{"id":2519,"date":"2022-09-04T11:50:22","date_gmt":"2022-09-04T11:50:22","guid":{"rendered":"https:\/\/ijssass.com\/journal\/?p=2519"},"modified":"2025-04-16T21:33:11","modified_gmt":"2025-04-16T21:33:11","slug":"la-famille-a-travers-une-ambivalence-entre-modernite-traditions-religions-et-antivaleurs-au-sud-kivu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ijssass.com\/journal\/la-famille-a-travers-une-ambivalence-entre-modernite-traditions-religions-et-antivaleurs-au-sud-kivu\/","title":{"rendered":"La famille, \u00e0 travers une ambivalence entre modernit\u00e9, traditions, religions et antivaleurs au Sud-kivu"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/ijssass.com\/index.php\/ijssass\/index\">International Journal of Social Sciences and Scientific Studies (2022) <\/a><\/p>\n<p>Listes de contenus disponibles sur:<a href=\"https:\/\/scholar.google.com\/scholar?hl=en&amp;as_sdt=0%2C5&amp;q=Ijssass&amp;btnG=\"> S<\/a>cholar<\/p>\n<p><strong>La famille, \u00e0 travers une ambivalence entre modernit\u00e9, traditions, religions et antivaleurs au <\/strong><\/p>\n<p><strong>Sud-kivu<\/strong><\/p>\n<p>Journal homepage: ijssass.com\/index.php\/ijssass<\/p>\n<p><a id=\"post-2519-Do women ask the same questions as men i\"><\/a> LA FAMILLE, \u00c0 TRAVERS UNE AMBIVALENCE ENTRE MODERNIT\u00c9, TRADITIONS, RELIGIONS ET ANTIVALEURS AU SUD-KIVU\u2606<\/p>\n<p>Bakenga Shafali Pierre,<a href=\"#post-2519-_bookmark0\"> a,<\/a><a href=\"#post-2519-_bookmark2\">*<\/a><\/p>\n<ol>\n<li><a id=\"post-2519-_bookmark1\"><\/a><a id=\"post-2519-_bookmark0\"><\/a><em>Docteur en Sociologie, Professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Officielle de Bukavu, \/ Universit\u00e9 Officielle de Bukavu en R.D. Congo<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<p>Received 10 August 2022; Accepted 31 August 2022<\/p>\n<p>Available online 04 September 2022<\/p>\n<p>2787-0146\/\u00a9  .<\/p>\n<p>A R T I C L E I N F O<\/p>\n<p><em>Keywords:<\/em><\/p>\n<p>Ambivalence<\/p>\n<p>Famille,<\/p>\n<p>Modernit\u00e9<\/p>\n<p>Religion<\/p>\n<p>Tradition<\/p>\n<p>Syst\u00e8me d\u2019action concret<\/p>\n<p>AntivaleurA B S T R A C T<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude d\u00e9crit et analyse des \u00e9l\u00e9ments \u00e0 travers lesquels la famille \u00e9volue et qui bloquent son \u00e9panouissement. Elle r\u00e9pertorie aussi les types des familles et les cat\u00e9gorise selon leurs propri\u00e9t\u00e9s, leurs relations et modes de production. Dans cette ambivalence, et en s\u2019inspirant de Crozier et Friedberg, l\u2019\u00e9tude propose le Syst\u00e8me d\u2019action concret comme mode de cr\u00e9ativit\u00e9 et d\u2019auto\u00e9valuation dans une approche prax\u00e9ologique bas\u00e9e sur la concertation au sein des Centres d\u2019\u00e9tudes d\u2019actions de changement (CEAC).<\/p>\n<ol>\n<li><a id=\"post-2519-1 Introduction\"><\/a><a id=\"post-2519-1 Introduction\"><\/a><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Cette r\u00e9flexion a pour but d\u2019analyser la famille moderne du Sud-Kivu et sa capacit\u00e9 de faire face aux al\u00e9as de la vie pour se situer valablement dans une soci\u00e9t\u00e9 actuelle, en mutations et imbue de beaucoup de secousses, s\u00e9visses et diverses p\u00e9rip\u00e9ties. Il s\u2019agit donc d\u2019analyser, sur base de mutations intervenues, internes et externes, les cas d\u2019\u00e9quilibre et de d\u00e9s\u00e9quilibre de la famille. Dans une \u00e9tude des soci\u00e9t\u00e9s fangs du Cameroun et ba-kongo de la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, Georges Balandier a \u00e9tudi\u00e9 presque de la m\u00eame fa\u00e7on les faits d\u2019\u00e9quilibre et de d\u00e9s\u00e9quilibre de ces soci\u00e9t\u00e9s. Il a trouv\u00e9 des faits li\u00e9s \u00e0 leurs croyances, notamment, le suicide et la sorcellerie. \u00ab\u00a0Pour la soci\u00e9t\u00e9 ba-kongo, le suicide est un ph\u00e9nom\u00e8ne banal, non honteux, et qui n\u2019est li\u00e9 qu\u2019aux cat\u00e9gories sociales inf\u00e9rieures\u2026 Quant \u00e0 la sorcellerie, elle joue un r\u00f4le important, elle provoque m\u00eame des migrations individuelles et collectives\u00a0\u00bb (Balandier, 1982).<\/p>\n<p>Ces soci\u00e9t\u00e9s, ainsi d\u00e9crites par Balandier, sont rest\u00e9es longtemps dans leurs croyances et pratiques. Avec, la colonisation, rench\u00e9rit-il, des changements importants sont intervenus, les populations eurent du mal \u00e0 s\u2019int\u00e9grer dans cette nouvelle vie. Balandier ajoute que ces soci\u00e9t\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es suffisamment par les anthropologues britanniques pour qui, \u00ab les ba-kongo se sont trouv\u00e9s d\u00e9sempar\u00e9s devant les changements qu\u2019ils ne furent pas libres de traiter comme ils l\u2019auraient souhait\u00e9 et, par une sorte de cercle vicieux, l\u2019impression d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 a suscit\u00e9 une extension de la ki-ndoki (sorcellerie). C\u2019est l\u00e0 une observation que ces anthropologues ont souvent faite \u00e0 propos des soci\u00e9t\u00e9s bantous en transition \u00bb (Balandier, 1982).<\/p>\n<p>Voil\u00e0 toute une probl\u00e9matique qui est lanc\u00e9e. Les soci\u00e9t\u00e9s congolaises et particuli\u00e8rement celles du Sud-Kivu sont en proie \u00e0 diverses mutations depuis plusieurs d\u00e9cennies. Il s\u2019av\u00e8re que l\u2019Afrique a tendance \u00e0 s\u2019europ\u00e9aniser pour son soi-disant d\u00e9veloppement. Or, selon Bongeli, \u00ab avec la mondialisation, seuls quelques pays pourront tirer leur \u00e9pingle du jeu dans le cadre de la mondialisation, les autres, la majorit\u00e9, devant se pr\u00e9parer \u00e0 l\u2019aggravation de leurs situations \u00e9conomiques, sociales et politiques et, par cons\u00e9quent, \u00e0 plus de pauvret\u00e9, de marginalisation et de d\u00e9pendance. L\u2019internationalisation de l\u2019\u00e9conomie devra contribuer \u00e0 \u00e9largir le foss\u00e9 qui existe entre pays riches et pays pauvres qui n\u2019existeront plus en tant qu\u2019Etat que tant que le voudront les vrais ma\u00eetres du monde, promoteurs de ce nouvel ordre \u00e9conomique mondial\u00a0\u00bb (Bongeli, 2001). Dans ce contexte, les temps actuels, modernes et mondialis\u00e9s, n\u2019affectent pas seulement les secteurs \u00e9conomiques et politiques africains, mais aussi, et plus encore, le secteur culturel.<\/p>\n<p>Ceux qui subissent la mondialisation, du fait de ne pas en \u00eatre ni concepteurs ni auteurs en sont plus affect\u00e9s n\u00e9gativement. En p\u00e9n\u00e9trant et en d\u00e9sorganisant le secteur culturel de l\u2019africain, l\u2019europ\u00e9en a mis l\u2019africain dans une situation o\u00f9 ce dernier se sent d\u00e9plum\u00e9, d\u00e9sempar\u00e9 et o\u00f9 il ne sait plus o\u00f9 trouver l\u2019\u00e9quilibre social. C\u2019est ce qui justifie le fameux cercle vicieux, le carcan et survivances culturels. Sans en \u00eatre fi\u00e8res ni d\u00e9termin\u00e9es et sans vouloir ni les l\u00e2cher ni y renoncer, les familles enqu\u00eat\u00e9es s\u2019avancent beaucoup plus en spectatrices qu\u2019en actrices d\u00e9vou\u00e9es. Elles ne savent ni avancer courageusement ni reculer en toute t\u00e9m\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, les familles h\u00e9sitent, elles font la marche sur place, le recul en arri\u00e8re, un pas devant et l\u2019autre en arri\u00e8re. La modernit\u00e9 est \u00e0 comprendre, dans ce sens, comme un mode de vie fond\u00e9 sur des principes orientant une nouvelle vision d\u2019\u00eatre, de penser et d\u2019agir \u00e0 travers laquelle on se fixe de nouveaux id\u00e9aux, des objectifs clairs \u00e0 atteindre sur base de l\u2019objectivit\u00e9, la rationalit\u00e9 et la comp\u00e9titivit\u00e9.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la tradition, elle puise dans le pass\u00e9, un pass\u00e9 parfois obscurantiste, th\u00e9ologisant, m\u00e9taphysique, irrationnel et souvent d\u00e9pourvu de preuves scientifiques. Ainsi, cette recherche s\u2019est-elle fond\u00e9e sur un questionnement simple\u00a0:<\/p>\n<p>Pourquoi la famille du Sud-Kivu, en d\u00e9pit des efforts de tous les intervenants sociaux (Eglise, Ecole, Associations, Etat) ne s\u2019int\u00e8gre-t-elle pas avec d\u00e9termination dans la modernit\u00e9\u00a0? En guise de conjecture, nous supposons que la famille du Sud-Kivu s\u2019int\u00e9grerait difficilement dans la modernit\u00e9 au regard de croyances, la vie difficile, les carcans et survivances culturels qui p\u00e8seraient lourdement sur elle ainsi que le manque de transparence, de s\u00e9rieux\u00a0; et l\u2019ignominie m\u00eame de ses encadreurs sociaux.<\/p>\n<p>Dans notre cheminement, nous nous sommes servi des outils m\u00e9thodologiques suivants\u00a0: une lecture appropri\u00e9e, et de fa\u00e7on particuli\u00e8re, des \u0153uvres en sociologie et en semi-libre, les r\u00e9cits de vie ; les focus group\u00a0; et l\u2019\u00e9chantillonnage. Les enqu\u00eates se sont d\u00e9roul\u00e9es sur deux villes (Bukavu et Uvira)\u00a0et quatre territoires (Kabare, Mwenga, Uvira et Walungu), pour un total de six cent soixante enqu\u00eat\u00e9s, en raison de 110 enqu\u00eat\u00e9s par univers.\u00a0Notre approche analytique apparaitra \u00e0 travers \u00ab les quatre actes de la recherche sociologique, notamment la description, l\u2019explication, la critique des faits et la proposition de solution\u00a0\u00bb (Marquis, 2014). Il s\u2019agit donc de d\u00e9crire les familles, expliquer certains de leurs probl\u00e8mes et y proposer une th\u00e9rapie sociologique.<\/p>\n<p><strong>De familles du Sud-Kivu<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cat\u00e9gories des familles selon leurs dynamiques sociales<\/strong><\/p>\n<p>Dans nos investigations men\u00e9es \u00e0 travers la province, en milieu rural et urbain, nous avons inventori\u00e9 des types des familles classifi\u00e9es selon leurs caract\u00e9ristiques, modes et milieux de vie. Ces familles sont constitu\u00e9es de familles monogames, polygynes, amput\u00e9es recompos\u00e9es, s\u00e9par\u00e9es, etc. En empruntant les concepts de Pierre-Joseph Laurent, on y trouve aussi des familles \u00ab\u00a0machistes (celles o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 du mari est pr\u00e9dominante), machi-matricentr\u00e9es (celles o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 du mari est pr\u00e9dominante mais o\u00f9 la m\u00e8re est au centre de tout) et des familles \u00e0 visite (celles o\u00f9 les chefs des familles sont r\u00e9guli\u00e8rement ou longtemps absents de leurs foyers et n\u2019y reviennent que rarement pour quelques jours et repartent dans leurs milieux d\u2019activit\u00e9s)\u00a0\u00bb (Laurent, 2018). Il est bon de signaler que les familles du Sud-Kivu sont essentiellement chr\u00e9tiennes. Sur une population de 6\u00a0500\u00a0000 habitants (donn\u00e9es d\u00e9mographiques au 31. 12. 2018), les musulmans compteraient moins de 5 % de la population du Sud-Kivu. Ils sont plus concentr\u00e9s \u00e0 Bukavu et Uvira. L\u2019implantation de l\u2019Islam a presque \u00e9chou\u00e9 en territoire de Walungu par le contingent \u00e9gyptien de la Monusco qui y a \u00e9rig\u00e9 beaucoup de mosqu\u00e9es, mais malheureusement, avec tr\u00e8s peu d\u2019adeptes.<\/p>\n<p>Dix caract\u00e9ristiques ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es sur les familles \u00e0 travers la province. Il est bon de signaler, au d\u00e9part, que de ces caract\u00e9ristiques, une famille peut en repr\u00e9senter plusieurs, \u00e0 la fois, de fa\u00e7on manifeste et latente. Ainsi, de fa\u00e7on non exhaustive, nous avons pu relever\u00a0:<\/p>\n<p><em> Les familles traditionnalistes<\/em><\/p>\n<p>Elles sont caract\u00e9ris\u00e9es par la conservation des acquis purement traditionnels tels que la divination, l\u2019animisme, l\u2019habitat rustique, l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique principalement agropastorale, la cueillette, l\u2019habillement d\u00e9risoire, des installations sanitaires d\u00e9fectueuses, l\u2019usage des ustensiles en bois, en liane, (ex\u00a0: le van), en terre cuite (pot, cruches, casseroles), l\u2019usage des nattes comme couverture, des lits en grabat (des sticks minces pos\u00e9s sur quatre ou six piliers en bois), la scolarisation r\u00e9duite des enfants et des adultes, la malnutrition, la mortalit\u00e9 infantile \u00e9lev\u00e9e, des sources non am\u00e9nag\u00e9es, la consommation de l\u2019eau des rivi\u00e8res, des conditions hygi\u00e9niques pr\u00e9caires, des villages enclav\u00e9s souvent sous et \u00e0 travers la montagne ou au bord de grandes rivi\u00e8res telles que Ruzizi, Nyabarongo, Ulindi, dans les vallons et versants des montagnes, dans les for\u00eats, sur les \u00eelots du lac Kivu.<\/p>\n<p><em> Les familles \u00e0 forte religiosit\u00e9<\/em><\/p>\n<p>Ce sont des types des familles encr\u00e9es fortement dans des croyances religieuses vagues et sentimentales. Elles croient que Dieu donne tout\u00a0: \u00e0 manger, les enfants, gu\u00e9rison de toutes les maladies, enrichissement et appauvrissement, etc. Ces familles se retrouvent un peu partout \u00e0 travers la province, surtout dans les Eglises catholiques et protestantes. La multiplicit\u00e9 des sectes a exacerb\u00e9 ces tendances. Ainsi, \u00e0 travers ces familles, 30%, soit 198 des enqu\u00eat\u00e9es, dans un cas de maladie, recourent tout d\u2019abord \u00e0 la pri\u00e8re, soup\u00e7onnent un mauvais sort jet\u00e9 sur le patient, soit par un voisin envieux, soit par un esprit malveillant, soit par le Satan\u00a0; ensuite, elles s\u2019engagent dans une autom\u00e9dication traditionnelle\u00a0; puis, enfin, lorsque le cas devient grave, elles recourent \u00e0 la m\u00e9decine moderne tout en privil\u00e9giant la pri\u00e8re. Il s\u2019affiche ainsi deux \u00e9tats persistants de la loi de trois \u00e9tats d\u2019Auguste Comte\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9tat th\u00e9ologique selon lequel les ph\u00e9nom\u00e8nes naturels, humains et sociaux ne rel\u00e8veraient que de la seule volont\u00e9 divine et l\u2019\u00e9tat m\u00e9taphysique pour lequel l\u2019existence de ces ph\u00e9nom\u00e8nes ne rel\u00e8ve que de consid\u00e9rations abstraites. L\u2019aspect positiviste des faits et ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux devant relier les faits aux causes demeure peu perceptible \u00bb (Bakenga, 2021).<\/p>\n<p><em>Les familles \u00e0 caract\u00e8re d\u00e9veloppementiste<\/em><\/p>\n<p>Ce sont des familles imbues de notions de d\u00e9passement de leur \u00e9tat d\u2019\u00eatre et qui s\u2019engagent r\u00e9solument sur la voie de changement et d\u2019am\u00e9lioration de leurs conditions de vie \u00e0 travers des initiatives prises individuellement et\/ou collectivement. Ces familles se retrouvent dans des villes, \u00e0 travers et autour de centres commerciaux. On y retrouve, \u00e0 la fois, une perm\u00e9abilit\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e au changement social et un bon nombre d\u2019actions et de projets pr\u00f4nant l\u2019am\u00e9lioration quantitative et qualitative des conditions de vie des populations\u00a0: am\u00e9lioration de l\u2019habitat, \u00e9lectrification, \u00e9levage en stabulation, semences am\u00e9lior\u00e9es, adduction d\u2019eau, auberges et h\u00f4tels, restaurants, pharmacies, pr\u00e9sence des produits manufactur\u00e9s, moyens de transports disponibles, centres de sant\u00e9 ou h\u00f4pitaux de qualit\u00e9, \u00e9coles bien construites avec des enseignants qualifi\u00e9s, habillement d\u00e9cent, esprit rural mais \u00e0 tendance urbaine, exode rural (les personnes qui immigrent dans les villes de Bukavu, Goma et Uvira proviennent essentiellement de ces centres).<\/p>\n<p>Le go\u00fbt du lucre observ\u00e9 dans ces familles et \u00e0 travers ces milieux occasionne la persistance de certaines pathologies sociales, infractions et inconv\u00e9nients sociaux tels que la prostitution et la consommation abusive du sexe. Dans toutes ces villes cit\u00e9es ci-haut et les agglom\u00e9rations qui les entourent, la consommation du sexe est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e et ne dispose plus strictement de caract\u00e8re secret. Elle concerne aussi bien les prostitu\u00e9es, les filles et les femmes mari\u00e9es. Il s\u2019observe bien d\u2019autres fl\u00e9aux\u00a0: l\u2019escroquerie, le d\u00e9tournement, la promiscuit\u00e9 sociale, cas de vol simple et \u00e0 mains arm\u00e9es, le banditisme, la vie ch\u00e8re, la pr\u00e9carit\u00e9 des installations sanitaires, le manque d\u2019eau potable, les armes et la militarisation \u00e0 outrance, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, la multiplicit\u00e9 des \u00e9glises et sectes, etc.<\/p>\n<p><em>Les familles \u00e0 vocation commerciale<\/em><\/p>\n<p>Bien de familles, pour de raison d\u2019infertilit\u00e9 et de raret\u00e9 de sol, ont privil\u00e9gi\u00e9 les activit\u00e9s commerciales. Elles peuvent \u00eatre associ\u00e9es aux deux pr\u00e9c\u00e9dentes cat\u00e9gories. Elles ne sont pas implant\u00e9es uniquement dans les centres commerciaux, elles se retrouvent aussi dans les villages, mais la pr\u00e9valence se replace dans les centres commerciaux. Il faut distinguer le fait de vendre les produits de ses champs ou les produits d\u2019\u00e9levage de l\u2019esprit commercial. En R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, la qualit\u00e9 de commer\u00e7ant s\u2019acquiert par\u00a0l\u2019acquisition d\u2019un <em>Nouveau Registre de Commerce<\/em> d\u00e9livr\u00e9 par les services publics. Peu de vendeurs disposent de ce document au niveau de l\u2019int\u00e9rieur. Ils exercent leurs activit\u00e9s marchandes sur base de la patente. Ils ne sont pas pour autant moins commer\u00e7ants.