{"id":8404,"date":"2025-07-18T13:56:51","date_gmt":"2025-07-18T13:56:51","guid":{"rendered":"https:\/\/ijssass.com\/journal\/arthur-tshimuanga-kabuamba1%c2%b24-gaston-kabuamba-milembu23-salomon-bidilukinu-mukendi%c2%b2-celestin-kabuayi-kenketa%c2%b2-michel-kasonga-kasonga%c2%b2-marie-kapinga-dibwe4-fortunat-tudies\/"},"modified":"2025-07-18T13:57:56","modified_gmt":"2025-07-18T13:57:56","slug":"arthur-tshimuanga-kabuamba1%c2%b24-gaston-kabuamba-milembu23-salomon-bidilukinu-mukendi%c2%b2-celestin-kabuayi-kenketa%c2%b2-michel-kasonga-kasonga%c2%b2-marie-kapinga-dibwe4-fortunat-tudies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ijssass.com\/journal\/arthur-tshimuanga-kabuamba1%c2%b24-gaston-kabuamba-milembu23-salomon-bidilukinu-mukendi%c2%b2-celestin-kabuayi-kenketa%c2%b2-michel-kasonga-kasonga%c2%b2-marie-kapinga-dibwe4-fortunat-tudies\/","title":{"rendered":"CONNAISSANCES, ATTITUDES ET PRATIQUES DU PERSONNEL SOIGNANT SUR LA TOXOPLASMOSE CONGENITALE \u00c0 LUBUMBASHI\u00a0: cas des Cliniques Universitaires et de l\u2019H\u00f4pital G\u00e9n\u00e9ral Provincial Jason Sendwe."},"content":{"rendered":"<p><strong>CONNAISSANCES, ATTITUDES ET PRATIQUES DU PERSONNEL SOIGNANT SUR LA TOXOPLASMOSE CONGENITALE \u00c0 LUBUMBASHI\u00a0: <\/strong><strong>cas des Cliniques Universitaires et de l\u2019H\u00f4pital G\u00e9n\u00e9ral Provincial Jason Sendwe.<\/strong><\/p>\n<p>Arthur Tshimuanga Kabuamba*1,\u00b2,4, Gaston Kabuamba Milembu2,3, Salomon Bidilukinu Mukendi\u00b2, C\u00e9lestin Kabuayi Kenketa\u00b2, Michel Kasonga Kasonga\u00b2, Marie Kapinga Dibwe4, Fortunat Tudieshe Mbunga\u00b2, Charles Matungulu2, Abel Ntambue Mukengeshayi\u00b2<\/p>\n<p><em>1. D\u00e9partement de p\u00e9diatrie, Facult\u00e9 de M\u00e9decine de l\u2019Universit\u00e9 de Kananga, R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo<\/em><\/p>\n<p><em>2. \u00c9cole de Sant\u00e9 Publique de l\u2019Universit\u00e9 de Lubumbashi, R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo<\/em><\/p>\n<p><em>3. Institut Sup\u00e9rieur de Techniques M\u00e9dicales de Kananga, R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo<\/em><\/p>\n<p><em>4. D\u00e9partement des Sciences de base, Facult\u00e9 de M\u00e9decine de l\u2019Universit\u00e9 Notre-Dame du Kasayi, R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo<\/em><\/p>\n<p>Date of submission 29 April, 2025; Date of Acceptance 27 May, 2025; Date of publication 16 June, 2025<\/p>\n<p><strong>R\u00c9SUM\u00c9<\/strong><\/p>\n<p>La toxoplasmose cong\u00e9nitale est une forme particuli\u00e8re de la\u00a0toxoplasmose\u00a0contract\u00e9e par le futur enfant in ut\u00e9ro\u00a0; soit au passage transplacentaire. C\u2019est une zoonose cosmopolite et peut \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de manifestations cliniques graves chez le f\u0153tus ou \u00e0 la naissance.<\/p>\n<p>Les objectifs \u00e9taient de d\u00e9crire les cas suspects de la toxoplasmose cong\u00e9nitale et d\u00e9terminer le niveau de connaissance du personnel soignant sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale. Pour contribuer \u00e0 la connaissance et l\u2019am\u00e9lioration de la prise en charge de la toxoplasmose cong\u00e9nitale \u00e0 Lubumbashi, nous avons r\u00e9alis\u00e9 l\u2019\u00e9tude mixte ayant combin\u00e9 les donn\u00e9es quantitatives provenant des cas suspects de la toxoplasmose cong\u00e9nitale\u00a0; et les donn\u00e9es qualitatives provenant d\u2019une enqu\u00eate qui a \u00e9t\u00e9 faite sur les connaissances, attitudes et pratiques du personnel soignant en rapport avec la toxoplasmose cong\u00e9nitale sur 152 personnel soignant\u00a0des Cliniques Universitaires et de l\u2019H\u00f4pital G\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9f\u00e9rence Jason Sendwe, mais aussi des interviews r\u00e9alis\u00e9es avec les gestionnaires de laboratoire de la ville de Lubumbashi . L\u2019\u00e9chantillonnage \u00e9tait exhaustif pour les cas suspects de toxoplasmose\u00a0; de convenance pour le personnel soignant et les gestionnaires de laboratoire. Les statistiques descriptives usuelles ont \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9es pour pr\u00e9senter les r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Nous avons observ\u00e9 12 cas de malformations cong\u00e9nitales suspects de la toxoplasmose cong\u00e9nitale dont 10 cas d\u2019hydroc\u00e9phalie et 2 de micro calcifications c\u00e9r\u00e9brales\u00a0; respectivement 7 aux C.U.L et 5 \u00e0 l\u2019H.G.P. Jason Sendwe. La plupart de nouveau-n\u00e9s \u00e9taient du genre masculin (9)\u00a0; n\u00e9s \u00e0 terme et 3 autres f\u00e9minins dont, 10 n\u00e9s par c\u00e9sarienne indiqu\u00e9e pour dysproportion foeto-pelvienne parmi lesquels 5 transf\u00e9r\u00e9s des autres structures sanitaires pour la prise en charge appropri\u00e9e de la macroc\u00e9phalie constat\u00e9e depuis la naissance et la survenue de dyspn\u00e9e. \u00c0 leur admission, tous pr\u00e9sentaient des signes vitaux et param\u00e8tres anthropom\u00e9triques perturb\u00e9s avec la clinique tr\u00e8s vari\u00e9e faite de macrocranie, ict\u00e8re, fontanelle ant\u00e9rieure bomb\u00e9e, regard en coucher du soleil. Les hypoth\u00e8ses diagnostiques \u00e9taient en faveur de l\u2019Hydroc\u00e9phalie secondaire au syndrome TORSCH. L\u2019\u00e9chographie transfontanellaire a confirm\u00e9 l\u2019hydroc\u00e9phalie sur 10 cas et le scanner c\u00e9r\u00e9brale a mis en \u00e9vidence 2 cas des micro calcifications c\u00e9r\u00e9brales. La s\u00e9rologie TORSCH a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les immunoglobulines G toxoplasma(IgG) tr\u00e8s \u00e9l\u00e9v\u00e9es pour la majorit\u00e9 des nouveau-n\u00e9s\u00a0; et celle r\u00e9alis\u00e9e sur leurs m\u00e8res a montr\u00e9 \u00e9galement les immunoglobulines G toxoplasma(IgG) \u00e9lev\u00e9s mais aussi les immunoglobulines M toxoplasma(IgM) sur 9 cas et les immunoglobulines G toxoplasma(IgG) seules \u00e9lev\u00e9s sur 3 cas. La PCR sur le liquide amniotique ou sur le sang des nouveau-n\u00e9s pour le diagnostic de certitude n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 faite. Les gestionnaires des laboratoires ont mentionn\u00e9 l\u2019absence de moyens de confirmation du diagnostic de la toxoplasmose \u00e0 Lubumbashi. Sur les12 cas suspects de malformations cong\u00e9nitales observ\u00e9s, 8 sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s , soit 66,67%.<\/p>\n<p>Quant au personnel soignant, le niveau de connaissance satisfaisante a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 au sujet de la toxoplasmose cong\u00e9nitale\u00a0; soit 95,40% des r\u00e9pondants. La plupart des participants connaissaient le toxoplasma gondii comme la cause de la toxoplasmose cong\u00e9nitale soit 93,52% avec la transmission verticale comme voie de contamination soit 94,08%\u00a0et la majorit\u00e9 ont reconnu avoir appris la toxoplasmose cong\u00e9nitale \u00e0 l\u2019universit\u00e9 soit 61,37%.<\/p>\n<p>Les attitudes identifi\u00e9es du personnel soignant en rapport avec la pathologie \u00e9taient d\u2019un niveau acceptable car les r\u00e9pondants accordaient majoritairement leur confiance \u00e0 l\u2019information sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale venant des m\u00e9decins et praticiens de la sant\u00e9 soit 96,71%. Et face \u00e0 la suspicion de toxoplasmose cong\u00e9nitale chez le nouveau-n\u00e9, la majorit\u00e9 choisissait de parler \u00e0 un personnel soignant soit 68,40%\u00a0; tout en prodiguant les mesures prophylactiques aux parents ( \u00e9viction du chat ) soit 72,36% .<\/p>\n<p>Les pratiques d\u00e9cel\u00e9es \u00e9taient d\u2019un niveau plus au moins bas car, moins de la moiti\u00e9 des r\u00e9pondants disaient avoir d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se diagnostique de toxoplasmose cong\u00e9nitale dans l\u2019exercice de leur fonction sur base de la clinique et paraclinique pr\u00e9sent\u00e9es par les nouveau-n\u00e9s ou alors les gestantes. Les participants disaient avoir instaur\u00e9 le traitement soit 45,39% et plus de la moiti\u00e9 des patients \u00e9taient rest\u00e9s avec des s\u00e9quelles neurologiques soit 52,50%\u00a0.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats impliquent qu\u2019une mise en place d\u2019un moyen diagnostic ad\u00e9quat est imp\u00e9ratif dans la ville de Lubumbashi et qu\u2019une am\u00e9lioration du protocole de prise en charge soit envisag\u00e9e pour optimiser les r\u00e9sultats cliniques.<\/p>\n<p><strong>Mots cl\u00e9s\u00a0: <\/strong>connaissances, attitudes, pratiques, toxoplasmose cong\u00e9nitale, Lubumbashi.<\/p>\n<p><strong>I. INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p><strong>I.1. \u00c9tat de la question<\/strong><\/p>\n<p>La toxoplasmose est l\u2019une des infections chroniques courantes caus\u00e9es par le parasite Toxoplasma gondii. M\u00eame si son infection chez les femmes non enceintes en bonne sant\u00e9 est spontan\u00e9ment r\u00e9solutive et largement asymptomatique, la principale pr\u00e9occupation est le risque pour le f\u0153tus par transmission verticale pendant la grossesse [ 1].<\/p>\n<p>La toxoplasmose cong\u00e9nitale a un impact important sur les maladies humaines dans le monde entier, induisant de graves cons\u00e9quences du f\u0153tus \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte [2]. La toxoplasmose cong\u00e9nitale, r\u00e9sultant d\u2019une transmission verticale \u00e0 partir de m\u00e8res infect\u00e9es, est une cause importante de morbidit\u00e9 et de mortalit\u00e9 chez les f\u0153tus, les nouveau-n\u00e9s et les enfants [3]. La forme trophozo\u00efte peut \u00eatre \u00e0 l&#8217;origine d&#8217;une contamination du f\u0153tus, par passage transplacentaire lors de la primo infection toxoplasmique chez la femme enceinte. Selon l&#8217;\u00e9tat du placenta et la date de la contamination toxoplasmique, il peut r\u00e9sulter de cette contamination, des avortements ou des anomalies f\u0153tales graves d\u00e9crivant la toxoplamsose cong\u00e9nitale (TC) [4]. Les femmes enceintes non immunis\u00e9es (absence dans leur s\u00e9rum des IgG et des IgM anti-toxoplasmes) constituent de ce fait un groupe \u00e0 risque important. La strat\u00e9gie de d\u00e9pistage syst\u00e9matique des femmes enceintes a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e avec succ\u00e8s dans certains pays permettant le traitement pr\u00e9coce du couple m\u00e8re-f\u0153tus et la prise en charge de l&#8217;enfant d\u00e8s la naissance. En Europe, des auteurs rapportaient une s\u00e9ropr\u00e9valence toxoplasmique d\u00e9finie par la pr\u00e9sence dans leur s\u00e9rum des IgG anti-toxoplasmes de 43% en France [5] et 28,3% en Italie au cours de la grossesse [6].<\/p>\n<p>En Afrique en milieu urbain, les s\u00e9ropr\u00e9valences de la toxoplasmose au cours de la grossesse varient de 31% au Burkina Faso [7], 34,5% au S\u00e9n\u00e9gal [8], 43,7% au Nig\u00e9ria [9], 50,6% au Maroc [10], 56% au Gabon [11], \u00e0 60% \u00e0 Yopougon en C\u00f4te d&#8217;Ivoire en 2004 et en Centrafrique [12, 13]. Cependant, une infection primaire chez les femmes enceintes peut infecter le f\u0153tus par transmission transplacentaire. Le risque de transmission de la m\u00e8re \u00e0 l\u2019enfant d\u00e9pend de la semaine de grossesse au moment de l\u2019infection maternelle : il est faible au premier trimestre, peut atteindre 90 % dans les derniers jours de la grossesse. \u00c0 l\u2019inverse, cependant, la maladie f\u0153tale est plus grave lorsque l\u2019infection survient au d\u00e9but de la grossesse que plus tard. Des tests s\u00e9rologiques syst\u00e9matiques chez les femmes enceintes qui n\u2019ont pas d\u2019anticorps au d\u00e9but de la grossesse peuvent r\u00e9v\u00e9ler avec pr\u00e9cision une infection maternelle active. Par cons\u00e9quent, le risque d\u2019infection f\u0153tale doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9 et un traitement pr\u00e9ventif \u00e0 la spiramycine doit \u00eatre instaur\u00e9 d\u00e8s que possible afin de r\u00e9duire le risque de transmission de la m\u00e8re \u00e0 l\u2019enfant et la gravit\u00e9 de l\u2019infection f\u0153tale. D\u2019une part, lorsque l\u2019infection maternelle est confirm\u00e9e, un diagnostic pr\u00e9natal par r\u00e9action en cha\u00eene par polym\u00e9rase (PCR) sur liquide amniotique est recommand\u00e9. Et d\u2019autre part, si l\u2019infection f\u0153tale est certaine\u00a0; le traitement maternel est remplac\u00e9 par une association de pyrim\u00e9thamine-sulfonamide et d\u2019acide folinique. Les nouveau-n\u00e9s infect\u00e9s cong\u00e9nitalement sont g\u00e9n\u00e9ralement asymptomatiques \u00e0 la naissance, mais ils sont \u00e0 risque de s\u00e9quelles tardives, comme la c\u00e9cit\u00e9. Lorsque l\u2019infection cong\u00e9nitale est \u00e9vidente, la maladie comprend la r\u00e9tinochoro\u00efdite, les calcifications c\u00e9r\u00e9brales, l\u2019hydroc\u00e9phalie et les troubles neurocognitifs [15].<\/p>\n<p>La toxoplasmose cong\u00e9nitale peut entra\u00eener des l\u00e9sions neurologiques permanentes et m\u00eame une morbidit\u00e9 grave telle que la c\u00e9cit\u00e9. Des programmes de d\u00e9pistage sont mis en \u0153uvre dans diff\u00e9rents pays en fonction de la pr\u00e9valence et de la virulence du parasite dans les r\u00e9gions respectives. D\u00e8s le diagnostic d\u2019infection, une antibioth\u00e9rapie appropri\u00e9e doit \u00eatre instaur\u00e9e, car il a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 qu\u2019elle r\u00e9duit le risque de transmission f\u0153tale. La pr\u00e9vention primaire reste l\u2019intervention cl\u00e9 pour \u00e9viter l\u2019infection et, par cons\u00e9quent, l\u2019\u00e9ducation du patient est un aspect important de la prise en charge [1] .<\/p>\n<p>La toxoplasmose animale est semblable \u00e0 celle de l\u2019homme. Toutefois, elle est surtout observ\u00e9e chez le mouton et le porc chez qui, elle se traduit principalement par des avortements. Une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 Kinshasa en 2016 montre 14,7% des chats positifs \u00e0 la toxoplasmose [ 17]. La pr\u00e9valence de la toxoplasmose humaine varie en fonction des habitudes alimentaires, des conditions hygi\u00e9niques, de la pr\u00e9sence de l\u2019h\u00f4te d\u00e9finitif (chat) et du climat [20].<\/p>\n<p><strong>I.2. Probl\u00e9matique<\/strong><\/p>\n<p>La toxoplasmose cong\u00e9nitale constitue un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo selon une \u00e9tude s\u00e9rologique men\u00e9e en 2014 \u00e0 Kinshasa montrant 80,3 % des femmes enceintes infest\u00e9es par le Toxoplasma gondii [18]. Un cas d\u2019anasarque foeto-placentaire li\u00e9e \u00e0 la toxoplasmose maternelle a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 en 2018 \u00e0 Lubumbashi [19]. Un autre cas de toxoplasmose cong\u00e9nitale chez un nouveau-n\u00e9 ayant d\u00e9velopp\u00e9 l\u2019hydranenc\u00e9phalie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit aux cliniques universitaires de Lubumbashi en 2024 [22]. \u00c0 l\u2019\u00e8re du troisi\u00e8me mill\u00e9naire o\u00f9 les pays en voie de d\u00e9veloppement tels que la R.D.C, ont un d\u00e9fi majeur \u00e0 relever dans diff\u00e9rents domaines, la qualit\u00e9 de vie des nouveau-n\u00e9s est d\u2019une importance grandissante surtout que ces derniers sont pr\u00e9dispos\u00e9s \u00e0 plusieurs pathologies zoonotiques telle que la toxoplasmose.<\/p>\n<p>La ville de Lubumbashi\u00a0est confront\u00e9e aux multiples d\u00e9fis en rapport avec la toxoplasmose cong\u00e9nitale tels que\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Probl\u00e8me du diagnostic<\/strong>\u00a0: le sous diagnostic, les sorties pr\u00e9coces des maternit\u00e9s, retard de consultation, manque des r\u00e9actifs pour les investigations pouss\u00e9es telles que la PCR ( r\u00e9actions de polym\u00e9risation en chaines ), carence du personnel qualifi\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Probl\u00e8me de prise en charge<\/strong>\u00a0: Absence de trousses d\u2019urgences et du protocole th\u00e9rapeutique .<\/p>\n<p><strong>Inaccessibilit\u00e9 des soins appropri\u00e9s pour la majorit\u00e9 des nouveau-n\u00e9s<\/strong>\u00a0: les ressources limit\u00e9es des m\u00e9nages, les naissances en dehors des h\u00f4pitaux, l\u2019acc\u00e8s limit\u00e9 \u00e0 des \u00e9tablissements de sant\u00e9 disposant des ressources pour traiter la toxoplasmose cong\u00e9nitale, faible capacit\u00e9 d\u2019accueil des unit\u00e9s de n\u00e9onatologie, cout de la prise en charge globale inaccessible pour la majorit\u00e9 des cas.<\/p>\n<p><strong>Absence des donn\u00e9es \u00e9pid\u00e9miologiques\u00a0<\/strong>: la toxoplasmose cong\u00e9nitale reste dans notre milieu\u00a0; une maladie peu explor\u00e9e et dont les donn\u00e9es sont quasi-absentes.<\/p>\n<p><strong>I.3. Question de recherche<\/strong><\/p>\n<p>Quel serait le niveau de connaissance, de pratique et d\u2019attitude du personnel soignant \u00e0 Lubumbashi\u00a0face \u00e0 la toxoplasmose cong\u00e9nitale?<\/p>\n<p><strong>I.4. Choix et int\u00e9r\u00eat du sujet<\/strong><\/p>\n<p>Quoique certaines \u00e9tudes se soient pench\u00e9es sur ce sujet, les investigations portant sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale sont rares \u00e0 Lubumbashi. Il ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que la toxoplasmose cong\u00e9nitale constitue un probl\u00e8me complexe ayant les cons\u00e9quences importantes en terme de sant\u00e9 publique, puisqu\u2019il impacte directement sur la mortalit\u00e9 n\u00e9onatale\u00a0; \u00e9tant parmi les indicateurs cl\u00e9s de la sant\u00e9 infantile. La mortalit\u00e9 n\u00e9onatale reste tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e et tr\u00e8s pr\u00e9occupante dans le pays en voie de d\u00e9veloppement et il est donc tout \u00e0 fait justifi\u00e9 de mener les investigations sur la connaissance, les attitudes et pratiques du personnel soignant sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale et l\u2019issue des nouveau-n\u00e9s dans notre milieu.<\/p>\n<p>I.<strong>5. Objectifs du travail<\/strong><\/p>\n<p>I.5.1 G\u00e9n\u00e9ral<\/p>\n<p>L\u2019objectif g\u00e9n\u00e9ral est de contribuer \u00e0 la connaissance et l\u2019am\u00e9lioration de la prise en charge de la toxoplasmose cong\u00e9nitale \u00e0 Lubumbashi.<\/p>\n<p>I.5.2 Sp\u00e9cifiques<\/p>\n<p>De cette consid\u00e9ration d\u00e9coulent les objectifs sp\u00e9cifiques ci-apr\u00e8s\u00a0:<\/p>\n<p>D\u00e9crire les cas suspects de la toxoplasmose cong\u00e9nitale observ\u00e9s \u00e0 Lubumbashi.<\/p>\n<p>D\u00e9terminer le niveau de connaissance de la toxoplasmose cong\u00e9nitale du personnel soignant.<\/p>\n<p><strong>II. METHODOLOGIE<\/strong><\/p>\n<p><strong>II.1. Cadre d\u2019\u00e9tude<\/strong><\/p>\n<p>Notre \u00e9tude est r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 Lubumbashi (cliniques universitaires et l\u2019h\u00f4pital provincial de r\u00e9f\u00e9rence Jason Sendwe)\u00a0; deux h\u00f4pitaux de r\u00e9f\u00e9rence de la ville de Lubumbashi du niveau tertiaire, ayant le service de n\u00e9onatologie choisis sur base de la qualit\u00e9 des services de n\u00e9onatologie\u00a0;avec la capacit\u00e9 d\u2019accueil plus importante sur la ville, assur\u00e9s par plusieurs m\u00e9decins et supervis\u00e9s par un nombre important des sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p>II.2. Type d\u2019\u00e9tude<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9tude mixte s\u00e9quentielle dont les donn\u00e9es quantitatives proviennent des cas suspects de toxoplasmose cong\u00e9nitale et les donn\u00e9es qualitatives sont issues d\u2019une enqu\u00eate CAP men\u00e9e aupr\u00e8s du personnel soignant et des discussions avec les gestionnaires des laboratoires dans la ville de Lubumbashi.<\/p>\n<p>II.3. P\u00e9riode d\u2019\u00e9tude<\/p>\n<p>Nous avons inclus les cas suspects de toxoplasmose trait\u00e9s de septembre 2023 \u00e0 septembre 2024. La collecte des donn\u00e9es s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e durant la p\u00e9riode allant de Janvier \u00e0 Mars 2025 pour tous les trois niveaux d\u2019enqu\u00eate.<\/p>\n<p>II.4. Population d\u2019\u00e9tude<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude a cibl\u00e9 les cas de toxoplasmose cong\u00e9nitale trait\u00e9s dans les deux h\u00f4pitaux, les gestionnaires des laboratoires et le personnel soignant .<\/p>\n<p>II.5. Crit\u00e8res<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8res d\u2019inclusion<\/strong>: pour les patients, avoir un dossier m\u00e9dical dans les deux h\u00f4pitaux et avoir un diagnostic de toxoplasmose pendant la p\u00e9riode d\u2019\u00e9tude\u00a0; et pour les prestataires, \u00eatre personnel soignant dans les deux h\u00f4pitaux pr\u00e9cit\u00e9s, avoir consenti \u00e0 l\u2019enqu\u00eate, \u00eatre disponible lors des \u00e9changes ( enqu\u00eate )\u00a0; pour les prestataires de laboratoires, \u00eatre gestionnaire des laboratoires cibl\u00e9s ( en fonction de leur plateau technique assez \u00e9lev\u00e9 et \u00eatre un laboratoire certifi\u00e9 ISO ou en voie de certification ) et accepter de r\u00e9pondre \u00e0 nos questions .<\/p>\n<p><strong>Crit\u00e8res d\u2019exclusion\u00a0: <\/strong>Les cas non document\u00e9s dans les deux h\u00f4pitaux<strong>, <\/strong>tout personnel soignant ne travaillant pas dans les deux h\u00f4pitaux pr\u00e9cit\u00e9s\u00a0<strong>,\u00a0<\/strong>tout laboratoire non engag\u00e9 dans le processus de certification ISO ou non cibl\u00e9.<\/p>\n<p>II.6. M\u00e9thode d\u2019\u00e9chantillonnage et taille d\u2019\u00e9chantillon<\/p>\n<p>Nous avons inclu de fa\u00e7on exhaustive tous les cas de toxoplasmose document\u00e9s dans les deux h\u00f4pitaux. Non exhaustif de convenance pour le personnel soignant et raisonn\u00e9 pour les gestionnaires de laboratoire. Ainsi donc, nous avons utilis\u00e9 la taille d\u2019\u00e9chantillon de 12 cas de toxoplasmose, 3 gestionnaires de laboratoire et152 personnels soignants.