guerre civile. Paris: Plon.

Mnistère de l’Education Nationale. (2022, Mars 30). L’ETAT. Récupéré sur MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE ET DE LA JEUNESSE: http://www.education.gouv.fr

Mwilambwe Twite Makonga, F. (2018, Février). Durée de chaumage et proactivité des sans emploi sur le marché du travail à Lubumbashi. Thèse de doctorat. Lubumbashi, République Démocratique du Congo.

Ngoy Kimpulwa, B., & Englebert, P. (2021). Congo, l’État en morceaux. Politique et administration au prisme du découpage provincial . Paris: L’Harmattan.

Poncelet, M., André, G., & De Herdt, T. (2010). La survie de l’école primaire congolaise (RDC) : héritage colonial, hybridité et résilience. Autrepart, pp. 23-41.

Reardon, A. B. (2007a). La tolérance, porte ouverte sur la paix. Unité pour l’enseignement primaire. Paris: Unesco.

Rousseau, J.-J. (2008). Émile ou De l’éducation. Paris: Larousse.

Synott, J. (2005). Peace education as an educational paradigm : review of a changing field using an old measure. Journal ofPeace Education, pp. 3-16.

Unesco. (1998). Déclaration et programme d’action sur une culture de la paix. Unesco.

Unesco. (1999). Déclaration et programme d’action sur une culture de la paix. Assemblée générale des Nations Unies.

Unesco. (2008). L’éducation à la paix dans les écoles : apprendre à vivre ensemble. Unesco.

Unesco. (2014). Guide pédagogique pour l’éducation à la paix. Unesco.

Unesco. (2015). Guide de formation des enseignants à une culture de la paix. Unesco.

Unesco. (2017). Repenser l’éducation secondaire : vers une éducation globale pour l’empowerment et l’équité. Unesco.

Unesco. (2020, Mars 20). Déclaration de responsabilités humaines pour la paix et le développement durable. Récupéré sur Unesco: http://www.unesco.org

Weil, P. (2001). L’art de vivre en paix. Manuel d’éducation pour une culture de la paix. Paris: Unesco.

INTRODUCTION DE L’ÉDUCATION À LA CULTURE DE LA PAIX DANS LES ÉCOLES PRIMAIRES : UN IMPÉRATIF POUR LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO