Comparaison des moyennes de taux de redoublement des filles et des garçons de la province éducationnelle de Haut-Katanga 1 des années scolaires 2017-2022.
MUSHIKWA LUMBWE Jacqueline
Cheffe de Travaux à l’Université de Lubumbashi
Date of submission 23 April, 2025; Date of Acceptance 19 May, 2025; Date of publication 16 June, 2025
RÉSUMÉ
La loi-cadre sur l’éducation stipule qu’il garantit à tous les enfants de la république démocratique du Congo le droit à une éducation de qualité, mais aussi encore une égalité de chance d’accès et de réussite dans le processus d’apprentissage. Ainsi, dans les mêmes conditions, les enfants ont les mêmes opportunités d’apprendre et de maîtriser les connaissances, dès lors qu’ils ont accès, en toute équité, aux mêmes ressources éducatives, dans la progression de chacun.
Nous nous sommes donné pour tâche d’étudier le taux d’échec scolaire ayant conduit au redoublement dans la province éducationnelle du Haut-Katanga 1, dont la population scolaire se répartit sur deux villes de Lubumbashi et Likasi et trois territoires : Kipushi, Kambove, Sakania soit 10 sous-divisions régissant 25549 écoles primaires (417conventionnées, 152 non conventionnées, 1980 privées agréées). Selon l’annuaire 2023, 807303 élèves font leur scolarité dans la province éducationnelle du Haut-Katanga 1, 400946 filles et 406357 garçons.
Le taux de redoublement moyen des garçons dans l’entité éducationnelle est de 8,63% et de 8,34% pour les filles, soit un écart de 0,29% en défaveur des garçons. Les écarts observés pour l’ensemble des sous-divisions ne sont pas criants, nous en avons tiré comme conclusion que les deux genres (filles et garçons) redoublent leurs classes respectives dans le cycle primaire. L’absence d’écart significatif entre les taux de redoublement des filles et des garçons observés dans cette étude, menée selon la méthode d’analyse appuyée par la technique d’analyse descriptive pour le calcul de la moyenne des taux de redoublement, ne signifie pas nécessairement qu’il y a équité réelle dans le cursus scolaire. Le redoublement touche indistinctement les deux genres cependant l’égalité des taux de redoublement ne suffit pas non plus à garantir une égalité de parcours éducatifs. Il important de promouvoir des pratiques pédagogiques sensibles aux genres, en renforçant l’accompagnement individuel et des dispositifs de remédiation adaptés à l’individualité.
Mots clés : Moyenne, taux de redoublement des classes, filles, garçons.
INTRODUCTION
Dans son article douze alinéa deux de la Loi-Cadre (2024), l’Etat congolais prône de garantir à tous les enfants de son pays, le droit à une éducation de qualité, à une égalité des chances d’accès et de réussite. Garantir l’égalité de réussite implique d’accorder à chaque enfant la possibilité de progresser dans son parcours scolaire en lui accordant des conditions favorables, lui donnant les opportunités d’apprendre et de maitriser ses connaissances en vue d’une réussite fructueuse, en tenant compte de son individualité.
Ce processus nécessite de développer les stratégies d’accompagnement adaptées pour soutenir les élèves en difficultés en prenant en compte leurs besoins individuels et en leur accordant d’accéder équitablement aux ressources éducatives. Cela implique, donc, de valoriser la progression de chacun tout en réduisant, autant que possible le taux de redoublement qui a des conséquences néfastes sur l’individu et souvent perçu comme une punition.
En effet, le redoublement des classes concerne les élèves qui n’ont pas pu s’adapter au rythme d’enseignement, qui n’ont pas pu assimiler les matières inscrites au programme ; et dont, le niveau est jugé insuffisant pour passer dans une classe supérieure. Par conséquent, Ils sont obligés de reprendre la même classe, de répéter les mêmes enseignements et dans le cadre du même programme au cours d’une nouvelle année scolaire.
Selon J. Krop (2014) Plusieurs facteurs sont à la base du redoublement :
Ambiance et fréquentation : certains enfants ont un caractère dominant ; et, s’impose face à leurs camarades ;
Difficultés d’apprentissages fondamentaux ;
Manque de maturité ;
méthodes de travail inadaptées ;
Situation familiale ;
Problème santé de l’enfant.