<\/p>\n<p>II.7. Technique et outils de collecte<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es \u00e0 partir d\u2019une fiche de collecte des donn\u00e9es pour les cas de toxoplasmose cong\u00e9nitale et du questionnaire d\u2019enqu\u00eates, administr\u00e9 aux participants par interview (gestionnaire de laboratoire et personnel soignant) . la revue documentaire et l\u2019interview ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour collecter les donn\u00e9es.<\/p>\n<p>II.8. Les variables retenues<\/p>\n<p>Nous avons proc\u00e9d\u00e9 aux regroupements ci-apr\u00e8s\u00a0:<\/p>\n<p><strong>II.8.1. Les donn\u00e9es quantitatives\u00a0<\/strong>: identit\u00e9 des cas, ant\u00e9c\u00e9dents des gestantes, moyens diagnostic, traitement et issue des patients.<\/p>\n<p><strong>II.8.2. Les donn\u00e9es qualitatives<\/strong>\u00a0: limites et obstacles li\u00e9s au diagnostic de toxoplasmose cong\u00e9nitale, identit\u00e9, connaissances, attitudes, pratiques du personnel soignant.<\/p>\n<p><strong>Les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019identit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Le sexe<\/p>\n<p>La profession<\/p>\n<p>La prestation<\/p>\n<p><strong>Les connaissances<\/strong><\/p>\n<p>Connaissance de la toxoplasmose cong\u00e9nitale<\/p>\n<p>Connaissance sur l\u2019agent causal de la toxoplasmose<\/p>\n<p>Connaissance sur de signes cliniques de la toxoplasmose cong\u00e9nitale<\/p>\n<p>Connaissance sur le canal d\u2019apprentissage de la toxoplasmose cong\u00e9nitale<\/p>\n<p>Connaissance sur la voie de transmission de la toxoplasmose cong\u00e9nitale<\/p>\n<p>Connaissance sur l\u2019issue de la toxoplasmose cong\u00e9nitale<\/p>\n<p><strong>Les attitudes<\/strong><\/p>\n<p>La distribution de proportion d\u2019attitudes de confiance accord\u00e9e \u00e0 la source d\u2019information de la toxoplasmose cong\u00e9nitale<\/p>\n<p>La distribution de proportion d\u2019attitudes sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale chez un nouveau-n\u00e9<\/p>\n<p>La distribution de proportion d\u2019attitudes sur la motivation de poser l\u2019hypoth\u00e8se diagnostique de la toxoplasmose cong\u00e9nitale<\/p>\n<p><strong>Pratiques <\/strong><\/p>\n<p>Pratiques face au cas de toxoplasmose cong\u00e9nitale<\/p>\n<p>Pratiques face au cas de toxoplasmose chez la femme enceinte<\/p>\n<p>Pratiques de pr\u00e9vention devant le cas de toxoplasmose .<\/p>\n<p>II.9. Gestion des donn\u00e9es et analyses statistiques<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude ont \u00e9t\u00e9 saisis avec le logiciel Word 2021 version<\/p>\n<p>Encod\u00e9s avec le logiciel Excel 2021 version 16.0.<\/p>\n<p>Ils sont analys\u00e9s avec le logiciel Epi Info 2021 version 7.2.6.<\/p>\n<p>II.10. Consid\u00e9rations \u00e9thiques et administratives<\/p>\n<p>Avant le d\u00e9but de notre \u00e9tude, nous avons obtenu le consentement \u00e9clair\u00e9 des participants.<\/p>\n<p>Toutes les institutions ayant particip\u00e9 \u00e0 notre \u00e9tude ont donn\u00e9 librement leur consentement.<\/p>\n<p><strong>III. LES R\u00c9SULTATS<\/strong><\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats de notre \u00e9tude sont pr\u00e9sent\u00e9s dans les tableaux et figures ci- apr\u00e8s\u00a0:<\/p>\n<p>III.1. DESCRIPTION DES CAS SUSPECTS OBSERV\u00c9S DE TOXOPLASMOSE CONG\u00c9NITALE<\/p>\n<p>Nous avons observ\u00e9 12 cas de malformations cong\u00e9nitales suspects de la toxoplasmose cong\u00e9nitale dont 10 cas d\u2019hydroc\u00e9phalie et 2 cas de micro calcifications c\u00e9r\u00e9brales\u00a0; respectivement 7 aux C.U.L et 5 \u00e0 l\u2019H.G.P. Jason Sendwe de septembre 2023 \u00e0 septembre 2024, soit une dur\u00e9e d\u2019une ann\u00e9e.<\/p>\n<p>La plupart de nouveau-n\u00e9s \u00e9taient du genre masculin (9)\u00a0; n\u00e9s \u00e0 terme et 3 autres f\u00e9minins dont 10 n\u00e9s par c\u00e9sarienne indiqu\u00e9e pour disproportion foeto-pelvienne parmi lesquels 5 transf\u00e9r\u00e9s des autres structures sanitaires pour la prise en charge appropri\u00e9e de la macroc\u00e9phalie constat\u00e9e depuis la naissance et la survenue de dyspn\u00e9e. Signalons que la majorit\u00e9 des m\u00e8res \u00e9taient \u00e2g\u00e9es de 20 \u00e0 40 ans, multipares et m\u00e9nag\u00e8res, cohabitant avec le chat depuis plus de 3 ans avec identit\u00e9s obst\u00e9tricales vari\u00e9es dont n\u2019ayant pas suivi les consultations pr\u00e9natales (C.P.N ) ou les ayant irr\u00e9guli\u00e8rement suivies et les \u00e9chographies r\u00e9alis\u00e9es aux deux premiers trimestres de grossesse n\u2019ayant pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 grand chose pour la majorit\u00e9 des gestantes.<\/p>\n<p>\u00c0 leur admission, tous pr\u00e9sentaient des signes vitaux et param\u00e8tres anthropom\u00e9triques perturb\u00e9s avec la clinique tr\u00e8s vari\u00e9e faite de macrocranie, ict\u00e8re, fontanelle ant\u00e9rieure bomb\u00e9e, regard en coucher du soleil. Les hypoth\u00e8ses diagnostiques \u00e9taient en faveur de l\u2019 Hydroc\u00e9phalie secondaire au syndrome TORSCH. L\u2019\u00e9chographie transfontanellaire a confirm\u00e9 l\u2019hydroc\u00e9phalie sur 10 cas et le scanner c\u00e9r\u00e9brale a mis en \u00e9vidence 2 cas des microcalcifications c\u00e9r\u00e9brales. La s\u00e9rologie TORSCH a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les immunoglobulines G toxoplasma(IgG) tr\u00e8s \u00e9l\u00e9v\u00e9es pour la majorit\u00e9 des nouveau-n\u00e9s\u00a0; et celle r\u00e9alis\u00e9e sur leurs m\u00e8res a montr\u00e9 \u00e9galement les immunoglobulines G toxoplasma(IgG) \u00e9l\u00e9v\u00e9es mais aussi les immunoglobulines M toxoplasma(IgM) sur 9 cas et les immunoglobulines G toxoplasma(IgG) seules \u00e9l\u00e9v\u00e9es sur 3 cas. La majorit\u00e9 des patients ont eu un traitement m\u00e9dical fait de cotrimoxazole (8 cas), 2 patients ont recu de l\u2019azythromycine et 2 autres ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la trith\u00e9rapie antibiotique injectable fait de l\u2019amoxicilline, cefotaxime et amikacine. En plus du traitement m\u00e9dical, trois patients ont eu un traitement chirurgical ( d\u00e9rivation ventriculo-p\u00e9riton\u00e9ale ). L\u2019issue de ces 12 patients est pr\u00e9sent\u00e9e au tableau ci-dessous\u00a0:<\/p>\n<p>Par manque des mat\u00e9riels n\u00e9cessaires dans notre milieu , la PCR sur le liquide amniotique ou sur le sang des nouveau-n\u00e9s pour le diagnostic de certitude n\u2019a \u00e9t\u00e9 faite sur aucun de ces 12 cas suspects.<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>I<\/strong><strong> : R\u00e9partition des malformations cong\u00e9nitales suspectes de la toxoplasmose cong\u00e9nitale selon diff\u00e9rents param\u00e8tres.<\/strong><\/p>\n<p>III.2. LES LIMITES OU OBSTACLES AU DIAGNOSTIC DE TOXOPLASMOSE CONG\u00c9NITALE<\/p>\n<p>L\u2019interview r\u00e9alis\u00e9e avec les gestionnaires de trois laboratoires susmentionn\u00e9s a identifi\u00e9 les limites ou obstacles au diagnostic de toxoplasmose cong\u00e9nitale \u00e0 Lubumbashi ci-apr\u00e8s :<\/p>\n<p>Absence de sympt\u00f4mes \u00e0 la naissance : De nombreux nouveau-n\u00e9s infect\u00e9s sont asymptomatiques, ce qui complique la d\u00e9tection pr\u00e9coce.