<\/p>\n<p>Est commer\u00e7ante, \u00e0 notre avis, la personne qui a pour r\u00f4le, de fa\u00e7on permanente, d\u2019acheter et de vendre au but de r\u00e9aliser des int\u00e9r\u00eats et de disposer d\u2019une profession r\u00e9guli\u00e8re, laquelle lui conf\u00e8re ce statut de commer\u00e7ant duquel elle se reconna\u00eet des droits et des devoirs. Nous retiendrons, cependant, qu\u2019il n\u2019est pas facile d\u2019\u00eatre commer\u00e7ant au niveau de la province pour diverses raisons\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; l\u2019\u00e9loignement et l\u2019enclavement de beaucoup de milieux par rapport \u00e0 la ville de Bukavu,<\/p>\n<p>&#8211; la faible capacit\u00e9 d\u2019achat des villageois<\/p>\n<p>&#8211; le mauvais \u00e9tat ou l\u2019inexistence des routes conduisant vers les march\u00e9s d\u2019\u00e9coulement, le manque des moyens de transport et le manque des lieux d\u2019entreposage des produits<\/p>\n<p>&#8211; l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 entretenue par des bandes arm\u00e9es, les milices, les bandits et les coupeurs de routes<\/p>\n<p>&#8211; la haine, l\u2019envie des voisins<\/p>\n<p>&#8211; la marche \u00e0 pied et le transport sur la t\u00eate ou sur le dos<\/p>\n<p>&#8211; le mauvais \u00e9tat des march\u00e9s et les intemp\u00e9ries souvent atroces<\/p>\n<p>&#8211; le faible capital investi<\/p>\n<p>&#8211; le faible revenu et la taille de famille tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e<\/p>\n<p>&#8211; le manque d\u2019initiatives des autorit\u00e9s locales pour d\u00e9senclaver les milieux ruraux et assurer la s\u00e9curit\u00e9 des personnes et de leurs biens.<\/p>\n<p>&#8211; etc.<\/p>\n<p><em>Les familles \u00e0 pr\u00e9dominance scolastique<\/em><\/p>\n<p>Cette cat\u00e9gorie des familles est assimilable \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente. Ce sont des familles se retrouvant autour des \u00e9coles et qui se sont fix\u00e9 comme objectif principal de scolariser leurs enfants malgr\u00e9 la conjoncture \u00e9conomique difficile. Il est \u00e0 noter que si l\u2019esprit de scolariser les enfants est plus \u00e9lev\u00e9 dans et autour des centres commerciaux, cet objectif ne concerne pas seulement ces familles \u00e0 pr\u00e9dominance commerciale. Chaque famille se fixe pour id\u00e9al la scolarisation de ses enfants. Cependant, les enfants des familles nanties excellent dans les \u00e9tudes par rapport \u00e0 ceux de familles d\u00e9munies.<\/p>\n<p><em>Les familles royalistes, f\u00e9odalistes et conservatrices<\/em><\/p>\n<p>Ce sont des familles issues de clans royaux, les familles des chefs des chefferies et des groupements, des chefs des villages qui sont les d\u00e9positaires de la coutume et les propri\u00e9taires des terres. Elles disposent d\u2019un comportement autoritaire sur les autres bien qu\u2019elles soient actuellement appauvries. Elles pr\u00f4nent le statu quo administratif. Leur importance \u00e9conomique et culturelle tend \u00e0 dispara\u00eetre sur le terrain suite \u00e0 la pr\u00e9dominance de l\u2019Etat et des Eglises. Elles se retrouvent \u00e0 travers toute la province comme on peut le lire dans le tableau ci-dessous\u00a0:<\/p>\n<p>Tableau n\u00b0 1. Subdivisions administratives de la province du Sud-Kivu<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Entit\u00e9 administratives<\/strong><\/td>\n<td><strong>Villes<\/strong><\/td>\n<td><strong>Communes<\/strong><\/td>\n<td><strong>Territoires<\/strong><\/td>\n<td><strong>Chefferies<\/strong><\/td>\n<td><strong>Secteurs<\/strong><\/td>\n<td><strong>Total<\/strong><\/td>\n<td><strong>Groupements<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ville de Bukavu<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>3<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Territoire de Fizi<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>4<\/td>\n<td>4<\/td>\n<td><strong>\u00ad 18<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Idjwi<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td><strong> 06<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kabare<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td><strong> 17<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kalehe<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td><strong> 15<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Mwenga<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>5<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>6<\/td>\n<td><strong> 71<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Shabunda<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td><strong> 11<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Uvira<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>3<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>3<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>3<\/td>\n<td><strong> 16<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Walungu<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>1<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td>&#8211;<\/td>\n<td>2<\/td>\n<td><strong> 31<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Total<\/strong><\/td>\n<td><strong>4<\/strong><\/td>\n<td><strong>8<\/strong><\/td>\n<td><strong>8<\/strong><\/td>\n<td><strong>18<\/strong><\/td>\n<td><strong>5<\/strong><\/td>\n<td><strong>23<\/strong><\/td>\n<td><strong> 185<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>Source\u00a0: <\/em>(Bakenga, 2017)<\/p>\n<p><em>Les familles d\u2019agriculteurs et d\u2019\u00e9leveurs<\/em><\/p>\n<p>Elles sont les plus r\u00e9pandues et se retrouvent dans tous ces types des familles, chacune disposant d\u2019au moins 5 ares de terrain destin\u00e9s \u00e0 l\u2019habitation, aux cultures et \u00e0 l\u2019\u00e9levage. Chaque famille, qu\u2019elle soit commer\u00e7ante ou traditionnaliste ou d\u2019une quelconque autre tendance, est, au d\u00e9part et principalement, de vocation agricole.<\/p>\n<p>Nous retiendrons cependant que les derni\u00e8res guerres ont d\u00e9savantageusement influ\u00e9 sur l\u2019activit\u00e9 agricole\u00a0: des r\u00e9coltes et le cheptel ont \u00e9t\u00e9 pill\u00e9s. L\u2019infertilit\u00e9 du sol, l\u2019exig\u00fcit\u00e9 des terres arables, l\u2019enclavement des milieux ruraux et principalement les territoires de Shabunda, Mwenga, Kalehe, Fizi et Uvira (qui eux seuls peuvent nourrir toute la province) et l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, tels sont les autres facteurs qui plongent les familles dans le d\u00e9nuement au Sud-Kivu.<\/p>\n<p><em>Les familles d\u00e9pendantes<\/em><\/p>\n<p>Ce sont des familles appauvries par les guerres, l\u2019infertilit\u00e9 ou le manque d\u2019espaces cultivables, des familles sans terres, sans ressources ou des \u00ab\u00a0familles retourn\u00e9es\u00a0\u00bb de d\u00e9placements caus\u00e9s par l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et qui comptent uniquement sur l\u2019aide ext\u00e9rieure issue, soit d\u2019autres familles, soit des organisations caritatives. Parmi ces familles, on peut relever les familles ayant \u00e9t\u00e9 amput\u00e9es d\u2019un ou de tous les deux parents, les familles aux membres maladifs ou vivant avec handicap ou disposant de peu d\u2019initiatives. Elles se retrouvent \u00e0 travers toute la province et repr\u00e9sentent 10 % des familles du Sud-Kivu. C\u2019est dans ces familles que s\u00e9vissent des cas de malnutrition, le kwashiorkor et l\u2019analphab\u00e9tisme. C\u2019est une preuve que le Sud-Kivu est une entit\u00e9 des personnes pauvres et qui n\u00e9cessite de nouveaux modes de vie et d\u2019actions orient\u00e9es vers l\u2019autod\u00e9termination individuelle et collective.<\/p>\n<p><em>Les familles animistes<\/em><\/p>\n<p>La mani\u00e8re dont l\u2019animisme s\u2019exprime varie selon les territoires, chaque peuple disposant de ses propres croyances. Elles varient selon les \u00e9poques et les lieux. Selon certaines croyances, l\u2019\u00e2me ne r\u00e9side pas dans les m\u00eames sortes de personnes ou d\u2019objets. La croyance, dans les \u00e2mes ou les esprits, peut s\u2019accompagner d\u2019autres croyances, comme la v\u00e9n\u00e9ration des \u00eatres supr\u00eames. Il y a encore au Sud-Kivu des familles animistes avec des croyances hypocrites. On en trouve aussi bien dans les milieux ruraux qu\u2019urbains. Elles croient en la divination, la sorcellerie et aux f\u00e9tiches.<\/p>\n<p>L\u2019animisme \u00e9tait fort pratiqu\u00e9 au sein de la province, il s\u2019est att\u00e9nu\u00e9 avec l\u2019av\u00e8nement du christianisme, mais des survivances de ces pratiques animistes demeurent encore. Il existe, \u00e0 travers la province, des gens qui croient en la force des esprits et qui font encore le culte aux esprits mais d\u2019une mani\u00e8re clandestine. Nous en avons identifi\u00e9 certains qui se vantaient de disposer de talents dans la protection des personnes contre les forces malveillantes, pour la r\u00e9ussite de leurs projets, le succ\u00e8s dans commerce, le voyage, la f\u00e9condit\u00e9 ou la maternit\u00e9, etc. Quelques t\u00e9moignages leur conf\u00e8rent du cr\u00e9dit indiscutable.<\/p>\n<p>C\u2019est par exemple, quelqu\u2019un qui soigne la cataracte ou une cassure des personnes tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es de lui sans contacts physiques, seul le nom du patient suffit. Ou encore, quelqu\u2019un qui favorise la f\u00e9condit\u00e9 et la maternit\u00e9 d\u2019une femme reconnue m\u00e9dicalement inf\u00e9conde ou de celle disposant d\u2019un col d\u2019ut\u00e9rus constamment ouvert et qu\u2019il parvient \u00e0 fermer par de m\u00e9dicaments issus de plantes, alors que m\u00e9dicalement, le col de l\u2019ut\u00e9rus ne se referme pas. S\u2019il est constamment ouvert, pour prot\u00e9ger la grossesse, la m\u00e9decine ne fait usage que du cerclage. D\u2019autres invoquent des esprits et font des exploits. Bien qu\u2019ayant \u00e9t\u00e9 combattus, \u00e9touff\u00e9s et an\u00e9antis par les colonisateurs, des tels talents existent encore. Il demeure cependant difficile de comprendre comment ces personnes acqui\u00e8rent-elles des tels talents\u00a0? N\u00e9anmoins, autour de ces talentueux gu\u00e9risseurs, il s\u2019est constitu\u00e9 d\u2019autres personnes, plus nombreuses que ces talentueux. Ce sont des charlatans qui se font passer pour des gu\u00e9risseurs et qui escroquent leurs patients. Leurs factures sont forfaitaires, exorbitantes et leurs adresses ne sont pas toujours fixes.<\/p>\n<p>Les familles animistes sont assimilables \u00e0 celles traditionalistes. Elles poss\u00e8dent une autre caract\u00e9ristique qui tend \u00e0 d\u00e9velopper de la haine ou de la jalouse, parfois latentes mais aussi manifestes, par moments, selon les circonstances.<\/p>\n<p><em> Les familles des politiciens amateurs <\/em><\/p>\n<p>Avec la crise \u00e9conomique, le manque d\u2019emploi, la r\u00e9mun\u00e9ration tr\u00e8s faible ou inexistante, certains congolais ont initi\u00e9 des r\u00e9flexes de se procurer de l\u2019argent ou de l\u2019emploi m\u00eame dans les domaines o\u00f9 ils ne disposent d\u2019aucune comp\u00e9tence. C\u2019est ainsi qu\u2019avec la d\u00e9mocratisation de la RD Congo, bien de gens se sont lanc\u00e9s dans la politique. Ils ont postul\u00e9 \u00e0 des postes des d\u00e9put\u00e9s provinciaux ou nationaux, non pas parce qu\u2019ils avaient envie de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de la population ou parce qu\u2019ils en avaient la comp\u00e9tence, m\u00eame pas parce qu\u2019ils en comprenaient le sens, la mission ou statut auquel ils aspiraient, mais tout simplement parce qu\u2019en RDC, la politique r\u00e9mun\u00e8re mieux sans efforts r\u00e9els que les autres secteurs de l\u2019emploi au niveau national.<\/p>\n<p><strong>Cat\u00e9gories des familles selon leurs propri\u00e9t\u00e9s, relations et productions<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Selon leurs propri\u00e9t\u00e9s<\/em><\/strong><\/p>\n<p>On peut distinguer cinq types des propri\u00e9taires au sein de la province\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><em>Le propri\u00e9taire en communaut\u00e9 r\u00e9elle<\/em>\u00a0: c\u2019est par exemple les bami ou chefs coutumiers des chefferies, tous leurs chefs des groupements, toutes leurs descendances et d\u00e9tenteurs du sol et qui le distribuent \u00e0 leurs sujets moyennant une redevance coutumi\u00e8re \u00e9valu\u00e9e en esp\u00e8ces ou en nature. Actuellement, la vente de terrain se fait plus en argent et plus sp\u00e9cifiquement en dollar am\u00e9ricain qu\u2019en b\u00e9tail. Le statut des propri\u00e9taires en communaut\u00e9 r\u00e9elle est en train de s\u2019effriter, car les chefs coutumiers et propri\u00e9taires fonciers ont presque tout vendu de fa\u00e7on qu\u2019ils sont r\u00e9duits \u00e0 ce qu\u2019on a appel\u00e9 dans l\u2019histoire du Moyen \u00e2ge europ\u00e9en, <em>les rois sans terres<\/em>.<\/li>\n<li><em>Le propri\u00e9taire priv\u00e9 mais entrav\u00e9<\/em>\u00a0: entrent dans cette cat\u00e9gorie, les paysans qui ont acquis des terres de leurs seigneurs (mwami, chefs de groupement et chefs des villages) et qui en disposent \u00e0 leur guise mais qui, par moment, sont limit\u00e9s lorsqu\u2019ils veulent en vendre une portion, car la redevance coutumi\u00e8re peut n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 apur\u00e9e totalement.<\/li>\n<li><em>Le propri\u00e9taire capitaliste<\/em>\u00a0: il s\u2019agit des gens qui ont acquis de grandes portions de terres et qui les g\u00e8rent de fa\u00e7on autonome. Ce sont des propri\u00e9taires de vastes domaines fonciers (plantations de th\u00e9ier, quinquina\u00a0et carri\u00e8res mini\u00e8res&#8230;).<\/li>\n<li><em>Le propri\u00e9taire \u00e9tatique<\/em>\u00a0: certains espaces rel\u00e8vent de biens publics de l\u2019Etat et par cons\u00e9quent non ali\u00e9nables. C\u2019est, par exemple, le cas de boisements appartenant \u00e0 la MAE (Mission anti &#8211; \u00e9rosive), les espaces scolaires, sanitaires publics et non priv\u00e9s, les bureaux administratifs des territoires, chefferies, secteurs, groupements, postes administratifs, casernes des militaires et policiers, espaces des jeux, etc.<\/li>\n<li><em>Le propri\u00e9taire collectif et social\u00a0: <\/em>c\u2019est une cat\u00e9gorie des personnes qui se sont constitu\u00e9es en groupe et qui, de par les cotisations des membres ou un financement d\u2019un partenaire, ont pu acheter des lopins de terre qui appartiennent collectivement au groupe. C\u2019est le cas de certaines associations locales de d\u00e9veloppement (Comit\u00e9 anti-bwaki, CDC Kiringye,), des Eglises locales, etc.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><em>Selon la relation de production<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Au sein de la province, on peut relever cinq formes de relation de production\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><em>La production primitive<\/em>\u00a0: elle rel\u00e8ve de produits issus de la nature et consomm\u00e9s par la population sans qu\u2019elle ait particip\u00e9 \u00e0 leur production\u00a0: diverses sortes de champignons cueillis saisonni\u00e8rement, les sauterelles, les fruits des brousses, les boissons du palmier, etc.<\/li>\n<li><em>La production isol\u00e9e\u00a0:<\/em> elle est la plus r\u00e9pandue. Le paysan travaille seul dans son champ avec ses techniques et ses outils traditionnels. Le rendement est faible par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9nergie fournie. A titre d\u2019exemple, pour produire 10 kilos de haricot dans un marais, le paysan commence les travaux de d\u00e9frichage au mois de juin\u00a0; laboure durant tout le mois de juillet et une partie du mois d\u2019ao\u00fbt\u00a0; s\u00e8me au cours du mois suivant\u00a0; sarcle durant le mois d\u2019octobre et novembre pour r\u00e9colter au cours du mois de d\u00e9cembre. Ces travaux se font presque chaque jour sous un soleil ardent et sous la pluie. L\u2019exploitant doit faire face aux inondations, \u00e0 l\u2019attaque des rats sauvages (qui s\u2019attaquent aux jeunes plants) et aux voleurs des r\u00e9coltes. C\u2019est donc toute une chaine d\u2019activit\u00e9s assidues auxquelles doit se livrer le paysan qui, pour la plupart des cas, se retrouve dans un \u00e9tat de maladie, de faim (et g\u00e9n\u00e9ralement, c\u2019est une femme). Il faut noter que le rendement n\u2019est jamais proportionnel aux efforts fournis par le cultivateur du fait de l\u2019usage d\u2019un outil rustique, l\u2019\u00e9loignement entre le domicile du paysan et son lieu de travail ou le champ, le manque d\u2019engrais, la m\u00e9diocrit\u00e9 des semences, les m\u00e9thodes culturales inefficaces, l\u2019\u00e9tat physique et sanitaire de l\u2019exploitant, etc.<\/li>\n<li><em>La production organis\u00e9e ou en relation de coop\u00e9ration\u00a0: <\/em>il s\u2019agit d\u2019une main d\u2019\u0153uvre salari\u00e9e. Peu d\u2019habitants de la province sont, en fait, salari\u00e9s. Depuis que les propri\u00e9taires des plantations de th\u00e9 et de quinquina ont fait banqueroute, les paysans salari\u00e9s ont \u00e9t\u00e9, de facto, r\u00e9duits au ch\u00f4mage. On trouve quelques agents salari\u00e9s dans les h\u00f4pitaux, les \u00e9coles, les confessions religieuses et dans les services de l\u2019Etat. Le salaire est m\u00e9diocre et n\u2019assure pas le bien-\u00eatre de l\u2019agent. La gestion de la chose publique est tellement chaotique si bien qu\u2019on peut qualifier les gestionnaires publics congolais des v\u00e9ritables pr\u00e9dateurs qui s\u2019illustrent par plusieurs cas d\u2019extorsion, d\u00e9tournement, corruption, vol, etc. Le pays n\u2019avance pas, non parce qu\u2019il ne dispose pas de ressources importantes, mais tout simplement parce que les gestionnaires vident les caisses de l\u2019Etat au profit de leurs int\u00e9r\u00eats propres. C\u2019est de l\u2019\u00e9go\u00efsme \u00e0 outrance qui gangr\u00e8ne le syst\u00e8me \u00e9conomique et politique de la RDC et qui d\u00e9sapproprie l\u2019Etat de moyens n\u00e9cessaires pour r\u00e9mun\u00e9rer ses fonctionnaires et agents. A travers tout le pays, en milieu de travail, deux r\u00e9gimes pr\u00e9dominent\u00a0: \u00ab\u00a0le r\u00e9gime paternaliste de mobilisation fond\u00e9 sur des relations domestiques et le r\u00e9gime professionnel de mobilisation qui s\u2019apparent \u00e0 de simples corporations d\u2019artisans\u00a0\u00bb (Balzani, 2010).<\/li>\n<li><em>La production manufacturielle\u00a0:<\/em> il s\u2019agit de petites manufactures artisanales de savonnerie, boulangerie, meunerie de manioc et c\u00e9r\u00e9ales, menuiserie, etc.,<\/li>\n<li><em>La coop\u00e9ration par implication ou le travail industrialis\u00e9\u00a0:<\/em> Il y en a deux grandes au Sud-Kivu\u00a0: la Bralima, une brasserie des boissons alcooliques et sucr\u00e9es, et la Pharmakina pour des produits pharmaceutiques sur base de l\u2019\u00e9corce du quinquina.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong><em>Selon les modes de production<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Au sein de la province, nous avons relev\u00e9 cinq principaux modes de production\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><em>Le mode de production communautaire\u00a0: <\/em>il appara\u00eet \u00e0 travers les groupements des paysannes qui s\u2019associent\u00a0: pour travailler \u00e0 tour de r\u00f4le dans les champs des personnes membres. C\u2019est une forme de ristourne des travaux des champs. La relation commence \u00e0 partir de leurs communaut\u00e9s eccl\u00e9siales de base. Les jours choisis, pour ces travaux collectifs, sont ceux qui ne sont pas des jours de march\u00e9. De m\u00eame, les femmes d\u2019un m\u00eame village ou d\u2019une m\u00eame communaut\u00e9 confessionnelle religieuse peuvent, pour des cas de maladie, de deuil dans la famille d\u2019une de leur groupe, aller travailler collectivement dans le champ de la personne sinistr\u00e9e pendant une journ\u00e9e en terme de soutien moral, mais aussi en terme de marque de solidarit\u00e9 et d\u2019affection envers la personne attrist\u00e9e pour qu\u2019elle se sente vraiment membre du groupe et qu\u2019elle s\u2019en reconnaisse fi\u00e8re.<\/li>\n<li><em>Le mode de production tributaire\u00a0<\/em>: c\u2019est un mode de production de tendance despotique. Il s\u2019observe dans les travaux des champs que les sujets effectuent chez leur chef de village ou du mwami. Cependant, bon nombre de chefs des villages ne disposent plus de la notori\u00e9t\u00e9 d\u2019attirer la majorit\u00e9 leurs sujets dans leurs champs du fait d\u2019un affaiblissement ou un effritement du pouvoir, de l\u2019autorit\u00e9 et du charisme dans certaines entit\u00e9s coutumi\u00e8res. Dans les Eglises, essentiellement catholiques, cette pratique despotique est encore en vigueur. On observe les chr\u00e9tiens en train de cultiver les champs des pr\u00eatres. Les jeunes \u00e0 baptiser, ceux devant recevoir le sacrement de confirmation et les enfants en pr\u00e9paration \u00e0 la premi\u00e8re communion sont soumis, dans toutes les paroisses catholiques pendant plusieurs jours, \u00e0 des travaux forc\u00e9s dans le domaine paroissial. Il en est de m\u00eame pour tout adulte qui doit r\u00e9int\u00e9grer les sacrements apr\u00e8s une excommunion tacite ou manifeste. Ne pas participer \u00e0 ce genre de travaux r\u00e9voque in\u00e9vitablement le fid\u00e8le r\u00e9calcitrant \u00e0 ne plus recevoir le sacrement qu\u2019il sollicitait<\/li>\n<li><em>Le mode de production paysan\u00a0:<\/em> il est assimilable \u00e0 la production isol\u00e9e, il vise l\u2019autosuffisance, curieusement jamais atteinte. Il est fragile de par son rendement mais aussi de par les \u00e9changes ext\u00e9rieurs. A titre d\u2019exemple, les paysans, au lieu de cultiver du manioc menac\u00e9 par la mosa\u00efque, pr\u00e9f\u00e8rent s\u2019engager dans l\u2019achat et la vente de la farine.<\/li>\n<li><em>Le mode production artisanal\u00a0: <\/em>l\u2019artisan est un fabricant ind\u00e9pendant. Il existe des activit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la cordonnerie, la menuiserie, la boulangerie. Ce sont des activit\u00e9s qu\u2019on retrouve dans tous les centres commerciaux et urbains, et qui pourraient \u00e9merger si et seulement si ces entit\u00e9s \u00e9taient aliment\u00e9es en \u00e9nergie \u00e9lectrique.<\/li>\n<li><em>Le mode de production capitaliste marchand\u00a0:<\/em> il se remarque chez des personnes qui ont d\u00e9velopp\u00e9 de l\u2019esprit quelque peu mercantiliste, qui ont encr\u00e9 en eux l\u2019esprit de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, la recherche de l\u2019argent \u00e0 travers des activit\u00e9s purement commerciales, mais qui se retrouvent confront\u00e9s \u00e0 beaucoup de difficult\u00e9s, notamment la multiplicit\u00e9 des taxes, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, la d\u00e9valuation r\u00e9guli\u00e8re du franc congolais, etc.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong> Modernit\u00e9, traditions et religions en tant pesanteurs au v\u00e9cu des familles<\/strong><\/p>\n<p><strong>La modernit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Pour comprendre la notion de modernit\u00e9, nous nous referons \u00e0 une consid\u00e9ration de Marc Luyckx Ghinsi \u00e0 travers une comparaison qu\u2019il \u00e9tablit entre trois paradigmes en r\u00e9f\u00e9rence avec la modernit\u00e9 dans le tableau ci-dessous\u00a0:<\/p>\n<p>Tableau n\u00b0 2. Comparaison entre les trois paradigmes<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Crit\u00e8res<\/td>\n<td>Pr\u00e9moderne<\/td>\n<td>Moderne postmoderne<\/td>\n<td>Transmoderne<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Pouvoir<\/td>\n<td>Vertical<\/td>\n<td>Vertical \/ priv\u00e9<\/td>\n<td>D\u00e9mocratique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Patriarcalit\u00e9<\/td>\n<td>Patriarcal<\/td>\n<td>Patriarcal<\/td>\n<td>Post-patriarcal<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>V\u00e9rit\u00e9<\/td>\n<td>Intol\u00e9rant = v\u00e9rit\u00e9<\/td>\n<td>Intol\u00e9rant=v\u00e9rit\u00e9. Pas de v\u00e9rit\u00e9<\/td>\n<td>Tol\u00e9rance<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>S\u00e9cularit\u00e9<\/td>\n<td>Blasph\u00e8me<\/td>\n<td>Lib\u00e9ration<\/td>\n<td>Repenser le lien Religion \/ Soci\u00e9t\u00e9<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Stabilit\u00e9<\/td>\n<td>oui<\/td>\n<td>Non\u00a0: Progr\u00e8s<\/td>\n<td>Non\u00a0: R\u00e9enchantement<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Enchantement<\/td>\n<td>oui<\/td>\n<td>Non\u00a0: D\u00e9senchantement<\/td>\n<td>Oui\u00a0: R\u00e9enchantement<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Clerg\u00e9<\/td>\n<td>Oui, pouvoir politique et religieux<\/td>\n<td>Experts technocrates \u00e9conomistes<\/td>\n<td>Pas d\u2019interm\u00e9diaires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Science<\/td>\n<td>Seule la th\u00e9ologie + la philosophie<\/td>\n<td>Naissances des sciences<\/td>\n<td>Red\u00e9finition de la science et du sacr\u00e9<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sacr\u00e9<\/td>\n<td>Le sacr\u00e9 est naturel<\/td>\n<td>Le sacr\u00e9 est banni<\/td>\n<td>Red\u00e9couverte de sacr\u00e9 de la vie<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Source\u00a0: (Ghinsi, 2001).