Le redoublement des classes, non seulement est un indicateur de qualité de système éducatif, mais aussi un indicateur clé de l’inégalité et de la marginalisation scolaire. Comme indicateur de qualité. Il permet d’analyser les résultats des élèves qui n’ont pas acquis un niveau suffisant de maîtrise des enseignements reçus leur permettant d’obtenir le niveau nécessaire pour une promotion dans une classe supérieure. En même temps, il renseigne sur l’inadéquation du système scolaire.
Les conséquences du redoublement sont lourdes en terme de ressources gaspillées, mais aussi néfastes pour l’élève lui-même. Pour l’UNESCO (2000), le redoublement scolaire a des effets négatifs sur l’élève. Il favorise le décrochage et influence négativement la motivation de l’élève et son estime de soi.
De ce fait, il demeure un sujet toujours d’actualité, suscitant plusieurs interrogations placées au centre de nombreux débats dans le milieu éducatif. Il souligne l’existence conjointe de critères formels, d’une norme socialement établie d’une part, et, d’autre part, l’exercice du jugement professionnel, non normatif fondé sur le plan pédagogique, de la part de l’enseignant (Hutmacher. W, 1993).
Ce phénomène est perçu différemment par les agents et les acteurs de l’éducation. Pour les enseignants, c’est une chance accordée à l’élève pour s’amender et donner les meilleurs de lui au terme d’une année supplémentaire de répétition de classe. Pour les parents, les avis sont partagés : les uns sont favorables en soutenant le point de vue des enseignants, les autres sont contre cette pratique en y percevoir une perte de temps, ainsi que de finances et bouleversant leur programmation faite sur le devenir de leurs enfants. Pour l’élève, lui-même, cela est perçu comme une injustice et une méchanceté de la part de l’enseignant. C’est ce que Durand (1999) soutient en ces termes : les acteurs du système éducatif accordent différentes significations à la pratique du redoublement. Pour certains, le redoublement constitue un outil d’intervention qui vise à venir en aide aux élèves en difficulté. Il leur offre alors une seconde chance. D’autres acteurs du milieu scolaire considèrent plutôt que le redoublement est une méthode punitive qui contribue à augmenter le taux d’échec scolaire.
Pour que le redoublement soit bénéfique pour l’élève, les éducateurs doivent sensibiliser au changement de regard pour le considérer comme étape potentiellement constructive dans leur parcours éducatif plutôt qu’une simple sanction.
Le redoublement est le signe d’un passage scolaire pénible et douloureux pour l’élève. Il modifie le regard de l’enseignant sur l’enfant, et ainsi participe au processus de discrimination scolaire.
Bien que les efforts de réduire tant soit peu les conséquences de ce phénomène soient palpables, les écarts entre filles et garçons demeurent.
De ce fait, notre préoccupation est de découvrir à partir des écarts de moyenne de taux de redouble, le genre qui redouble le plus souvent l’école primaire dans la province éducationnelle du Haut-Katanga 1.
Notre hypothèse est formulée de la manière suivante : les écarts constatés dans la moyenne de taux de redoublement à l’école primaire dans la province éducationnelle de Haut-Katanga 1 sont en défaveur des garçons.
Notre objectif dans cette recherche est d’analyser la progression du taux de redoublement de l’enseignement primaire selon le genre dans la province Educationnelle de Haut-Katanga 1 tout en tenant compte des entités administratives qui la composent et comparer les écarts entre les filles et les garçons afin de découvrir le genre vulnérable et marginalisé pour une justice scolaire, l’équité et l’inclusivité dans la Province Educationnelle.
METHODOLOGIE
POPULATION DE L’ETUDE
Notre population d’étude est la province éducationnelle de Haut-Katanga1 qui est une de deux entités éducatives de la province administrative de Haut-Katanga repartie sur trois territoires : territoire de Kambove, territoire de Kipushi et territoire de Sakania y compris deux villes : Lubumbashi et Likasi. Cette province éducationnelle a son siège dans la ville de Lubumbashi et comprend 10 Sous-Divisions à savoir Lubumbashi1, Lubumbashi2, Lubumbashi3, Lubumbashi4, Lubumbashi5, Likasi1, Likasi2, Kipushi, Kambove et Sakania. Elle compte 2549 écoles primaires dont 152 écoles non conventionnées 417 écoles conventionnées et 1980 écoles privées agréées repartis dans les dix Sous- Divisions. L’effectif du personnel enseignant est de 19545 au primaire dont 7826 femmes et 11719 hommes. La taille des élèves pour l’année scolaire 2022-2023 est de 807303 dont 400946 filles et 406357 garçons au primaire (Annuaire 2023). Le taux de redoublement des garçons dans cette entité éducative est supérieur à celui des filles de 0,2% en l’année scolaire 2018-2019.
2.2. METHODE
Pour atteindre l’objectif que nous nous sommes assigné dans notre étude, nous avons recouru à la méthode d’analyse appuyée par la technique d’analyse descriptive en calculant la moyenne de taux de redoublement.
Calcul de moyenne de taux de redoublement
Le taux de redoublement pour l’année d’études « g » et l’année scolaire « t » correspond au nombre d’élèves qui redoublent l’année d’études « g » pendant l’année scolaire « t+1 », exprimé en proportion de l’effectif total des élèves de l’année d’étude « g » pendant l’année scolaire « t », soit :
Où
g = année d’études
t = année scolaire
t+1 = année scolaire suivante
3. RESULTATS DE L’ETUDE
3.1. COMPARAISON DES MOYENNES DE TAUX DE REDOUBLEMENT DES ANNEES D’ETUDES
Tableau n° 1 comparaison des moyennes de taux de redoublement premières années
La S/D Lubumbashi 4 a un écart de moyenne de taux élevé en défaveur des garçons soit 1,33% par rapport aux autres Sous-Divisions de la Province Educationnelle de Haut-Katanga 1.
Figure n° 2 : moyenne taux de redoublement deuxième année
La S/D de Likasi 1 a une moyenne de taux élevée des filles et des garçons soit de 13,29% des filles et de 14,07% des garçons suivi de la S/D de Sakania soit de 10,16% pour les garçons contre 10,45% pour les filles.
Tableau n° 3 moyennes de taux de redoublement degré élémentaire
La sous-division de Likasi 2 a enregistré la moyenne de taux de redoublement supérieur à 10 en première comme en deuxième des filles et des garçons.
Figure n°3 : moyenne de taux de redoublement degré élémentaire
La S/D de Likasi 1 a enregistré une moyenne de taux de redoublement élevée soit de 13,57% pour les garçons et 11,86% pour les filles en première année et de 14,07% de garçons et de 13,29% des filles en deuxième année.
Tableau n°4 comparaison des moyennes de taux de redoublement de troisièmes années
En troisième année l’écart de moyenne de taux de redoublement varie entre 0 et 1. La S/D de Likasi 1 a enregistré l’écart en défaveur des garçons de 1,47% suivi de la S/D de Kipushi avec 1,09% en défaveur et la S/D de Lubumbashi 1 avec 1% en défaveur des garçons.
Figure n°4 : moyenne de taux de redoublement troisième année
La S/D de Likasi 1 a enregistré une moyenne de taux de redoublement élevée des filles de 12,72% et de14, 19% des garçons, suivi de la S/D de Sakania avec 9,75% pour les garçons contre 10,30% pour les filles et la S/D de Likasi 2 avec 9,84% pour les garçons contre 10,07% pour les filles.
Tableau n°5 comparaison des moyennes de taux de redoublement de quatrième années
En quatrième année, nous constatons que la S/D de Lubumbashi 5 a enregistré a un écart de moyenne de taux de redoublement élevée de 2,56% en défaveur des filles, suivi de la S/D de Lubumbashi 2 avec 1,95% en défaveur des garçons et de la S/D de Kipushi avec 1,15% en défaveur des filles.
Figure n°5 : moyenne taux de redoublement quatrième année
Nous observons que la Sous-Division de Likasi 1 note une moyenne de taux de redoublement élevée des garçons de 14,53% et de 13,85% des filles, suivi de la S/D de Sakania avec 11,3 des garçons et 11,98% des filles par rapport aux autres S/D.
Tableau n°6 Moyenne de taux de redoublement degré moyen
La sous-division de Likasi 1 a enregistré une moyenne de taux de redoublement supérieure à 10 en troisième et quatrième années des filles et des garçons.
Figure n°6 : moyenne de taux de redoublement degré moyen
Le degré moyen a enregistré la moyenne de taux de redoublement élevée en troisièmes et en quatrièmes années à Likasi 1 soit de 14,19% des garçons contre 12,72% des filles en troisième année, de 14,53% des garçons contre 13,85% des filles en quatrième année. À Sakania en quatrième année de 11, 3% des garçons contre 11,98% des filles et à Likasi 2 en quatrième année de 10,6% des garçons contre 10,46% des filles.
Tableau n° 7 comparaison des moyennes de taux de redoublement de cinquième (5) années des S/V de H.K 1
En cinquième (5) année, nous constatons que la S/D de Lubumbashi 3 a enregistré un écart de taux de moyenne de redoublement de 2,40%, suivi de Likasi 1 avec 1,35% et de Lubumbashi 4 soit de 1,1% en défaveur des garçons.
Figure n°7 : moyenne taux de redoublement cinquième année
La Sous-Division de Lubumbashi 5 note une moyenne de taux de redoublement élevée des garçons soit de 24,86% contre 24,56% des filles, suivi de Lubumbashi 4 avec 20,61des garçons contre 19,51% des filles, de Likasi 1 avec 16,11% des garçons contre 14,76% des filles, de Sakania avec 15,23% des garçons contre 15,67% des filles par rapport aux autres S/D.
Tableau n° 8 comparaison des moyennes de taux de redoublement de sixième années
La S/D de Lubumbashi 5 a enregistré un écart de taux de moyenne de redoublement élevée de 4,20% en sixième année, suivi de Lubumbashi 2 de 1,16%.
Figure n°8 : moyenne taux de redoublement sixième année
La Sous-Division de Lubumbashi 5 note une moyenne de taux de redoublement élevée des garçons soit de 24,02% et des filles 19,82% par rapport aux autres S/D, suivi de Lubumbashi4 avec 16,97% des garçons contre 17,07% des filles, de Lubumbashi 3 soit 11,94% des garçons contre 12,05% des filles et de Likasi 1 soit 10,93% des garçons contre 11,31% des filles.
Tableau n° 9 comparaison des moyennes de taux de redoublement degré terminal
La sous-division de Lubumbashi 5 a une moyenne de taux de redoublement supérieurs à 20 des filles et des garçons.
Figure n°9 : moyenne de taux de redoublement degré terminal
Le degré terminal a enregistré une moyenne de taux de redoublement élevée en première et deuxième à la S/D de Lubumbashi 5 soit de 24,86% des garçons contre 24,56% des filles en cinquièmes années, de 24,02% des garçons contre 19,82% des filles en deuxièmes années ; de Lubumbashi 4 soit de 20,61% des garçons contre 19,51% des filles, de 16,97% des garçons contre 17,07% des filles en deuxième années ; de Lubumbashi3 de 14,79% des garçons contre 12,39% des filles en cinquièmes années ; de 11,94% des garçons contre 11,31% des filles en sixièmes années ; de Likasi 1 de 16,11% de garçons contre 14,76% des filles en cinquièmes années, de 10,93% des garçons contre 11,31% des filles en sixièmes années et de Sakania de 15,23% des garçons contre 15,67% des filles en cinquièmes années contre 9,87% des garçons contre 10,79%% des filles en sixièmes années.
Tableau n° 10 comparaison des moyennes de taux de redoublement de Haut-Katanga 1
Les écarts de moyenne de taux de redoublement en défaveur des garçons se retrouvent au degré élémentaire et le degré moyen soit de 0,65% en premières années, de 0,48% en deuxièmes années, de 0,21% en troisièmes années, de 0,14% en quatrièmes années. En défaveur des filles au degré terminale de 0,04% en cinquièmes années et de 0,49% en sixièmes années.