<\/p>\n<p>Fiabilit\u00e9 des tests s\u00e9rologiques : La s\u00e9rologie maternelle peut \u00eatre difficile \u00e0 interpr\u00e9ter, notamment en cas de s\u00e9roconversion tardive ou de faible taux d&#8217;anticorps. La fiabilit\u00e9 des tests s\u00e9rologiques constitue un obstacle majeur pour le diagnostic de la toxoplasmose cong\u00e9nitale pour plusieurs raisons :<\/p>\n<p><em>Interpr\u00e9tation complexe des anticorps<\/em><em> Le diagnostic repose principalement sur la d\u00e9tection des anticorps IgG et IgM. Or, les IgG maternelles traversent le placenta et peuvent persister dans le nouveau-n\u00e9 pendant plusieurs mois, rendant difficile la distinction entre une transmission passive et une infection f\u0153tale active. Par ailleurs, la production d\u2019IgM par le f\u0153tus \u2013 qui serait plus sp\u00e9cifique \u00e0 une infection cong\u00e9nitale \u2013 peut \u00eatre insuffisante ou en dessous du seuil de d\u00e9tection dans certains cas. Cela conduit \u00e0 des difficult\u00e9s pour interpr\u00e9ter, avec pr\u00e9cision, la pr\u00e9sence ou l&#8217;absence d&#8217;une infection chez l&#8217;enfant.<\/em><\/p>\n<p><em>Fen\u00eatre s\u00e9rologique et \u00e9volution de l\u2019infection<\/em><em> La dynamique de la r\u00e9ponse immunitaire joue \u00e9galement en d\u00e9faveur du diagnostic. Si le test est r\u00e9alis\u00e9 trop t\u00f4t apr\u00e8s l&#8217;infection, le f\u0153tus ou le nouveau-n\u00e9 ne dispose pas encore d\u2019un taux d\u00e9tectable d\u2019anticorps, ce qui peut entra\u00eener des faux n\u00e9gatifs. En revanche, des IgM persistent parfois pendant plusieurs mois apr\u00e8s l&#8217;infection primaire, ce qui peut compliquer la datation de l&#8217;infection maternelle et l\u2019\u00e9valuation du risque de transmission f\u0153tale. Ainsi, le mauvais timing des pr\u00e9l\u00e8vements peut limiter la fiabilit\u00e9 de ces tests pour \u00e9tablir un diagnostic d\u00e9finitif.<\/em><\/p>\n<p><em>Variabilit\u00e9 des techniques et standardisation<\/em><em> Il existe une h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans la sensibilit\u00e9 et la sp\u00e9cificit\u00e9 des diff\u00e9rents tests s\u00e9rologiques utilis\u00e9s, ainsi qu\u2019un manque de standardisation entre les laboratoires. Certains tests peuvent d\u00e9tecter des niveaux tr\u00e8s faibles d\u2019anticorps, tandis que d\u2019autres manquent de sensibilit\u00e9, menant \u00e0 des interpr\u00e9tations divergentes. Cette variabilit\u00e9 technique complique la mise en place d\u2019une strat\u00e9gie diagnostique uniforme et robuste, surtout dans le contexte de la surveillance de la femme enceinte et du diagnostic f\u0153tal.<\/em><\/p>\n<p><em>En somme, la complexit\u00e9 du transfert d\u2019anticorps de la m\u00e8re \u00e0 l\u2019enfant, la fen\u00eatre temporelle critique de la r\u00e9ponse immunitaire et la variabilit\u00e9 des tests contribuent toutes \u00e0 r\u00e9duire la fiabilit\u00e9 des tests s\u00e9rologiques dans le diagnostic de la toxoplasmose cong\u00e9nitale. Des approches compl\u00e9mentaires, comme la PCR sur liquide amniotique ou des techniques d\u2019imagerie f\u0153tale, sont souvent n\u00e9cessaires pour pallier ces limitations. D&#8217;autres aspects int\u00e9ressants pourraient \u00eatre l&#8217;am\u00e9lioration des m\u00e9thodes de d\u00e9tection et les perspectives de nouveaux biomarqueurs afin d&#8217;optimiser la pr\u00e9cision du diagnostic. <\/em><\/p>\n<p>Limites du diagnostic pr\u00e9natal : L\u2019amniocent\u00e8se et l\u2019\u00e9chographie peuvent ne pas d\u00e9tecter toutes les anomalies, surtout si l\u2019infection survient en fin de grossesse.<\/p>\n<p>Acc\u00e8s limit\u00e9 aux tests avanc\u00e9s : Dans certaines r\u00e9gions, les tests PCR et les examens sp\u00e9cialis\u00e9s comme l\u2019IRM f\u0153tale ne sont pas toujours disponibles.<\/p>\n<p>Risque de faux n\u00e9gatifs : L\u2019absence d\u2019anomalies \u00e9chographiques ne permet pas d\u2019exclure totalement l\u2019infection, n\u00e9cessitant une surveillance prolong\u00e9e.<\/p>\n<p>III.3. DONN\u00c9ES SOCIO \u2013 D\u00c9MOGRAPHIQUES DE L\u2019\u00c9TUDE CAP<\/p>\n<p>Le personnel soignant masculin \u00e9tait majoritaire dans la participation \u00e0 cette \u00e9tude avec un effectif de 88\u00a0;soit 57,89%.<\/p>\n<p><strong>Figure 1 : R\u00e9partition des participants selon leur genre.<\/strong><\/p>\n<p>La tranche d\u2019\u00e2ge entre 20 et 30 ans est celle ayant particip\u00e9 majoritairement avec 67 r\u00e9pondants\u00a0; soit 44,08%.<\/p>\n<p><strong>Figure<\/strong> 2 <strong>: R\u00e9partition des participants \u00e0 l\u2019\u00e9tude selon leur tranche d\u2019\u00e2ge.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019h\u00f4pital provincial Jason Sendwe est minoritairement repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 cette \u00e9tude avec 69 r\u00e9pondants\u00a0;soit 45,39%.La majorit\u00e9 \u00e9tant aux Cliniques Universitaires de Lubumbashi avec un effectif de 83\u00a0; soit 54,61%.<\/p>\n<p><strong>Figure 3 : R\u00e9partition des r\u00e9pondants selon l\u2019institution de provenance<\/strong><\/p>\n<p>La figure ci-dessous montre que les infirmiers ont particip\u00e9 minoritairement avec 12,6% des r\u00e9pondants. La majorit\u00e9 \u00e9tant les m\u00e9decins \u00e0 64,2%.<\/p>\n<p><strong>Figure 4 : R\u00e9partition des r\u00e9pondants selon leur profession.<\/strong><\/p>\n<p>III.4. CONNAISSANCES DES ENQUET\u00c9S EN RAPPORT AVEC LA TOXOPLASMOSE CONG\u00c9NITALE<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>II<\/strong><strong> : Proportion des r\u00e9pondants selon leurs connaissances sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale.<\/strong><\/p>\n<p>Une forte majorit\u00e9 des r\u00e9pondants d\u00e9clare conna\u00eetre la toxoplasmose cong\u00e9nitale, avec un effectif de 145; soit 95,40%.<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>III<\/strong><strong> : Proportion des r\u00e9pondants sur la voie de contamination de la toxoplasmose cong\u00e9nitale.<\/strong><\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des r\u00e9pondants ont d\u00e9sign\u00e9 la transmission verticale \u00e9tant la voie de contamination de la toxoplasmose cong\u00e9nitale avec un effectif de 143\u00a0; soit 94,08%.<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>IV<\/strong><strong> : R\u00e9partition des r\u00e9pondants selon leurs sources d\u2019apprentissage sur la connaissance de la toxoplasmose cong\u00e9nitale.<\/strong><\/p>\n<p>Le tableau ci-dessus montrent que 144 r\u00e9pondants ont reconnu avoir une source d\u2019apprentissage sur la connaissance de la toxoplasmose cong\u00e9nitale et la majorit\u00e9 ont appris \u00e0 l\u2019universit\u00e9 avec un effectif de 89\u00a0; soit 61,37%. Un r\u00e9pondant n\u2019a reconnu aucune source et les 7 autres n\u2019ont rien r\u00e9pondu (n=145).<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>V<\/strong><strong> : Perception des r\u00e9pondants sur la cause de la toxoplasmose cong\u00e9nitale.<\/strong><\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des r\u00e9pondants ont reconnu le toxoplasma gondii comme la cause de la toxoplasmose cong\u00e9nitale avec un effectif de 142\u00a0; soit 93,52%.