<\/p>\n<p>Quelques notions m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre explicit\u00e9es avant de passer \u00e0 un commentaire proprement dit\u00a0: il s\u2019agit de notions disposant de l\u2019emprise sur les mutations op\u00e9r\u00e9es ou \u00e0 op\u00e9rer dans les familles sous \u00e9tude. Ce sont les notions de paradigme, du sacr\u00e9, de la religion et du pouvoir\u00a0:<\/p>\n<p><em>Le paradigme<\/em><\/p>\n<p>Pour le m\u00eame auteur, citant Willis Harman, \u00ab\u00a0le paradigme est la base de la mani\u00e8re de percevoir, de penser, de juger et d\u2019agir qui est associ\u00e9 \u00e0 une vision particuli\u00e8re de la r\u00e9alit\u00e9. Le paradigme d\u2019une civilisation d\u00e9termine la mani\u00e8re dont celle-ci se per\u00e7oit, dont elle voit la nature de la r\u00e9alit\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9, le monde qui l\u2019entoure et le but de l\u2019existence. Les paradigmes d\u00e9terminent non seulement nos pens\u00e9es, mais aussi la mani\u00e8re dont nous percevons la vie. Lorsqu\u2019une civilisation quitte un paradigme pour un autre, ce basculement touche au c\u0153ur m\u00eame des vies, \u2026, le paradigme est la paire de lunettes invisibles \u00e0 travers lesquelles nous regardons, interpr\u00e9tons et comprenons la vie\u00a0\u00bb (Ghinsi, 2001)<em>.<\/em><\/p>\n<p>D\u2019autres auteurs estiment que la notion de paradigme \u00ab\u00a0d\u00e9crit les croyances le plus souvent implicites sur le fond desquelles les chercheurs \u00e9laborent leurs hypoth\u00e8ses et plus g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9finissent leurs objectifs et leurs m\u00e9thodes. Pour Weber, l\u2019explication d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne collectif implique que soient mises en \u00e9vidence les actions, croyances et attitudes individuelles dont il est la r\u00e9sultante, alors qu\u2019Emile Durkheim, au contraire, pense que les donn\u00e9es subjectives sont incompatibles avec la notion m\u00eame de la science\u00a0\u00bb<em> ( <\/em>(Boudon, 2012)<em>.<\/em> Le paradigme est un ainsi un mod\u00e8le de compr\u00e9hensions et d\u2019explication des ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux.<\/p>\n<p><em>Le sacr\u00e9 et la religion<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Le sacr\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n<p>Durkheim, dans <em>Formes \u00e9l\u00e9mentaires de la vie religieuse <\/em>\u00e9crites en 1912, aborde la notion du sacr\u00e9 en s\u2019inspirant de W. Roberston Smith qui d\u00e9finissait les choses sacr\u00e9es comme <em>\u00ab\u00a0<\/em>celles que les interdits prot\u00e8gent et isolent\u00a0\u00bb\u00a0; les choses profanes \u00e9tant \u00ab\u00a0celles auxquelles ces interdits s\u2019appliquent et qui doivent rester \u00e0 l\u2019\u00e9cart de premi\u00e8res\u00a0\u00bb (Izard, 1981).<\/p>\n<p>Ces deux notions impliquent relativement deux autres, celle de l\u2019initi\u00e9 et celle de non-initi\u00e9. Les initi\u00e9s sont les personnages qui g\u00e8rent les choses sacr\u00e9es, alors que ces derni\u00e8res sont interdites aux personnages non-initi\u00e9s \u00e0 ces choses dites sacr\u00e9es. On devient initi\u00e9 \u00e0 travers un passage et des rites d\u2019initiation qui passent par trois s\u00e9quences\u00a0: il y a, primo, dans le but de la purification, <em>la s\u00e9paration<\/em> par laquelle la communaut\u00e9 retranche l\u2019individu de son groupe ordinaire, on l\u2019isole dans un endroit inhabituel o\u00f9 il doit apprendre, aupr\u00e8s des initi\u00e9s un nouveau mode de vie et de comportement\u00a0; secundo, l\u2019individu, dans ce retranchement, est soumis, pour son apprentissage et sa socialisation, \u00e0 divers types de brimades et s\u00e9vices \u00e0 travers une phase appel\u00e9e <em>marginalisation\u00a0<\/em>; et tertio, l\u2019<em>intronisation <\/em>qui est phase de l\u2019\u00e9l\u00e9vation ou l\u2019agr\u00e9gation de l\u2019initi\u00e9 dans son nouveau statut social.<\/p>\n<p>Les rites d\u2019initiation disposent pour l\u2019initi\u00e9 d\u2019un caract\u00e8re int\u00e9grateur et de responsabilit\u00e9. L\u2019initi\u00e9 int\u00e8gre officiellement son groupe social et jouit, d\u00e9sormais, de fonctions et r\u00f4les pour lesquels il doit rendre compte. D\u00e8s lors, il peut fr\u00e9quenter les lieux sacr\u00e9s et faire usage des objets sacr\u00e9s, tels, par exemple, fr\u00e9quenter les lieux de sacrifices aux anc\u00eatres ou aux \u00eatres surnaturels et utiliser toutes les choses sacr\u00e9es destin\u00e9es \u00e0 ces c\u00e9l\u00e9brations. C\u2019est ainsi que \u00ab\u00a0M. Eliade d\u00e9finit le sacr\u00e9 comme \u00ab\u00a0kratophanie\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, une r\u00e9v\u00e9lation d\u2019une puissance dans la nature ou dans un \u00eatre\u00a0\u00bb. (Wunemberger, 1981).<\/p>\n<p>Jean Jacques Wunemburger pense que \u00ab\u00a0<em>le sentiment du sacr\u00e9 est ins\u00e9parable de manifestations objectives de puissance\u00a0\u00bb (idem) <\/em>. En effet, l\u2019initi\u00e9 dispose d\u2019une force et d\u2019une puissance extraordinaire. Dans l\u2019Eglise catholique, par exemple, les pr\u00eatres disposent d\u2019un pouvoir de transsubstantiation pendant la c\u00e9l\u00e9bration eucharistique. Le sacr\u00e9 est ainsi ins\u00e9parable des sp\u00e9cialistes (pr\u00eatres, chantres, faiseurs des lois, devins, sacrificateurs, initiateurs, etc.).<\/p>\n<ul>\n<li>La religion<\/li>\n<\/ul>\n<p>De toutes les d\u00e9finitions donn\u00e9es \u00e0 la religion depuis l\u2019antiquit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce jour, on retient que la religion est avant tout un syst\u00e8me des croyances, en une ou plusieurs divinit\u00e9s, fond\u00e9es sur la foi, les dogmes, cultes, rites, et offrandes en vue d\u2019une r\u00e9compense, imm\u00e9diate ou non imm\u00e9diate, de l\u2019Etre \u00e0 qui ils sont adress\u00e9s pour un but ultime d\u2019acqu\u00e9rir, \u00e0 la mort, une vie dans l\u2019au-del\u00e0.<\/p>\n<p>Ainsi, \u00ab\u00a0d\u00e9finir ce qu\u2019est la religion revient, dans un premier temps, \u00e0 consid\u00e9rer que l\u2019activit\u00e9 sociale met en \u00e9vidence l\u2019existence conjointe de croyances &#8211; au surnaturel \u00e0 des puissances transcendantes, \u00e0 une divinit\u00e9 unique ou \u00e0 un ensemble de divinit\u00e9s, etc. et d\u2019actes \u2013 de pratiques rituelles &#8211; qui visent \u00e0 \u00e9tablir des relations sp\u00e9cifiques entre les hommes et les \u00eatres ou les pouvoirs extrahumains, ces actes \u00e9tant fond\u00e9s sur les croyances et formant avec eux un syst\u00e8me sur lequel porte un savoir ordinaire largement partag\u00e9\u00a0\u00bb (Izard, 2013).<\/p>\n<p>Lorsque cette croyance est fond\u00e9e sur une seule divinit\u00e9, la religion est dite monoth\u00e9iste, elle sera qualifi\u00e9e de polyth\u00e9iste lorsque le croyant fonde ses convictions dans plusieurs divinit\u00e9s. Le polyth\u00e9isme rel\u00e8ve de l\u2019apanage des religions antiques romaines et grecques o\u00f9 chaque chose disposait de sa propre divinit\u00e9.<\/p>\n<p>A titre d\u2019exemple, Herv\u00e9 Rousseau a \u00e9crit\u00a0que \u00ab\u00a0dans la Rome antique, il y avait le dieu supr\u00eame, Jupiter ou Dieu soleil\u00a0; Minerva, d\u00e9esse de l\u2019intelligence\u00a0; Neptune, dieu de la mer et des marins\u00a0; Mars, dieu des arm\u00e9es et des arts martiaux\u00a0; Bacchus, dieu des brasseurs des vins et des ivrognes\u00a0; V\u00e9nus, la d\u00e9esse de la beaut\u00e9\u2026\u00a0\u00bb (Rousseau, 1979). Dans sa dynamique, la religion a \u00e9volu\u00e9 en passant par de consid\u00e9rations polyth\u00e9istes \u00e0 une foi monoth\u00e9iste, mais sans \u00eatre pour autant unifi\u00e9e de fait de la pluralit\u00e9 des religions parmi lesquelles on cite le christianisme, le juda\u00efsme, l\u2019Islam, le Bouddhisme, etc.<\/p>\n<p>En R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, le Christianisme demeure la religion la plus dominante. Il a \u00e9t\u00e9 pr\u00each\u00e9 pour la premi\u00e8re fois par les colonisateurs belges sous l\u2019initiative du Cardinal Lavigerie. La premi\u00e8re mission catholique du Sud-Kivu fut install\u00e9e \u00e0 Lusenda en Territoire de Fizi en juin 1901. Cette mission sera abandonn\u00e9e pour raison de multiples d\u00e9c\u00e8s dus \u00e0 la maladie du sommeil qui avait fait 700 victimes en 5 ans. \u00ab\u00a0Dans l\u2019entretemps, la r\u00e9gion de Nyangezi avait \u00e9t\u00e9 explor\u00e9e par les P\u00e8res Auguste Huys et Louis Verstracte. Ils avaient m\u00eame amorc\u00e9 les pourparlers avec le Chef Nyangezi qui s\u2019\u00e9tait montr\u00e9 dispos\u00e9 \u00e0 les accueillir. Les P\u00e8res re\u00e7urent la colline de Lukananda sur laquelle ils fix\u00e8rent une croix avant de retourner \u00e0 Lusenda. Le 3 septembre 1906, Le P\u00e8re Joseph Van der Haeghe quitta Lusenda pour Nyangezi\u00a0: le voyage dura 11 jours. Ses deux confr\u00e8res, le P\u00e8re Rapha\u00ebl Roy et le Fr\u00e8re Lambert, allaient le rejoindre 27 jours plus tard\u00a0\u00bb (Kaboyi, 1992).