Figure n°10 : moyenne de taux de redoublement Haut-Katanga 1
La moyenne de taux de redoublement élevée s’observe en cinquième (5) année chez les filles soit de 11,96% et chez les garçons soit 11,92%. L’écart d se lève à 0,04% en défaveur des filles. Suivi de quatrièmes années soit de 8,82% des garçons contre 8,68% des filles. L’écart est en défaveur des garçons soit de 0,14%.
Tableau n° 11 comparaison des moyennes de taux de redoublement des Sous-Divisions Haut-Katanga 1
Figure n°11 : comparaison de moyenne de taux de redoublement des sous-divisions
Likasi 1 a une moyenne de taux de redoublement supérieure à 10 au degré élémentaire et le degré moyen en défaveur des garçons. Lubumbashi 5 au degré terminal en défaveur des garçons. Dans l’ensemble de S/D la moyenne taux de redoublement varie soit en défaveur des filles, soit en défaveur des garçons avec les écarts qui oscillent entre 0 et 4%. Hormis la Sous-Division de Kambove qui a enregistré une moyenne de taux de redoublement inférieure à 10, avec un écart de 0,35% en défaveur des filles, les neufs autres Sous-Division ont une moyenne de taux de redoublement supérieure à 10 avec comme écart en défaveur des garçons à Kipushi (0,73%), à Likasi1(1,35%), à Likasi 2 (0,02%), à Lubumbashi3 (2,40%), à Lubumbashi 4 (1,10%) et à Lubumbashi5 (0,30%). Et en défaveur des filles, à Lubumbashi 1 (0,47%), à Lubumbashi 2 (0,22%) et à Sakania (0,44%).
3.2. COMPARAISON DE MOYENNE DE TAUX DE REDOUBLEMENT DES ANNEES SCOLAIRES
Tableau n° 12 Comparaison de moyenne de taux de redoublement de Haut-Katanga 1
Les écarts de moyenne de taux de redoublement élevés en défaveur des garçons s’observent à Lubumbashi 5 soit de 2,63 %, à Lubumbashi 1 de 2,06% en défaveur des garçons et à Likasi 1 de 1,02% par rapport aux autres S/D de H.K 1.
Graphique n° 12 : moyenne taux de redoublemnt Haut-Katanga 1
Les Sous-Divisions Sakania, Lubumbashi 1, Likasi1, Kipushi et Kambove ont une moyenne supérieure ou égale à 10 chez les élèves filles comme chez les garçons.
Tableau n°13 moyenne de taux de redoublement des années scolaires
Figure n°13
Au regard du tableau de la moyenne de redoublement de la Province Educationnelle Haut-Katanga 1, nous percevons que les garçons ont enregistré une moyenne de taux de redoublement de 8,63% et les filles de 8,34%. L’écart en défaveur des garçons est de 0,29%.
DISCUSSION DES RESULTATS
Les résultats auxquels nous sommes arrivés enregistre les écarts de moyenne de taux de redoublement entre les filles et les garçons et entre les différentes Sous-Divisions qui varient entre 0 et 4% en défaveur soit des filles soit des garçons. Le degré terminal a une moyenne de taux de redoublement dans quelques S/D supérieure ou égal à 10%. La S/D de Lubumbashi 5 a atteint le sommet de 24,86% pour les garçons contre 24,56% pour les filles en cinquièmes années. D’une manière générale la Province Educationnelle de Haut-Katanga présente une moyenne de taux élevée en cinquième année soit de 11,96% des garçons contre 11,96% des filles. L’écart en défaveur des filles s’élève de 0,04%suivi des classes de quatrièmes années avec 8,82% des garçons contre 8,68% des filles avec un écart en défaveur des garçons de 0,14%. Les écarts entre les genres ne sont pas criants.
Nous concluons que les deux genres (filles et garçons) redoublent leurs classes respectives au primaire.
Comme l’a bien soutenu le Ministère de la fédération Wallonie Bruxelles (2018) le redoublement est un phénomène de masse dans le système éducatif et M-C. Akoué (2007), constate qu’il n’y a pas de différence significative d’un point de vue statistique entre les résultats des filles et ceux de garçons. L’absence d’écart significatif entre les taux de redoublement des filles et des garçons observée dans cette étude ne signifie pas nécessairement une équité réelle dans le cursus scolaire.