<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>VI<\/strong><strong> : Proportion des r\u00e9pondants selon leurs connaissances des signes cliniques de la Toxoplasmose cong\u00e9nitale.<\/strong><\/p>\n<p>Les r\u00e9pondants ont identifi\u00e9 majoritairement la fi\u00e8vre inexpliqu\u00e9e, les \u00e9ruptions cutan\u00e9es, les convulsions, l\u2019ict\u00e8re et les malformations cong\u00e9nitales comme les signes cliniques de la toxoplasmose cong\u00e9nitale avec un effectif de 57\u00a0; soit 37,50%.<\/p>\n<p>III.5. ATTITUDES DES ENQUET\u00c9S EN RAPPORT AVEC LA TOXOPLASMOSE CONG\u00c9NITALE<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>VII<\/strong><strong> : R\u00e9partition des r\u00e9pondants selon leurs attitudes sur la pr\u00e9vention de la Toxoplasmose cong\u00e9nitale.<\/strong><\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des r\u00e9pondants ont adopt\u00e9 l\u2019attitude d\u2019\u00e9viction de chats pour la pr\u00e9vention de la Toxoplasmose cong\u00e9nitale avec un effectif de 110\u00a0; soit 72,36%.<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>VIII<\/strong><strong> : R\u00e9partition des r\u00e9pondants selon leur attitude de confiance accord\u00e9e \u00e0 la source d\u2019information sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale.<\/strong><\/p>\n<p>Les r\u00e9pondants ont majoritairement accord\u00e9 leur confiance \u00e0 l\u2019information sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale venant des m\u00e9decins et praticiens de la sant\u00e9 avec un effectif de 147\u00a0; soit 96,71%.<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>IX<\/strong><strong> : Hypoth\u00e8se diagnostique des r\u00e9pondants sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale<\/strong><\/p>\n<p>Concernant l\u2019hypoth\u00e8se diagnostique des r\u00e9pondants sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale, plus de la moiti\u00e9 disent n\u2019avoir pas pos\u00e9 cette hypoth\u00e8se diagnostique dans l\u2019exercice de leur fonction\u00a0; soit 50,70% (n=138).<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong>X<strong> : Motivation des r\u00e9pondants pour postuler l\u2019hypoth\u00e8se diagnostique de toxoplasmose chez la gestante.<\/strong><\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des r\u00e9pondants ont \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9 sur base de la d\u00e9tection de la malformation foeto-embryonnaire \u00e0 l&#8217;imagerie m\u00e9dicale pour poser l\u2019hypoth\u00e8se diagnostic de toxoplasmose cong\u00e9nitale avec un effectif de 58\u00a0; soit 43,60% (n=133).<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>XI<\/strong><strong> : Attitude des r\u00e9pondants face \u00e0 la suspicion de toxoplasmose cong\u00e9nitale chez le nouveau-n\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Concernant l\u2019attitude des r\u00e9pondants face \u00e0 la suspicion de toxoplasmose cong\u00e9nitale chez le nouveau-n\u00e9, la majorit\u00e9 a choisi de parler \u00e0 un personnel soignant avec un effectif de 104\u00a0; soit 68,40%.<\/p>\n<p>III.6. PRATIQUES DES ENQUETES EN RAPPORT AVEC LA TOXOPLASMOSE CONGENITALE<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>XII<\/strong><strong> : Proportion des r\u00e9pondants selon leurs pratiques sur la prise en charge de la Toxoplasmose cong\u00e9nitale.<\/strong><\/p>\n<p>Les antiparasitaires ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s par la majorit\u00e9 des r\u00e9pondants pour traiter la toxoplasmose cong\u00e9nitale avec un effectif de 69\u00a0; soit 45,39%.<\/p>\n<p><strong>Tableau V<\/strong><strong>III<\/strong><strong> : R\u00e9partition des r\u00e9pondants selon leurs pratiques en cas de suspicion de toxoplasmose chez la femme enceinte.<\/strong><\/p>\n<p>La majorit\u00e9 du personnel soignant ont choisi la pratique de faire le toxo test, le dye test, la PCR si possible et administrer les antiparasitaires \u00e0 la gestante chez qui\u00a0, il y a suspicion de la toxoplasmose avec un effectif de 97\u00a0; soit 63,81%.<\/p>\n<p><strong>Tableau <\/strong><strong>XIV<\/strong><strong> : R\u00e9partition des pratiques des r\u00e9pondants face au nouveau-n\u00e9 suspect\u00e9 de toxoplasmose cong\u00e9nitale<\/strong><\/p>\n<p>Concernant la pratique des r\u00e9pondants face au nouveau-n\u00e9 suspect\u00e9 de toxoplasmose cong\u00e9nitale, la majorit\u00e9 ont choisi de faire le toxo test, le dye test, la PCR si possible et administrer les antiparasitaires avec un effectif de 94\u00a0; soit 61,84%.<\/p>\n<p><strong>IV. DISCUSSION<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons observ\u00e9 12 cas suspects de toxoplasmose cong\u00e9nitale dont 10 ont pr\u00e9sent\u00e9 l\u2019hydroc\u00e9phalie, soit 83,33% et deux ont manifest\u00e9 les micro calcifications c\u00e9r\u00e9brales, soit 16,67%. <strong>Brenda Tisini<\/strong> a \u00e9galement d\u00e9crit des complications neurologiques, telles que la triade classique qui se compose de chorior\u00e9tinite, hydroc\u00e9phalie et calcifications intracr\u00e2niennes. Les s\u00e9quelles neurologiques et ophtalmologiques peuvent \u00eatre retard\u00e9es pendant des ann\u00e9es, voire des d\u00e9cennies. Contrairement \u00e0 notre observation de la macrocranie pr\u00e9sent\u00e9e par la quasi-totalit\u00e9 des patients,<strong> Brenda Tisini<\/strong> d\u00e9crit une microc\u00e9phalie et des convulsions, \u00e9tant souvent au premier plan [21].<\/p>\n<p>Nos constatations sur les cas suspects ont mis en \u00e9vidence, le sexe masculin qui \u00e9tait majoritairement touch\u00e9 avec 9 cas, soit 75% . La majorit\u00e9 des cas ont eu un traitement m\u00e9dical 9 cas, soit 75% et plus de la moiti\u00e9 \u00e9taient d\u00e9c\u00e9d\u00e9s (8 cas), soit 66,67%. Alors que <strong>Pierre Aubry<\/strong> a rapport\u00e9 le cas de mort in ut\u00e9ro, d&#8217;accouchement pr\u00e9matur\u00e9 ou \u00e0 terme d&#8217;un enfant pr\u00e9sentant un tableau de toxoplasmose polyvisc\u00e9rale mortelle si la contamination f\u0153tale est pr\u00e9coce au premier trimestre de la grossesse, avant 10 semaines d\u2019am\u00e9norrh\u00e9e [26].<\/p>\n<p>Nos \u00e9changes avec les gestionnaires des laboratoires ont permis de d\u00e9gager les limites au diagnostic de toxoplasmose cong\u00e9nitale \u00e0 Lubumbashi telles que la fiabilit\u00e9 des tests, s\u00e9rologiques, risques de faux n\u00e9gatifs, acc\u00e8s limit\u00e9s aux tests avanc\u00e9s (PCR). Alors que <strong>Villard<\/strong> pr\u00e9cise que le diagnostic de choix de la toxoplasmose cong\u00e9nitale est la r\u00e9alisation d\u2019une PCR sur liquide amniotique durant la grossesse et cette technique est extr\u00eamement sp\u00e9cifique [33].<\/p>\n<p>Par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9tude CAP\u00a0, nous avons constat\u00e9 que le genre masculin \u00e9tait majoritaire dans la participation soit 57,89% et les infirmiers ont particip\u00e9 minoritairement avec 12,6% des r\u00e9pondants. Ceci rejoint presque l\u2019\u00e9tude men\u00e9e par <strong>Badibanga<\/strong> \u00e0 Kinshasa en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo qui a trouv\u00e9 58,2% des enqu\u00eat\u00e9s \u00e9tant du genre masculin\u00a0; et les infirmiers voire les sages-femmes ont \u00e9t\u00e9 minoritaires \u00e0 la participation de ladite \u00e9tude [45].