<\/p>\n<p>La mission catholique fut ainsi install\u00e9e \u00e0 Nyangezi en 1906 par le R\u00e9v\u00e9rend P\u00e8re Van der Haeghe. D\u2019autres Eglises (protestantisme, Islam, Kimbanguisme, T\u00e9moins de J\u00e9hovah\u2026) s\u2019\u00e9taient install\u00e9es progressivement au Kivu bien apr\u00e8s l\u2019installation du christianisme.<\/p>\n<p>Certes, les Eglises ont contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement socioculturel et sanitaire de leurs fid\u00e8les en \u00e9rigeant et en \u00e9quipant des infrastructures de toutes sortes (\u00e9coles, h\u00f4pitaux, temples des pri\u00e8res, etc.). Toutefois, on reconnaitra aux \u00e9glises quelques d\u00e9rives\u00a0: les responsables des \u00e9glises ont perdu le mod\u00e8le de comportement alors tout se fondait sur eux. Beaucoup d\u2019antivaleurs se remarquent manifestement chez les guides moraux que sont les responsables des \u00e9glises. En plus, les \u00e9glises enseignent jusqu\u2019\u00e0 ce jour que les chr\u00e9tiens peuvent vivre des miracles s\u2019ils se d\u00e9vouent \u00e0 la pri\u00e8re. Au lieu d\u2019encourager l\u2019autoprise en charge par un travail rationnel, certaines \u00e9glises recommandent un attentisme soutenu par la pri\u00e8re. Paradoxalement, les pasteurs recommandent la pri\u00e8re, mais exigent aux fid\u00e8les de leur venir en aide, en multipliant leurs s\u00e9ries d\u2019offrandes. Avec la suppression des subsides qui leur \u00e9taient donn\u00e9es par leurs maisons-m\u00e8res occidentales, \u00e0 ce jour, toutes les \u00e9glises sont prises en charge par leurs fid\u00e8les.<\/p>\n<p><strong> La tradition<\/strong><\/p>\n<p>Selon Pierre Bonte et Michel Izard, \u00ab\u00a0la tradition se d\u00e9finit, traditionnellement, comme ce qui d\u2019un pass\u00e9 persiste dans le pr\u00e9sent o\u00f9 elle est transmise et demeure agissante et accept\u00e9e par ceux qui la re\u00e7oivent et qui, \u00e0 leur tour, au fil des g\u00e9n\u00e9rations, la transmettent\u00a0\u00bb (Izard, 2013). La tradition se r\u00e9f\u00e8re ainsi aux survivances, c\u2019est-\u00e0-dire, des s\u00e9quelles d\u2019une ancienne coutume qui a disparu, mais qui d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019autre avait constitu\u00e9 un mod\u00e8le social de comportement. La coutume, elle-m\u00eame est constitu\u00e9e d\u2019actes r\u00e9p\u00e9titifs et qui par leur caract\u00e8re r\u00e9current et permanent s\u2019imposent \u00e0 la communaut\u00e9 comme un mod\u00e8le d\u2019actions, de comportements et de contraintes sociaux. La coutume n\u2019est donc pas inn\u00e9e, elle est apprise. Les traditions se transmettent oralement.<\/p>\n<p>La tradition prend ses racines dans la culture, car m\u00eame si la culture est dynamique et innovante, elle demeure traditionnelle et fondamentalement li\u00e9e au pass\u00e9. C\u2019est pourquoi, il y a parmi les coutumes, les traditions et les cultures celles qui sont r\u00e9trogrades et qui enlisent les familles dans des consid\u00e9rations superflues.<\/p>\n<p>Les violences li\u00e9es au genre, la non scolarisation ou la d\u00e9scolarisation des filles au profit de leurs fr\u00e8res, la non-participation de la femme \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage, le mariage pr\u00e9coce ou forc\u00e9 pour certaines filles sont autant d\u2019exemples qui illustrent cette ambivalence entre modernit\u00e9 et traditions au niveau des familles. Bien que le Code de la famille congolais ait tranch\u00e9 toutes ces questions, ces ambivalences persistent au sein de beaucoup de familles aussi bien en milieux ruraux qu\u2019urbains. Certaines formes d\u2019interdits existent chez les femmes.<\/p>\n<p>En effet, au sujet des interdits Bonte et Izard estiment qu\u2019\u00ab \u00e0 la diff\u00e9rence des interdits que chaque individu peut s\u2019imposer lui-m\u00eame, les interdits culturels font l\u2019objet d\u2019un savoir partag\u00e9\u00a0\u00bb (Izard, 2013). L\u2019interdit dispose d\u2019une force coercitive de fa\u00e7on que le contrevenant \u00e0 un interdit s\u2019expose au tabou qui est interdiction formelle soumise \u00e0 une sanction extraordinaire et irr\u00e9versible. Il est un tabou, par exemple, pour un fils de connaitre sexuellement sa m\u00e8re. Il en sera de m\u00eame pour toute relation sexuelle entre p\u00e8re et fille ou entre fr\u00e8re et s\u0153ur. Le tabou sexuel n\u2019est autre que l\u2019inceste, fort d\u00e9cri\u00e9 et r\u00e9prim\u00e9 socialement.<\/p>\n<p>Avec l\u2019av\u00e8nement du christianisme, les interdits ont sensiblement diminu\u00e9, mais il en reste encore certains : Chez les barega, il est interdit \u00e0 la femme de si\u00e9ger avec les hommes dans le barza ou <em>lubunga. <\/em>Il n\u2019est pas autoris\u00e9 \u00e0 une femme mushi de traire la vache\u00a0; de siffler devant un homme ou d\u2019entreprendre une action de grande envergure sans l\u2019avis de son mari. M\u00eame comp\u00e9tente, la femme ne peut pas h\u00e9riter les biens de son p\u00e8re tant qu\u2019il y a un gar\u00e7on au sein de la famille nucl\u00e9aire, m\u00eame si ledit gar\u00e7on ne dispose de comp\u00e9tences av\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>L\u2019antivaleur<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019antivaleur est l\u2019antonyme de la valeur qui, pour Guy Rocher, est \u00ab\u00a0une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre qu\u2019on attribue \u00e0 une individu ou une collectivit\u00e9 et qui rend estimables les \u00eatres auxquelles est attribu\u00e9e\u00a0\u00bb (Rocher, 1967). En effet, les antivaleurs telles qu\u2019on les vit dans nos milieux ne sont autres que la r\u00e9sultante d\u2019un \u00e9chec de socialisation sociale\u00a0qui est un processus par lequel une soci\u00e9t\u00e9 transmet ses normes et ses valeurs \u00e0 ses membres. Une socialisation d\u00e9bouche toujours sur l\u2019un ou l\u2019autre de deux aspects\u00a0: l\u2019int\u00e9gration sociale ou la d\u00e9sint\u00e9gration sociale.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9gration sociale est une conformit\u00e9 aux normes. Un individu socialis\u00e9 et qui se conforme aux prescrits sociaux est un citoyen int\u00e9gr\u00e9 socialement, c\u2019est un as et un mod\u00e8le pour les autres membres de la communaut\u00e9. Par contre, la d\u00e9sint\u00e9gration sociale est une marque de non-conformit\u00e9 ou de l\u2019imperm\u00e9abilit\u00e9 aux normes sociales. Une personne d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9e socialement est un rejet social, un individu hors-groupe et donc, un monstre social pour les autres membres de la communaut\u00e9. L\u2019int\u00e9gration sociale des membres d\u2019une collectivit\u00e9 illustrent bien de valeurs au sein de cette derni\u00e8re alors que la d\u00e9sint\u00e9gration sociale des membres plonge la collectivit\u00e9 dans un gouffre d\u2019antivaleurs, de perdition, destruction et d\u2019incoh\u00e9sion sociales, etc.<\/p>\n<p>Parmi les antivaleurs les plus manifestes et qui gangrenant et retardent la province dans son d\u00e9veloppement, on note la m\u00e9gestion des deniers publics, le d\u00e9tournement, le vol, le mensonge, la non-cr\u00e9ativit\u00e9 ou l\u2019initiation des projets sans impacts, l\u2019\u00e9go\u00efsme, le tribalisme, l\u2019irresponsabilit\u00e9 de la part des gestionnaires publics, l\u2019\u00e9lite d\u00e9linquante, le manque de leadership clairvoyant et dynamique, etc.<\/p>\n<p>La famille \u00e9volue ainsi de fa\u00e7on tiraill\u00e9e, imbriqu\u00e9e irr\u00e9versiblement dans un engrenage sous forme d\u2019un faisceau et soumise \u00e0 la fois \u00e0 des contraintes li\u00e9es \u00e0 la modernit\u00e9, la religion, la tradition et les antivaleurs et d\u2019autres al\u00e9as tels que la guerre, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, la vie ch\u00e8re, les maladies, les \u00e9pid\u00e9mies, ch\u00f4mage\u2026<\/p>\n<p>Dans un tel contexte, la famille doit \u00eatre mobilis\u00e9e \u00e0 plus d\u2019initiatives, de vigilance et d\u2019innovations pour att\u00e9nuer les cons\u00e9quences de ces ph\u00e9nom\u00e8nes. Il s\u2019agit donc d\u2019une r\u00e9silience adaptative et cr\u00e9atrice tel que l\u2019illustre le sch\u00e9ma ci-dessous.