CONNAISSANCES, ATTITUDES ET PRATIQUES DU PERSONNEL SOIGNANT SUR LA TOXOPLASMOSE CONGENITALE À LUBUMBASHI : cas des Cliniques Universitaires et de l’Hôpital Général Provincial Jason Sendwe.

Authors: Arthur Tshimuanga Kabuamba, Gaston Kabuamba Milembu, Salomon Bidilukinu Mukendi, Célestin Kabuayi Kenketa, Charles Matungulu, Abel Ntambue Mukengeshayi

La toxoplasmose congénitale est une forme particulière de la toxoplasmose contractée par le futur enfant durant la grossesse de sa mère ; soit au passage transplacentaire. Elle peut être à l’origine de manifestations cliniques graves chez le fœtus ou à la naissance.

La toxoplasmose congénitale constitue un problème de santé publique en République Démocratique du Congo (R.D.C) selon une étude sérologique menée en 2014 à Kinshasa montrant 80,3 % des femmes enceintes infestées par le Toxoplasma gondii. Un cas d’anasarque foeto-placentaire liée à la toxoplasmose maternelle a été rapporté en 2018 à Lubumbashi. Un autre cas de toxoplasmose congénitale chez un nouveau-né ayant développé l’hydranencéphalie a été décrit aux cliniques universitaires de Lubumbashi en 2024.

Pour contribuer à la connaissance et l’amélioration de la prise en charge de la toxoplasmose congénitale à Lubumbashi, nous avons réalisé l’étude descriptive transversale à visée analytique avec l’échantillonnage non exhaustif de convenance. C’est ainsi qu’une enquête a été faite sur les connaissances, attitudes et pratiques du personnel soignant en rapport avec la toxoplasmose congénitale sur 152 personnel soignant des Cliniques Universitaires et de l’Hôpital Général de référence Jason Sendwe pour compléter l’observation de 12 cas suspets. Et spécifiquement, nous cherchons à déterminer le niveau de connaissance du personnel soignant sur la toxoplasmose congénitale, présenter les signes cliniques, proposer le protocole de prise en charge et déterminer l’issue des nouveau-nés .

Le niveau de connaissance satisfaisante a été identifié sur plusieurs points concernant la toxoplasmose congénitale et son traitement soit 95,40% des répondants. Les infirmiers ont participé minoritairement avec 12,6% des répondants ; la majorité étant les médecins à 64,2%.La majorité des participants travaillaient aux Cliniques Universitaires de Lubumbashi soit 54,61% et le personnel soignant masculin était majoritaire dans la participation soit 57,89%. La plupart des participants connaissaient le toxoplasma gondii comme la cause de la toxoplasmose congénitale soit 93,52% avec la transmission verticale comme voie de contamination soit 94,08% et la majorité ont reconnu avoir appris la toxoplasmose congénitale à l’université soit 61,37%.

Les attitudes identifiées en rapport avec la pathologie étaient d’un niveau acceptable car les répondants accordaient majoritairement leur confiance à l’information sur la toxoplasmose congénitale venant des médecins et praticiens de la santé soit 96,71%. Et face à la suspicion de toxoplasmose congénitale chez le nouveau-né, la majorité choisissait de parler à un personnel soignant soit 68,40% ; tout en prodiguant les mesures prophylactiques aux parents ( éviction du chat ) soit 72,36% .

Les pratiques décelées étaient d’un niveau plus au moins bas car, moins de la moitié des répondants disaient avoir déjà posé l’hypothèse diagnostique de toxoplasmose congénitale dans l’exercice de leur fonction sur base de la clinique et paraclinique présentées par les nouveau-nés ou alors les gestantes ; soit 49,30% avec la commune Annexe comme grande pourvoyeuse des cas soit 51,25%. Les participants disaient avoir instauré le traitement soit 45,39% et plus de la moitié des patients étaient restés avec des séquelles neurologiques soit 52,50% .

Le niveau de connaissance de la toxoplasmose congénitale n’est pas significativement influencée par la profession soit p-valeur ≈ 0,24

.

Autrement dit, la plupart des professionnels de santé ont une connaissance équivalente du sujet, indépendamment de leur spécialité

.

De même, les attitudes de prévention de la toxoplasmose congénitale ne sont pas significativement influencées par la profession soit p ≈ 0,74

.

Cela suggère que les recommandations et pratiques préventives sont relativement homogènes parmi les professionnels de santé.

Le niveau de pratique de la prise en charge ne semble pas influencer significativement l’issue des nouveau-nés atteints de toxoplasmose congénitale soit p ≈ 0,88 . Malgré les différentes méthodes de prise en charge, les taux élevés de séquelles et de décès suggèrent que les traitements utilisés ne sont pas suffisants pour assurer une guérison complète.

Ces résultats interpellent le personnel soignant face à ses connaissances sur la toxoplasmose congénitale qui n’influencent pas du tout ses attitudes et pratiques sur le devenir des patients. Cela implique qu’une amélioration du protocole de soins soit envisagée pour optimiser les résultats cliniques.

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Author: admin

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