<\/p>\n<p>Nos constatations ont fait mention d\u2019une forte majorit\u00e9 des r\u00e9pondants d\u00e9clarant conna\u00eetre la toxoplasmose cong\u00e9nitale\u00a0;soit 95,40% et la majorit\u00e9 ont choisi la bonne pratique de faire le toxo test, le dye test, la PCR si possible et administrer les antiparasitaires dans un effectif de 94; soit 61,84%. La tranche d\u2019\u00e2ge de 20 \u00e0 30 ans a particip\u00e9 en majorit\u00e9 \u00e0 44,08%. Contrairement au travail effectu\u00e9 par <strong>Badibanga <\/strong>\u00e0 Kinshasa ayant mis en \u00e9vidence 52,7% des enqu\u00eat\u00e9s qui avaient l\u2019\u00e2ge de plus de 55 ans avec bonne connaissance de la toxoplasmose cong\u00e9nitale \u00e0 53,8%\u00a0; mais une mauvaise pratique th\u00e9rapeutique et prophylactique soit 71,4% [45]. Alors que <strong>Brenda Tisini<\/strong> d\u00e9crit une s\u00e9rie de mesure des IgG (pour infection maternelle) et la PCR sur liquide amniotique (pour l&#8217;infection f\u0153tale). Les tests s\u00e9rologiques, l\u2019imagerie c\u00e9r\u00e9brale, l\u2019analyse du liquide c\u00e9phalorachidien, bilan ophtalmologique (pour le diagnostic d&#8217;infection n\u00e9onatale), et tests PCR sur les divers liquides ou tissus corporels. La s\u00e9rologie est importante pour poser le diagnostic des infections maternelles et cong\u00e9nitales [21] .<\/p>\n<p>Par rapport \u00e0 la contamination, la majorit\u00e9 des r\u00e9pondants dans notre ont d\u00e9sign\u00e9 la transmission verticale \u00e9tant la voie de contamination de la toxoplasmose cong\u00e9nitale avec un effectif de 143\u00a0; soit 94,08%. De m\u00eame, <strong>Pierre Aubry<\/strong> a d\u00e9crit la transmission materno-foetale en cas de toxoplasmose maternelle aigu\u00eb \u00e9tant approximativement de 20 \u00e0 33 %. La transmission est surtout importante au 3\u00e8me trimestre de la grossesse (58 \u00e0 72 %), versus 6 % au premier trimestre, or les cons\u00e9quences sont d\u2019autant plus graves que le f\u0153tus est jeune et ne dispose pas d\u2019un syst\u00e8me immunitaire mature [26]. <strong>Brenda Tisini <\/strong>a \u00e9galement d\u00e9crit la transmission verticale avec le taux de transmission au f\u0153tus plus \u00e9lev\u00e9 chez la femme infect\u00e9e tardivement pendant la grossesse. Cependant, les f\u0153tus infect\u00e9s plus t\u00f4t au cours de la grossesse ont g\u00e9n\u00e9ralement une atteinte plus s\u00e9v\u00e8re. Environ 30 \u00e0 40% des femmes infect\u00e9es pendant la grossesse auront un enfant porteur d&#8217;une infection cong\u00e9nitale [21].<\/p>\n<p>Dans notre \u00e9tude, les r\u00e9pondants ont identifi\u00e9 majoritairement la fi\u00e8vre inexpliqu\u00e9e, les \u00e9ruptions cutan\u00e9es, les convulsions, l\u2019ict\u00e8re et les malformations cong\u00e9nitales comme les signes cliniques de la toxoplasmose cong\u00e9nitale avec un effectif de 57\u00a0; soit 37,50%. La majorit\u00e9 des r\u00e9pondants ont \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9 sur base de la d\u00e9tection de la malformation foeto-embryonnaire \u00e0 l&#8217;imagerie m\u00e9dicale pour poser l\u2019hypoth\u00e8se diagnostique de toxoplasmose cong\u00e9nitale avec un effectif de 58\u00a0; soit 43,60% (n=133).<\/p>\n<p>Alors que <strong>Pierre Aubry<\/strong> rapporte la forme asymptomatique qui est tr\u00e8s fr\u00e9quente (plus de 80 % des cas), y compris chez la femme enceinte pour laquelle le suivi s\u00e9rologique syst\u00e9matique permet de d\u00e9tecter la primo-infection sans aucun \u00e9l\u00e9ment clinique d&#8217;orientation [26 ]. De m\u00eame, <strong>Brenda Tisini<\/strong> a d\u00e9crit que les femmes enceintes infect\u00e9es par\u00a0<em>T. gondii<\/em>\u00a0n&#8217;ont g\u00e9n\u00e9ralement pas de manifestations cliniques, bien que certaines puissent pr\u00e9senter un syndrome mononucl\u00e9ose like, avec des lymphad\u00e9nopathies r\u00e9gionales ou parfois une chorior\u00e9tinite. C\u2019est pareil avec les nouveau-n\u00e9s infect\u00e9s qui sont habituellement asymptomatiques \u00e0 la naissance, mais les manifestations neurologiques peuvent comprendre le retard de croissance intra-ut\u00e9rin, pr\u00e9maturit\u00e9, ict\u00e8re, h\u00e9patospl\u00e9nom\u00e9galie, myocardite, pneumonie, diverses \u00e9ruptions [21].<\/p>\n<p>Les s\u00e9quelles neurologiques ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es par la plupart des r\u00e9pondants comme l\u2019issue des nouveaux ayant souffert de la toxoplasmose cong\u00e9nitale avec l\u2019effectif de 63 sur les 120 participants\u00a0; soit 52,50%. De m\u00eame que <strong>Tshimuanga<\/strong> \u00e0 Lubumbashi a rapport\u00e9 un cas d\u2019hydranenc\u00e9phalie n\u00e9onatale secondaire \u00e0 la toxoplasmose cong\u00e9nitale[22] <strong>. <\/strong>Et<strong> Kasonga<\/strong> a d\u00e9crit aux Cliniques universitaires de Lubumbashi un cas d\u2019anasarque foeto-placentaire de suite de la toxoplasmose maternelle [19].<\/p>\n<p>Le tableau IV de notre travail montre que 144 r\u00e9pondants ont reconnu avoir une source d\u2019apprentissage sur la connaissance de la toxoplasmose cong\u00e9nitale et la majorit\u00e9 ont appris \u00e0 l\u2019universit\u00e9 avec un effectif de 89\u00a0; soit 61,37%. Un r\u00e9pondant n\u2019a reconnu aucune source et les 7 autres n\u2019ont rien r\u00e9pondu (n=145). Contrairement \u00e0 <strong>Badibanga <\/strong>qui a mis en \u00e9vidence dans son \u00e9tude qu\u2019une majorit\u00e9 des enqu\u00eat\u00e9s n\u2019avaient pas de formation sp\u00e9cifique en maladies infectieuses (65,9%), mais une majorit\u00e9 a re\u00e7u une formation sur la toxoplasmose (61,5%) [45].<\/p>\n<p>Dans notre \u00e9tude, les r\u00e9pondants ont majoritairement reconnu accorder leur confiance \u00e0 l\u2019information sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale venant des m\u00e9decins et praticiens de la sant\u00e9 avec un effectif de 147\u00a0; soit 96,71%. Et par rapport \u00e0 l\u2019attitude \u00e0 adopter face \u00e0 la suspicion de toxoplasmose cong\u00e9nitale chez le nouveau-n\u00e9, la majorit\u00e9 a choisi de parler \u00e0 un personnel soignant avec un effectif de 104\u00a0; soit 68,40%. Contrairement aux r\u00e9sultats de <strong>Badibanga <\/strong>ayant trouv\u00e9 que la majorit\u00e9 des participants utilisaient des sources autres pour s\u2019informer (71,4%) [45].<\/p>\n<p>Le tableau VI de nos r\u00e9sultats montre que plus de la moiti\u00e9 des r\u00e9pondants ont adopt\u00e9 l\u2019attitude d\u2019\u00e9viction des chats pour la pr\u00e9vention de la Toxoplasmose avec un effectif de 110\u00a0; soit 72,36%. De m\u00eame, <strong>Pierre Aubry<\/strong> a rapport\u00e9 une s\u00e9rie de mesures prophylactiques pour \u00e9viter les risques de la toxoplasmose cong\u00e9nitale\u00a0; telles que consommer la viande bien cuite pour \u00e9viter l&#8217;ingestion possible de kystes de T. gondii, suivre une hygi\u00e8ne alimentaire stricte (lavage des fruits et l\u00e9gumes) afin d&#8217;\u00e9viter l&#8217;ingestion d&#8217;oocystes, \u00e9viter tout contact avec la liti\u00e8re d\u2019un chat, sinon la nettoyer quotidiennement avec de l\u2019eau bouillante, les oocystes ne devenant contaminants qu\u2019apr\u00e8s 2 \u00e0 5 jours [26].