Comme le souligne le Cnesco (2015), le redoublement a des effets globalement limités sur la réussite, quel que soit le genre, ce qui suggère que sa généralisation comme solution pédagogique doit être remise en question. Duru-Bellat (2002) rappelle que les statistiques d’égalité peuvent masquer des biais de traitement et de perception selon les genres : les filles sont souvent perçues comme plus studieuses et les garçons comme plus indisciplinés, influençant ainsi les décisions de redoublement. Dans cette perspective Therriault, Bader et Lapointe (2011) montrent que les filles redoublantes ont tendance à se repositionner scolairement avec plus de rigueur, tandis que les garçons manifestent plus souvent un désengagement après l’échec. De même, Haeck, Lacroix et Santarossa (2022) identifient des conséquences psychosociales différenciées : les filles intériorisent plus fortement l’échec, tandis que les garçons adoptent des stratégies d’évitement ou même de rupture.
Le rapport de l’UNESCO (2010) corrobore ces observations en soulignant que l’égalité des taux de redoublement ne suffit pas à garantir une égalité de parcours éducatifs. En effet, les filles et les garçons vivent différemment l’expérience scolaire, y compris le redoublement, en raison des normes sociales, des attentes ‘genrées’ et des conditions matérielles spécifiques à leur environnement. Le redoublement, bien que touchant les deux genres, a tendance à produire des conséquences plus sévères pour les filles dans certains contextes : stigmatisation accrue, risque de déscolarisation, mariages et grossesses précoces, découragement ou surcharge domestique.
À l’inverse, les garçons peuvent manifester une forme de résistance scolaire par des comportements de rejet ou de décrochage. L’UNESCO(2010) souligne aussi que les politiques éducatives doivent non seulement viser la parité des taux, mais aussi s’attaquer aux inégalités structurelles et aux expériences différenciées liées aux genres. Ainsi, même en l’absence de différence statistiquement significative, il convient de promouvoir des pratiques pédagogiques sensibles aux genres, en renforçant l’accompagnement individuel et les dispositifs de remédiation adaptés aux besoins spécifiques des élèves en prenant en compte leur individualité.
CONCLUSION
Au terme de notre recherche qui a porté sur la comparaison des moyennes de taux de redoublement des filles et des garçons dans la province Educationnelle de Haut-Katanga 1, nous nous sommes fixé comme objectif d’analyser la progression de moyenne de taux de redoublement et de comparer les écarts des filles et des garçons dans leurs entités respectives ( différentes Sous-Divisions) dans l’enseignement primaire, afin de découvrir le genre vulnérable et marginalisé pour une justice équitable et une inclusivité dans la progression scolaire de tous élèves sans exception aucune.
Les résultats auxquels nous sommes arrivés nous renseignent qu’au degré terminal, seule la Sous-Division de Kambove a enregistré une moyenne de taux de redoublement inférieure à 10% des filles et des garçons avec un écart de 0,35% en défaveur des filles. Neuf autres Sous-Divisions ont une moyenne de taux de redoublement supérieure ou égale à 10%, avec des écarts en défaveur des garçons à Kipushi (0,73%), à Likasi1 ( 1,35%), à Likasi 2 (0,02%) ; à Lubumbashi 3 (2,40%) ; à Lubumbashi 4 (1,10%) et à Lubumbashi 5 (0,30%). Et, en défaveur des filles à Lubumbashi 1 (0,47%), à Lubumbashi 2 (0,22%) et à Sakania (0,44%), en cinquièmes années. Les sixièmes années présentent cette même situation à Likasi 1, Lubumbashi 3, Lubumbashi 4 et Lubumbashi 5. Les écarts en défaveur des filles s’observent à Likasi 1 (0,41%), à Lubumbashi 3 (0,15%), à Lubumbashi 4 (0,07%), à Sakania (0,92%) et en défaveur des garçons à Lubumbashi 5 (4,18%). D’une manière générale, une vulnérabilité est observée dans les classes de cinquièmes années dans toutes les Sous-Divisions, hormis celle de Kambove.