<\/p>\n<p>Fig. 1. Evolution de la famille dans un environnement social hostile<\/p>\n<p>L\u00e9gende\u00a0: CAC\u00a0: Syst\u00e8me d\u2019action concret,<\/p>\n<p>CEAC\u00a0: Centres d\u2019\u00e9tudes d\u2019actions de changement<\/p>\n<ol>\n<li>A\u00a0: Cr\u00e9ativit\u00e9 &#8211; Auto\u00e9valuation<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>Approche r\u00e9solutoire<\/strong><\/p>\n<p>Dans cette hostilit\u00e9 fond\u00e9e sur des contraintes inh\u00e9rentes \u00e0 la famille et qui p\u00e8sent lourdement sur elle, celle-ci devrait-elle se laisser submerg\u00e9e par ces al\u00e9as et sombrer\u00a0? Non. Il faut une prise de conscience \u00e0 la fois individuelle et collective qui s\u2019ins\u00e8re dans un <strong><em>Syst\u00e8me d\u2019action concret.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Selon Crozier et Friedberg, cit\u00e9s par Luc Van Campenhoudt et Nicolas Marquis, le <em>syst\u00e8me d\u2019action concret<\/em> est un \u00ab\u00a0syst\u00e8me de r\u00e9gulation et de relations tant formelles qu\u2019informelles qui caract\u00e9rise toute organisation, et dans lequel \u00e9volue le jeu strat\u00e9gique des acteurs\u00a0\u00bb (Campenhoudt, 2014). A travers certains principes tels que les principes de la cr\u00e9ativit\u00e9\u00a0; de l\u2019auto\u00e9valuation permanente\u00a0; et de l\u2019unanimit\u00e9 participative rationnelle, la famille peut se construire une base solide non seulement pour r\u00e9sister \u00e0 ces al\u00e9as, mais aussi pour les surmonter et s\u2019orienter vers un avenir plus radieux. A travers le syst\u00e8me d\u2019action concret, la famille devra \u00e9viter de cr\u00e9er <em>le trou structural<\/em>, et s\u2019atteler \u00e0 le combler, s\u2019il existe d\u00e9j\u00e0, au sein des groupes sociaux.<\/p>\n<p>Selon Burt, cit\u00e9 par Marquis et Campenhoudt, \u00ab\u00a0il y a trou structural, dans un r\u00e9seau, lorsque deux acteurs sont en contact avec un troisi\u00e8me sans \u00eatre en contact entre eux, le trou structural conf\u00e9rant du pouvoir \u00e0 ce troisi\u00e8me acteur\u00a0\u00bb (Campenhoudt, 2014). C\u2019est ce qui nous est arriv\u00e9 en nous fiant \u00e0 l\u2019Occident tout en ignorant qu\u2019il ne visait pas notre \u00e9mergence mais plut\u00f4t et surtout notre \u00e9ternelle d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de lui, cette d\u00e9pendant d\u00e9truisant nos cultures, pillant nos ressources et amenuisant nos personnalit\u00e9s, notre m\u00e9moire collective et notre avenir.<\/p>\n<p>Ainsi, la famille devra-t-elle abandonner les mod\u00e8les ext\u00e9rieurs import\u00e9s na\u00efvement et qui tendent \u00e0 l\u2019infantiliser et la d\u00e9sapproprier de sa dignit\u00e9 naturelle\u00a0; \u00e9viter toute praxis mim\u00e9tique visant \u00e0 d\u00e9structurer ou d\u00e9naturer les acquis culturels du d\u00e9veloppement endog\u00e8ne\u00a0; et promouvoir \u00e0 l\u2019interne la praxis cr\u00e9ative. Toute tendance extravertie ne sera que nuisible. Il nous faut donc des mod\u00e8les d\u2019actions et de d\u00e9veloppement ancr\u00e9s et autocentr\u00e9s dans nos cultures, en d\u00e9veloppant au sein de la famille et dans tous les secteurs, le leadership privil\u00e9giant l\u2019agir ensemble dans un <em>syst\u00e8me d\u2019action concret.<\/em><\/p>\n<p><strong>Conclusion <\/strong><\/p>\n<p>Pour un acteur prax\u00e9ologue, tout probl\u00e8me est une opportunit\u00e9 \u00e0 une solution. Certes, la famille se trouve sous le joug de graves d\u00e9fis dont elle est \u00e0 la fois victime et auteure. Curieusement, c\u2019est encore d\u2019elle qu\u2019on attend les solutions pour pallier ces d\u00e9fis, car \u00e0 tous les niveaux, ce sont les membres des familles qui s\u2019engagent \u00e0 penser, \u00e0 commettre, \u00e0 r\u00e9parer ou \u00e0 faire perdurer une faute. Dans la recherche de l\u2019\u00e9quilibre social \u00e0 travers ces ambivalences o\u00f9 elle patauge, la famille doit mobiliser avec rationalit\u00e9 tous ses capitaux culturel, \u00e9conomique et social pour la recherche et le maintien de la qui\u00e9tude sociale.<\/p>\n<p>Tout porte \u00e0 penser que la famille doit se situer dans un contexte de micro-mobilisation qui est, selon MacAdam, McCarthy et Zald, \u00ab\u00a0toute situation en petit groupe dans laquelle des processus d\u2019attribution collective sont combin\u00e9s avec des formes rudimentaires d\u2019organisation pour produire une mobilisation pour une action collective\u00a0\u00bb (Campenhoudt, 2014). Il faut dissiper toutes les zones d\u2019incertitudes au sein de familles et de communaut\u00e9s et mobiliser toutes les \u00e9nergies disponibles dans une praxis cr\u00e9atrice, innovante et imbue de valeurs positives et rationnelles.<\/p>\n<p>Tous ces aspects \u00e9voqu\u00e9s dans cette \u00e9tude et leurs corollaires ne constituent pas en eux une fatalit\u00e9, ce sont des ph\u00e9nom\u00e8nes inh\u00e9rents \u00e0 la vie des familles. En tant que ph\u00e9nom\u00e8nes, ils disposent d\u2019un caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re dans la mesure o\u00f9 ils sont rationnellement g\u00e9r\u00e9s. Pour arriver \u00e0 cr\u00e9er et maintenir la qui\u00e9tude sociale au sein des familles, il conviendra de rejeter des principes li\u00e9s \u00e0 l\u2019immobilit\u00e9, l\u2019immuabilit\u00e9 et l\u2019isolement. Il importera de promouvoir, \u00e0 travers un syst\u00e8me d\u2019action concret, des cadres de concertations, des dialogues sinc\u00e8res et proactifs et grouper les m\u00e9nages en des centres d\u2019\u00e9tudes d\u2019actions de changement qui serviront des cadres d\u2019auto\u00e9valuation et d\u2019initiations de nouvelles strat\u00e9gies d\u2019actions rationalis\u00e9es.<\/p>\n<p><strong><em>Bibliographie<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Bakenga, 2017. <em>Regard sur la famille du Sud-Kivu. Ses fonctions, embuches est espoirs. <\/em>Berlin\u00a0: Editions universitaires europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Bakenga, 2021, <em>Regard sur la famille du Sud-Kivu. Repenser les strat\u00e9gies de stabilit\u00e9 familiale, Edition revue, corrig\u00e9e et augment\u00e9e<\/em>, Berlin\u00a0: EUE.<\/p>\n<p>Balandier, 1982. <em>Sociologie actuelle de l&#8217;Afrique noire. <\/em>1\u00e8re \u00e9d. Paris : PUF.<\/p>\n<p>Bongeli, 2001. <em>Sociologie, sociologues africains. Pour une recherche sociale citoyenne au Congo-Kinshasa. <\/em>Paris : L&#8217; Harmattan.<\/p>\n<p>Boudon, R., 2012. <em>Dictionnaire de la sociologie. Les principaux concepts. Les diff\u00e9rents courants. Les grands auteurs. Les \u0153uvres les plus importantes. <\/em>Paris : Edition Larousse.<\/p>\n<p>Cubaka, B., 1975. Deux chefs du Bushi sous le r\u00e9gime colonial : Kabare et Ngweshe (1912-1960). <em>Etudes d&#8217;histoire africaine<\/em>, pp. 89-111.<\/p>\n<p>Ghinsi, L., 2001. <em>Au-del\u00e0 de la modernit\u00e9, du patriarcat et du capitalisme. <\/em>Paris : L&#8217;Harmattan.<\/p>\n<p>Izard, B., 1981. <em>Dictionnaire d&#8217;ethnologie et de l&#8217;anthropologie. <\/em>4\u00e8me \u00e9d. Paris, : PUF.<\/p>\n<p>Kaboyi, 1992. \u00ab\u00a0L\u2019Eglise de Bukavu. Des origines \u00e0 nos jours\u00a0\u00bb, in <em>Synode dioc\u00e9sain, No\u00ebl 1991- P\u00e2ques 1992.<\/em><\/p>\n<p>Laurent, P.-J., 2018. <em>Amour pragmatique. Familles, migrations et sexualit\u00e9 au Cap-Vert aujourd&#8217;hui. <\/em>Paris : Karthala.<\/p>\n<p>Marquis, C. e., 2014. <em>Cours de sociologie. <\/em>Paris : Dunod.<\/p>\n<p>Rousseau, H., 1979. <em>Les religions. <\/em>Paris : PUF.<\/p>\n<ol>\n<li>Wunemberger, 1981. <em>Le sacr\u00e9. <\/em>Que sais-je ? \u00e9d. Paris : PUF.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u2606 <a id=\"post-2519-_bookmark2\"><\/a>La famille, \u00e0 travers une ambivalence entre modernit\u00e9, traditions, religions et antivaleurs au Sud-kivu<\/p>\n<p>* Corresponding author at: Bakenga Shafali Pierre<\/p>\n<p>Received 10 August 2022; Accepted 31 August 2022<\/p>\n<p>Available online 04 September 2022<\/p>\n<p>2787-0146\/\u00a9  .<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>International Journal of Social Sciences and Scientific Studies (2022) Listes de contenus disponibles sur: Scholar La famille, \u00e0 travers une&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":21,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[124],"tags":[],"class_list":["post-2519","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","wpcat-124-id"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v25.8 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>La famille, \u00e0 travers une ambivalence entre modernit\u00e9, traditions, religions et antivaleurs au Sud-kivu - 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