<\/p>\n<p><strong>CONCLUSION ET SUGGESTIONS<\/strong><\/p>\n<p>En somme, la toxoplasmose cong\u00e9nitale pose un s\u00e9rieux probl\u00e8me de sant\u00e9 publique dans notre milieu. Cette \u00e9tude a port\u00e9 sur les 12 cas suspects de toxoplasmose cong\u00e9nitale, les \u00e9changes avec les gestionnaires de trois laboratoires et 152 personnels soignants de la ville de Lubumbashi.<\/p>\n<p>Les objectifs \u00e9taient de d\u00e9crire les cas suspects de la toxoplasmose cong\u00e9nitale et d\u00e9terminer le niveau de connaissance du personnel soignant sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale. Pour contribuer \u00e0 la connaissance et l\u2019am\u00e9lioration de la prise en charge de la toxoplasmose cong\u00e9nitale \u00e0 Lubumbashi, nous avons r\u00e9alis\u00e9 l\u2019\u00e9tude mixte ayant combin\u00e9 les donn\u00e9es quantitatives provenant des cas suspects de la toxoplasmose cong\u00e9nitale\u00a0; et les donn\u00e9es qualitatives provenant d\u2019une enqu\u00eate qui a \u00e9t\u00e9 faite sur les connaissances, attitudes et pratiques du personnel soignant en rapport avec la toxoplasmose cong\u00e9nitale sur 152 personnels soignants\u00a0des Cliniques Universitaires et de l\u2019H\u00f4pital G\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9f\u00e9rence Jason Sendwe, mais aussi des interviews r\u00e9alis\u00e9es avec les gestionnaires de laboratoire de la ville de Lubumbashi . L\u2019\u00e9chantillonnage \u00e9tait exhaustif pour les cas suspects de toxoplasmose\u00a0; de convenance pour le personnel soignant et les gestionnaires de laboratoire. La revue documentaire et les interviews ont permis de collecter les donn\u00e9es. Les statistiques descriptives usuelles ont \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9es pour pr\u00e9senter les r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>La complexit\u00e9 du transfert d\u2019anticorps de la m\u00e8re \u00e0 l\u2019enfant, la fen\u00eatre temporelle critique de la r\u00e9ponse immunitaire et la variabilit\u00e9 des tests contribuant toutes \u00e0 r\u00e9duire la fiabilit\u00e9 des tests s\u00e9rologiques dans la mise en \u00e9vidence diagnostique expliquent nos r\u00e9sultats faisant \u00e9tat du niveau de connaissances et d\u2019attitudes acceptables du personnel soignant de Lubumbashi\u00a0; avec un bas niveau des pratiques. Malgr\u00e9 les diff\u00e9rentes m\u00e9thodes de prise en charge, les taux \u00e9lev\u00e9s de d\u00e9c\u00e8s et s\u00e9quelles sur les cas suspects observ\u00e9s\u00a0; sugg\u00e8rent que les traitements utilis\u00e9s ne sont pas suffisants pour assurer une gu\u00e9rison compl\u00e8te.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats impliquent qu\u2019une mise en place d\u2019un moyen diagnostic ad\u00e9quat est imp\u00e9ratif dans la ville de Lubumbashi et qu\u2019une am\u00e9lioration du protocole de prise en charge soit envisag\u00e9e pour optimiser les r\u00e9sultats cliniques.<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude nous am\u00e8ne \u00e0 formuler les recommandations ci-dessous\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Aux autorit\u00e9s sanitaires :<\/strong><\/p>\n<p>Assurer la formation continue du personnel soignant sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale en insistant sur les signes, le mode de transmission, les moyens de prise en charge et de pr\u00e9vention.<\/p>\n<p>Faire une plaidoirie aupr\u00e8s des bailleurs de fonds pour l\u2019\u00e9quipement en intrants et la formation du personnel soignant.<\/p>\n<p><strong>Au personnel soignant\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>Mise \u00e0 jour des connaissances sur la toxoplasmose cong\u00e9nitale afin d\u2019optimiser la prise en charge des patients<\/p>\n<p>Mise en \u0153uvre du protocole optimal de prise en charge de la toxoplasmose cong\u00e9nitale. Pour un diagnostic pr\u00e9natal, faire\u00a0:<\/p>\n<p>S\u00e9rologie toxoplasmique pr\u00e9conceptionnelle pour les femmes non immunis\u00e9es.<\/p>\n<p>Suivi s\u00e9rologique mensuel pendant la grossesse.<\/p>\n<p>En cas de s\u00e9roconversion, confirmation par la PCR et datation de l\u2019infection<\/p>\n<p><strong>Aux autorit\u00e9s politico-administratives\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>Vulgariser le protocole de prise en charge de la toxoplasmose cong\u00e9nitale.<\/p>\n<p>\u00c9quiper les h\u00f4pitaux en mat\u00e9riels n\u00e9cessaires pour le diagnostic paraclinique de la toxoplasmose cong\u00e9nitale.<\/p>\n<p>Subventionner les soins n\u00e9onataux en rapport avec la toxoplasmose cong\u00e9nitale.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 la population\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>Limiter les sorties pr\u00e9coces de maternit\u00e9s pour un bon suivi des nouveau-n\u00e9s.<\/p>\n<p>S\u2019impliquer activement dans les actions communautaires de lutte contre les zoonoses telles que la toxoplasmose.<\/p>\n<p><strong>R\u00c9F\u00c9RENCES <\/strong><\/p>\n<p>1] Ahmed Maimouna, Soud Akanksha, Gupta Janesh, Toxoplasmosis pregnancy, DOI\u00a0: 10.1016\/j.ejogrb.2020.10.003,PMID\u00a0: 33075679, 2024, PubMed (en anglais) Google Scholar<\/p>\n<p>2] Barros Marrina, Teixeira Daniela, Vilanova Manuel, Correia Alexandra, Teixeira Matercia, Borges Margarida, Vaccines in congenital toxoplasmoxis\u00a0: Advances and perspectives, DOI\u00a0: 10.3389\/fimmu.2020.621997, PMID\u00a0: 33658997, 2024, PubMed (en anglais) Google Scholar<\/p>\n<p>3] Archana S. Kota et Nadeem Shabbir, Toxoplasmose cong\u00e9nitale, StatPearls [En ligne]. L\u2019\u00eele au tr\u00e9sor (Floride) : StatPearls Publishing ; 2024 janv.26 juin 2023.<\/p>\n<p>4] Robert-Gangneux Florence, Dard\u00e9 Marie-Laure. Epidemiology of and diagnostic strategies for toxoplasmosis. Clin Microbiol Rev. 2012; 25(2): 264-296. PubMed | Google Scholar<\/p>\n<p>5] Villena Isabelle, Ancelle Thierry, Delmas Catherine, Garcia Patricia. Congenital toxoplasmosis in France in 2007: first results from a national surveillance system. Euro Surveill.Euro Surveill. 2010 Jun 24; 15(25). pii: 19600. PubMed | Google Scholar<\/p>\n<p>6] Massimo De Paschale, Agrappi Carlo, Manco Maria Teresa, Cerulli Teresa, Clerici Pierangelo. Implementation of Screening for Toxoplasma gondii Infection in Pregnancy. J Clin Med Res. 2010; 2(3):112-11. PubMed | Google Scholar<\/p>\n<p>7] Bamba Sanata, Some Der Adolphe, Chemla Cathy, Geers R\u00e9gine, Guiguemde Tinga Robert, Villena Isabelle. Analyse s\u00e9rologique de la toxoplasmose pergravidique : \u00e9valuation de risques et perspectives du d\u00e9pistage pr\u00e9natal au centre hospitalier universitaire de Bobo &#8211; Dioulasso au Burkina Faso. Pan Afr Med J. 2012; 12: 43-48. Google Scholar<\/p>\n<p>8] Ndiaye Daouda, Sene Papa Diogoye , Ndiaye Mouhamadou, Faye Babacar, Ndiaye Jean-Louis, Ndir Omar. Evolution de la s\u00e9ropr\u00e9valence de la toxoplasmose chez la femme enceinte \u00e0 Dakar, S\u00e9n\u00e9gal de 2002 \u00e0 2006. Med Trop. 2011; 71(1): 101- 102. Google Scholar<\/p>\n<p>9] Olusi Titus Adeniyi, Ajayi John Ade. High incidence of toxoplasmosis during pregnancy in Nigeria. Scand J Infect Dis. 1996; 28:645- 646. PubMed | Google Scholar<\/p>\n<p>10] Mansouri Bouabid El, Rhajaoui Mohamed, Sebti Faiza, Amarir Fatima, Laboudi Madja, Rahma Bchitou, Munir Hamad. S\u00e9ropr\u00e9valence de la toxoplasmose chez les femmes enceintes \u00e0 Rabat. Bull Soc Pathol Exot. 2007;100(4):289-290. 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