Au degré moyen, la situation se présente comme suit : en quatrièmes années, quatre S/D ont enregistré une moyenne supérieure ou égale à 10 : Likasi1 (14,53%) des garçons contre (13,85%) des filles, Lubumbashi4 (10,03%) des filles contre (10,19%) et Sakania (11,3%) contre (11,98%) des filles, la S/D de Lubumbashi 5 uniquement chez les filles (11,33%). L’écart en défaveur des garçons se perçoit à Likasi1 (0,68%) et en défaveur de filles à Lubumbashi 4(0,16%), à Lubumbashi4 (0,16), Lubumbashi5 (2,56%) et à Sakania (0,68%). En troisièmes années, la S/D de Sakania et de Likasi1 ont enregistré une moyenne de taux supérieure ou égal à 10. Soit de 14,19% des garçons contre 12,72% des filles à Likasi 1, avec un écart en défaveur des garçons de1, 47%. De 9,75% des garçons contre 10,3% des filles avec un écart en défaveur des filles de 0,55% à Sakania et 9,84% des garçons contre 10,07% des filles à Likasi 2 avec un écart en défaveur des filles soit de 0,23%.
Au degré élémentaire, seule la S/D de Likasi 1 a une moyenne supérieure ou égale à 10. En premières année de 13,57% des garçons contre 11,86% des filles avec en défaveur des garçons de 1,71%. En deuxième de 14,07% de garçons contre 13,29% des filles avec un écart en défaveur des garçons de 0,78%. La S/D de Likasi 1 a enregistré une moyenne de taux de redoublement supérieure par rapport aux autres S/D au degré élémentaire et le degré moyen tandis que Lubumbashi 5 au degré terminal des filles et des garçons. L’écart élevé de toutes les S/D se remarque en sixièmes années en défaveur des garçons à Lubumbashi 5, soit de 4,18%.
Pour les années scolaires, les écarts en défaveur des garçons sont perçus à la S/D de Kambove de 1,14%, de Likasi 1 de 1,02% ; de Lubumbashi 1 2,06%, de Lubumbashi2 0,14% ; de Lubumbashi4 0,81%% et de Lubumbashi5 2,63%. Et en défaveur des filles à la S/D de Kipushi 0,04%, de Lubumbashi 3 0,74%, de Likasi 1 0,18%, de Sakania 0,56%. C’est la S/D de Lubumbashi 5 qui note un écart élevé en défaveur des garçons de 2,63%. Dans l’ensemble ce sont les garçons qui ont une moyenne de taux de redoublement légèrement supérieure de 8,63% contre 8,34% des filles. L’écart en défaveur des garçons est de 0,29%.
Bien que l’écart soit légèrement en défaveur des garçons, nous remarquons que les filles et les garçons redoublent leurs classes au primaire. Les écarts observés entre les deux genres ne sont pas significatifs ils varient de 0 à 4%.
Au regard de ses résultats, nous proposons ce qui suit :
Porter une attention particulière sur :
les classes de cinquièmes années,
la Sous-Division de Likasi 1 au degré élémentaire et le degré moyen,
La S/D de Lubumbashi 5 au degré terminal ;
adapter les méthodes pédagogiques aux diversités des élèves,
créer une bonne collaboration avec les parents pour qu’ils s’impliquent concrètement dans la formation de leurs enfants afin de soutenir leur réussite,
mettre en place des mesures de soutien et d’accompagnement individuel aux élèves en difficulté,
procéder à un suivi régulier des élèves faibles et ajuster les enseignements,
mettre en place des recyclages réguliers des enseignants sur différents sujets pour soutenir leurs actions pédagogiques,
valoriser l’évaluation formatrice.
Références bibliographiques de l’article
Akoué, M.-C. (2007). Les différences de genre et la réussite scolaire. Abidjan : Presses Africaines.
Cnesco. (2015). Le redoublement : quels effets ? Quelles alternatives ? Paris : Conseil national d’évaluation du système scolaire.
Duru-Bellat, M. (2002). Les inégalités sociales à l’école : Genèse et mythes. Paris : PUF.
Haeck, C., Lacroix, J., & Santarossa, C. (2022). Les conséquences psychosociales du redoublement selon le genre. Revue Canadienne d’Éducation, 45(2), 123–145.
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